Gabriel Ouellet a réalisé quatre interceptions lors du dernier match contre les Carabins, en octobre.

Coupe Dunsmore: les deux bourreaux

Si les Carabins ont un peu de mémoire, ils garderont sûrement l’œil sur deux joueurs du Rouge et Or en particulier, samedi, lors de la finale québécoise de football universitaire. Gabriel Ouellet et Jonathan Breton-Robert ont fait mal à l’Université de Montréal chacun à leur façon lors des 12 derniers mois.

Les exploits du premier remontent à trois petites semaines, lors de la victoire de 22-0 de l’Université Laval sur les Carabins en saison régulière, au PEPS. Ouellet a alors réussi quatre interceptions, un record canadien partagé avec 10 autres joueurs.

«C’est un mélange de chance et d’un peu de confiance. Au début du match, je ne me sentais pas différent [des autres rencontres]», affirme Ouellet, dont les cinq interceptions cette saison le placent deuxième au pays, ex aequo avec trois autres joueurs. Seul Jadin Whyte-Frayne, d’Acadia, le devance avec six. Malgré ses succès contre eux, Ouellet ne s’attend pas à voir les Carabins l’éviter. «Ils ne changeront pas leur plan de match pour un joueur», remarque-t-il.

Selon Ouellet, on ne s’habitue pas à l’excitation d’une semaine de préparation en vue de la Coupe Dunsmore. Même à sa quatrième fois. «C’est sûr qu’avec l’expérience, on sait mieux la gérer. On réussit à rester un peu plus calme. Mais l’excitation est tout le temps la même. On a tout le temps des frissons, l’anxiété est présente. On a juste hâte au match.»

Saison mouvementée pour Ouellet. En plus de son record contre les Carabins, il a fait parler de lui pour ce rude plaqué qui a mis le quart Trenton Miller K.-O. pour le reste de la saison. Toute cette attention est loin de lui avoir plu.

«J’ai tout le temps été dans l’ombre et je suis confortable dans cette ombre-là. Je ne recherche pas l’attention en jouant au football. Je joue pour m’amuser, pour mes coéquipiers», souligne celui qui s’est aussi disloqué le petit doigt la semaine dernière, contre Sherbrooke, restant malgré tout dans le match.

Jeu truqué

Le brio mémorable de Breton-Robert remonte à plus longtemps, mais il a sans doute davantage marqué les esprits. Il y a un an, à Montréal, il gagnait 161 verges grâce à 10 attrapés, dont 2 spectaculaires, en plus de se transformer en quart-arrière lors du fameux jeu truqué qui a conduit le Rouge et Or à un gain de 20-17 en finale de la Coupe Dunsmore. Tout ça en tant que recrue.

«Je suis bien content de ce que j’ai fait l’an passé. Mais c’est une nouvelle saison, une nouvelle équipe. Si je fais une belle performance, je vais être heureux, mais le but ultime, c’est de gagner le match», affirme Breton-Robert, qui doit maintenant être considéré comme le receveur de passes numéro un de l’équipe, entre autres grâce à sa polyvalence.

***

Samuel Caron

Les hauts et les bas de Samuel Caron

Les années se suivent et (ne) se ressemblent (pas vraiment) pour le quart-arrière numéro un des Carabins de l’Université de Montréal, Samuel Caron.

Le pivot de cinquième année a dû apprendre à vivre avec une pression accrue après son titre-surprise de joueur par excellence au Québec, la saison dernière. «Les attentes, je ne les portais pas nécessairement sur mes épaules», mentionne-t-il toutefois.

Au début de la saison 2016, le talentueux quart Hugo Henderson choisit de prendre une pause du football. Caron se retrouve dans les chaussures de numéro un, à sa quatrième année. Il surprendra tout le monde avec une campagne colossale.

Cette saison, l’ancien des Faucons de Lévis-Lauzon reconnaît avoir eu moins de succès. Il est donc plutôt étonnant de constater que, d’un simple point de vue statistique, sa campagne 2017 ressemble beaucoup à la précédente. Il a complété 67,4 % de ses passes contre 68,5 % en 2016; il a réussi huit passes de touché, une de moins qu’il y a un an; il a engrangé des gains de 264,4 verges par match, un écart positif de 35,5 par rapport à sa grande éclosion.

Au chapitre des interceptions, toutefois, c’est deux fois plus que l’an dernier, huit contre quatre. «Il y a eu un peu plus de hauts et de bas cette année, dit-il. C’est une chose sur laquelle on a essayé de travailler : la constance.» La semaine dernière, en demi-finale contre Concordia, il a complété 20 de ses 27 passes, dont deux pour des touchés. Mais encore une fois, deux interceptions sont venues gâcher la sauce.

Objectifs collectifs

Les objectifs de Caron pour 2017 étaient d’abord collectifs. «Je ne sais pas encore si je suis content de ma saison», lance-t-il. Le résultat du match de samedi nous donnera donc une bonne indication de son niveau de satisfaction. Il pourrait s’agir de la dernière rencontre en carrière pour cet étudiant en génie civil.

Et pour être du bon côté du pointage, les Carabins devront mieux protéger le ballon qu’il y a trois semaines, lors de leur revers de 22-0 contre le Rouge et Or. Les quarts de Montréal avaient alors été victimes de six interceptions, quatre pour Caron et deux pour Dimitri Morand. «On s’en rappelle, mais je ne pense pas que ce soit dans nos têtes», indique le Lévisien à propos de cette défaite sans appel subie au PEPS.

Son de cloche identique chez son entraîneur-chef, qui assure ne voir aucune séquelle chez son leader. «Pas du tout. On voit un jeune très confiant. […] Je suis convaincu qu’il va jouer comme il en est capable. Mais ce n’est pas à lui seul de nous faire gagner le match», souligne Danny Maciocia.