Les partisans français ont célébré la victoire de leur équipe à l'ambassade de France.

Week-end festif à l’ambassade de France

Grâce aux prouesses de 11 joueurs dans un stade de Moscou, les Français de la planète tout entière ont pu scander « nous sommes champions du monde » dimanche.

Sous un grand chapiteau dans les jardins de l’ambassade de France sur la promenade Sussex d’Ottawa, les ressortissants français de la région se bombaient même le torse en ajoutant « champion du monde pour la deuxième fois ! » après une victoire convaincante de 4-2 contre la Croatie.

La dernière fois, en 1998, Fabrice Tarres avait 18 ans et il se trouvait à Barcelone quand l’équipe de France avait triomphé devant le Brésil au stade de France à Saint-Denis.

« Ça fait 20 ans que j’attends de revivre ce moment-là. Je suis encore à l’étranger cette fois. Ça doit être mon karma ! Nous avions besoin de cette Coupe du monde. Avec la douleur qui a accompagné les attentats terroristes, j’espère que cette victoire donnera un petit coup de moral à la France », a-t-il expliqué au son de la chanson I Will Survive, thème de la première conquête de la Coupe du monde de la France en 1998.


« Ça va être dur d’aller travailler lundi ! Vingt ans après. Vingt ans après ! Pile. »
Le partisan Pierre Mariguetto

Les expatriés français de la région se souviendront longtemps de ce week-end qui a commencé par les festivités de leur fête nationale samedi. « Nous avions 1400 convives ici pour la fête nationale samedi et nous avons accueilli 600 personnes pour ce championnat aujourd’hui. Nous avons eu chaud. La Croatie avait une bonne équipe. Nous sommes maintenant soulagés, ravis et fiers d’avoir vécu ces émotions en famille sur deux jours de célébrations. Les Français ont le cœur à la fête et le moral sera bon pour partir la saison des vacances », a signalé l’hôtesse de la journée, l’ambassadrice Kareen Rispal.

D’ailleurs, certains Français pressaient l’ambassadrice à décréter un jour férié lundi afin de laisser tout le monde se remettre de leurs réjouissances.

« Un week-end de fou quoi ? Ça va être dur d’aller travailler lundi ! Vingt ans après. Vingt ans après ! Pile. C’est magnifique », a crié, puis répété Pierre Mariguetto à pleins poumons avant de noter que la France se trouvait au sommet du monde pour les quatre prochaines années.

Le match a tenu les spectateurs en haleine jusqu'à la toute fin.

Souvenirs d’une vie

Drapé de Bleu-Blanc-Rouge, ce dernier a vécu la finale intensément parmi les chanceux qui avaient pu mettre la main sur un des 600 billets disponibles pour assister à la finale à l’ambassade.

« Jusqu’à la mi-temps, c’était le stress hein ? J’avais les poils de bras jusque là, dit-il en mimant 10 bons centimètres avec ses mains. Et là, avec l’avance de 2-1, ça allait. À 3-1 et 4-1, on peut même pardonner (le gardien) Lloris pour sa gaffe sur le deuxième but. Je vais pleurer... La dernière fois, j’avais huit ans et j’étais à Bordeaux dans un rassemblement à la Place de la victoire. Là, je suis au bout du monde pour célébrer une autre fois. Ça fait du bien ! »

Portant un bonnet aux couleurs de la France et avec la musique de Queen et We Are The Champions en toile de fond, Benoît Léglise était ému en parlant de cette victoire historique. « Unité. Fraternité. Le sport a cette capacité de nous unir. La France avait besoin d’un moment comme celui-là. »

Après tout, le trophée de la Coupe du monde est le plus convoité de tous les sports d’équipe. Le soccer est le sport le plus pratiqué dans le monde. Quand ce trophée est entre vos mains, c’est le sacre suprême.

L'ambiance était à la fête à la suite de la victoire des Bleus.

De France à Montfort

Céline Aguer le sait trop bien. Elle a eu la chance de le savourer pour la deuxième fois.

« L’été de 1998 a été plus beau de ma vie. J’avais 16 ans. En France, c’est l’âge où l’on peut sortir dans les bars. Dans ce contexte de premières, c’était extraordinaire. Cette nouvelle victoire va faire du bien à la France. Je suis ici depuis neuf ans maintenant. Je suis très ravie, mais ça va être difficile de battre 1998. J’ai d’autres chats à fouetter maintenant ! »

Chercheure en biochimie à l’Hôpital Montfort, Céline Aguer était occupée à prendre soin de ses deux jeunes enfants dimanche. 

Ses priorités ont peut-être changé, mais elle a pris le temps d’immortaliser l’exploit des hommes de Didier Deschamps en photos afin que ses enfants se souviennent à leur tour où ils étaient pour ce titre qui fait l’envie de toutes les nationalités du globe.