L’entraîneur des Carabins, Danny Maciocia, et celui du Rouge et Or, Glen Constantin, se retrouvent dans un contexte qu’ils ne connaissent que trop bien. Cependant, un seul repartira avec la Coupe Dunsmore, samedi.

Coupe Dunsmore: la routine, quoi!

L’enjeu grandit? La tension monte d’un cran? Vous jouez un match sans lendemain? Voilà un moment parfait pour conserver votre routine, pour penser d’abord à vous. Ce que semblent avoir fait les Carabins et le Rouge et Or pendant les jours menant à la finale de la Coupe Dunsmore, disputée samedi (14h), au PEPS de l’Université Laval.

Une touche de simplicité

«Il y a une raison pour laquelle on est rendus à ce point-ci de la saison. Cette semaine, on ne s’entraîne pas plus fort, on ne passe pas plus d’heures au bureau, les joueurs continuent d’aller à l’école», énumère l’entraîneur-chef de l’Université de Montréal, Danny Maciocia. Car vouloir trop en faire pourrait avoir des conséquences néfastes, croit l’ancien coach de la Ligue canadienne.

Ce qui ne veut pas dire s’asseoir sur ses lauriers et espérer, évidemment. Même s’il assure avoir «effacé» de sa mémoire le revers de 22-0 des Carabins au PEPS il y a trois semaines, Maciocia a aussi tenté d’apporter depuis les petits ajustements qui permettront à son équipe d’éviter pareil scénario.

L’un d’eux implique le quart-arrière Samuel Caron… et une touche de simplicité. «On a regardé les tracés de passes sur lesquels Samuel a eu du succès cette année. On a gardé ceux-là et on a réduit un peu notre livre de jeux aériens, explique Maciocia. Ça ne donne absolument rien de lui donner un concept avec lequel il ne se sent pas bien.»

Qu’aimerait-il voir de ses joueurs qu’il n’a pas vu il y a trois semaines? Sa réponse est teintée d’un rire jaune, voire doré. «Il va falloir lancer le ballon à l’équipe qui porte le chandail blanc», blague Maciocia à propos des six interceptions de Laval cette journée-là. «C’est toujours la même histoire : il faut protéger le ballon. On ne peut penser avoir 5-6 revirements contre le Rouge et Or et gagner. C’est impossible.»

Cette année, chaque équipe a remporté le match disputé à la maison, ce qui laisse croire à un avantage pour le Rouge et Or, samedi. Mais l’histoire récente de la Coupe Dunsmore contredit cette conclusion : au cours des trois derniers duels pour le titre, l’équipe en visite a eu le dessus.

«Aucune de ces deux équipes a des complexes en se présentant sur le terrain de l’adversaire», souligne Maciocia. «Je crois que les deux équipes sont bâties pour aller chercher une victoire sur la route dans un environnement hostile...»

Se tenir loin des fantômes

«Il faut éviter d’en faire trop. Il ne faut pas oublier ce qu’on fait bien. […] C’est vraiment ton ADN, ça ne changera pas. Ce qu’on ne veut pas faire, c’est défendre des fantômes, des si et des peut-être», lance l’entraîneur-chef de l’Université Laval, Glen Constantin.

Tout en oubliant le passé, autant que possible. L’expérience du personnel d’entraîneurs, Constantin en tête, a incité ce dernier à prévenir ses joueurs du danger d’être trop confiant après la victoire de 22-0 acquise il y a trois semaines. L’entraîneur a pris en exemple la saison 2003, où le Rouge et Or avait battu les Huskies de St. Mary’s 59-8 en saison avant d’en arracher en finale de la Coupe Vanier, malgré tout remportée 14-7. Il aurait aussi pu parler de 2014, où sa troupe avait rossé les Carabins 40-13 en début de campagne avant de perdre 12-9 en finale québécoise.

Le triomphe d’octobre dernier a marqué l’esprit des amateurs, mais il ne vaut plus rien pour les joueurs. «La première chose que j’ai dite lundi, c’est qu’il fallait oublier le match de 22-0», a raconté Constantin. «Ce qui est important, ce n’est pas ce que tu as fait dans le passé, ce n’est pas les statistiques, ce ne sont pas les blanchissages… Ce sont vraiment les trois heures [du match], les 135 petites batailles.»

Ces petites batailles se dérouleront sous le soleil, mais aussi sous le point de congélation, si l’on se fie aux prévisions météorologiques. L’équipe championne pourrait bien être celle s’ajustant le mieux à la situation. «La première chose qui me vient en tête, ce sont les échappées. Quand c’est froid, le ballon est dur, c’est dur sur les mains», explique Constantin.

Mais ses hommes ont les mains sûres. Cette saison, ils n’ont perdu le ballon que trois fois, le plus petit total à l’échelle nationale. Ajoutez à cela une défensive aux allures de muraille — trois blanchissages dans les cinq derniers matchs —, le réveil de l’attaque au sol et le brio de Hugo Richard… Le Rouge et Or a toutes les allures d’une équipe qui fonctionne à plein régime.