Coupe Vanier: une coupe entre amis

HAMILTON — Glen Constantin et Greg Marshall sont d’excellents amis. Et ça paraissait jeudi matin, au Stade Tim Hortons de Hamilton, pendant la conférence de presse en vue de la 53e Coupe Vanier. Mais durant trois heures, samedi, cette amitié sera reléguée au second plan, alors que les équipes menées par les deux hommes s’affronteront pour la consécration du football universitaire canadien.

En quête de références

Coach Constantin connaît bien les tendances de son ami Marshall. Heureusement, car les sources de références pour analyser l’adversaire sont plutôt rares, à part les bonnes vieilles vidéos.

À l’exception de Carleton en match hors-concours au mois d’août, le Rouge et Or n’a affronté aucune des formations vaincues par Western Ontario cette saison. Meilleure attaque et meilleure défensive pour les verges accordées au pays, les Mustangs sont-ils aussi puissants qu’ils en ont l’air? «C’est dur à juger sur le film. On ne peut pas juger du calibre d’une équipe avant de l'avoir affrontée», lance le quart-arrière Hugo Richard, parlant à la fois de Western et de leurs récents adversaires. «C’est un peu ça qui est difficile en préparation: on a aucun barème, on peut se référer à rien. [Les Mustangs] ont planté tout le monde!»

Selon Constantin, il est très difficile de juger la force physique de chacun des joueurs en observant les images. «Tu vois par exemple qu’ils dominent les fronts défensifs physiquement, mais c’est dur d’évaluer si ces fronts défensifs sont forts. On va savoir ça assez rapidement [samedi].»

Une chose est sûre: Marshall aime voir son équipe courir avec le ballon. Et avec des porteurs de premier plan — le Montréalais Cédric Joseph en tête — les champions de l’Ontario risquent fort de poursuivre la tradition, samedi. «Ça fait une couple d’années qu’ils roulent ce système-là, constate Constantin. Il est rendu à maturité. Ils ont leur identité, ils ne changent plus le système même si les individus changent. Tu vois qu’il est bien rodé.»

Les Mustangs ont malgré tout ce qu’il faut pour briller par le jeu aérien, avertit l’entraîneur du Rouge et Or en souriant. Le brio du quart de deuxième année Chris Merchant et de ses receveurs de passes permet à Western d’avoir une attaque bien équilibrée.

Quant aux chiffres offensifs gigantesques des Mustangs en séries — 222 points en trois matchs —, Constantin assure ne pas trop s’y fier, parlant même de «valeurs aberrantes», surtout ce gain de 81-3 contre Acadia en demi-finale.

Le temps du partage?

Marshall ne détesterait pas voir son pote Constantin se montrer un peu moins avare de ses coupes Vanier. «C’est le temps de partager. Il dit qu’il est mon ami!» lance en riant le sympathique entraîneur-chef des Mustangs de l’Université Western Ontario. Car pendant que Constantin remportait huit titres canadiens à la tête du Rouge et Or, Marshall faisait chou blanc comme entraîneur-chef, autant à McMaster (1997 à 2003) qu’à Western (depuis 2007).

Leurs statistiques laissent croire que les Mustangs sont favoris pour l’emporter samedi, mais Marshall ne le voit pas de cet œil. «Je sais que nous avons une bonne équipe, mais je suis assez réaliste pour savoir que ce sera de loin notre plus grand défi, indique-t-il. Nous avons affronté de bonnes défensives cette saison, et notre attaque fait toutes sortes de choses. Mais nous ne pouvons pas seulement être un écran de fumée. Il faut parfois éloigner des hommes du ballon pour créer de l’espace de course. Et Laval est la meilleure équipe au pays pour vous stopper sur la course.»

Marshall admet du même souffle être un peu inquiet du manque d’opposition rencontrée par ses hommes dans les cinq dernières rencontres, toutes remportées par au moins 37 points. «Depuis deux mois, nous n’avons pas été testés. Dans plusieurs de ces matchs, c’était terminé à la mi-temps. Ça nous a aidé point de vue santé. Mais ce match contre Laval durera quatre quarts et nos joueurs doivent être prêts pour ça. Ce sera le défi», souligne l’ancien entraîneur-chef des Tiger-Cats de Hamilton (2004 à 2006), qui se sentira donc comme à la maison, samedi.

Au-delà du talent, les Mustangs forment une équipe avec beaucoup de caractère, ont dit en coeur Marshall et son quart-arrière, Chris Merchant. Selon ce dernier, la clé pour la victoire sera de garder les choses simples. «Et de mettre le ballon entre les mains des gars autour de moi. Ils ont fait tout un travail cette année. Je n’ai jamais été dans une équipe avec une telle chimie. Tous ces gars sont mes frères et je les aime à mourir», dit le numéro 12.