L'équipe de France a connu une ronde préliminaire en deçà des attentes.

Un premier tour en clair-obscur pour la France

MOSCOU - Entre difficultés dans l’animation offensive incarnées par Antoine Griezmann et garanties défensives, renforcées par le retour des grognards, l’équipe de France a connu un premier tour mitigé, avant son 8e de finale qui lance une nouvelle compétition.

Griezmann dans la grisaille

Hormis vingt-cinq bonnes minutes contre le Pérou (1-0), la France n’a quasiment rien montré dans l’animation et le jeu, à l’image du nul insipide contre le Danemark (0-0). C’est sans doute lié aux performances en demi-teinte du «leader technique» des Bleus Antoine Griezmann. L’attaquant de l’Atletico a eu beaucoup de mal à rentrer dans la compétition, même s’il a marqué sur penalty contre l’Australie (2-1).

Il a surtout semblé manquer de fraîcheur physique, bien qu’il y ait eu un peu de mieux contre les Danois. En interne, même si Olivier Giroud a reconnu qu’il était «peut-être un peu moins bien physiquement», l’ensemble des joueurs le défendent, dont son coéquipier de l’»Atleti» Lucas Hernandez: «il est bien, il est bien. Il ne faut jamais mettre en doute l’un des meilleurs joueurs du monde. En espérant qu’il fasse taire en 8e de finale tous ceux qui parlent de lui».

Avant le match contre le Danemark, l’ancien entraîneur de Marseille Franck Passi estimait auprès de l’AFP que Griezmann «n’avait pas encore vraiment commencé son Mondial». Ce diagnostic est toujours valable avant les 8es.

Deféndre

Mine de rien, les Bleus ont stoppé l’hémorragie de fin 2017-début 2018. Lors des trois matches de préparation, la France a concédé deux buts, sur un coup de pied arrêté (coup franc repoussé par Hugo Lloris sur un Italien) et sur une double erreur défensive (bourde de Djibril Sidibé et angle mal fermé par Lloris exploité par un Américain).

Au Mondial, ils n’en ont encaissé qu’un, et encore, sur penalty (face à l’Australie). Et ont concédé à peine une occasion par match: un coup franc australien prolongé par Tolisso et sorti par Lloris, un face à face remporté par le même gardien face au Péruvien Paolo Guerrero, outre une demi-occasion danoise, un coup franc capté en deux temps par Steve Mandanda.

La résistance à la pression du Pérou, qui luttait pour sa survie dans la compétition, a mis en évidence cette solidarité à toute épreuve. Quitte à faire grimacer Kylian Mbappé, contraint à jouer quelque peu contre-nature en défendant.

Le patron de l’arrière-garde, Raphaël Varane, l’avait dit avant le départ pour la Russie: «Notre objectif, c’est d’être d’abord solide. Ça doit être ce que représente l’équipe de France: un adversaire nous voit jouer et se dit +attention cette équipe, c’est solide+. C’est important de travailler tous ensemble collectivement, faire des efforts tous ensemble, avoir une base, pour ensuite faire mal à l’adversaire offensivement».

Giroud, retour en grâce, décote de Dembélé

Blaise Matuidi et Giroud avaient été les principales victimes des matches de préparation, doublés sur le fil par Corentin Tolisso et Ousmane Dembélé pour entamer la Coupe du monde.

Mais les deux cadres semblent avoir repoussé la concurrence de ces deux jeunes en profitant des changements tactiques. «Tout n’a pas été parfait, il y a encore des trucs à régler mais on se sent mieux dans ce système, on est en train de prendre confiance», a estimé Griezmann.

Le vécu de «Blaisou» et «Olive» peut servir quand la pression s’intensifie. Dans les matches à élimination directe, «il faut avoir les nerfs solides, l’expérience est importante dans ce genre de match, il faut rester concentré, régulier tout au long du match, ça peut durer et il faut avoir beaucoup de caractère», a noté opportunément Giroud.

L’avant-centre a fait un match salué contre le Pérou alors qu’il n’a pas marqué: son jeu en déviation et dans le domaine aérien ainsi que son «plaisir dans la douleur» défensive en font un élément précieux.

Matuidi, utilisé en faux ailier gauche, dans un rôle tenu naguère par Moussa Sissoko à droite, n’a pas été aussi convaincant, mais il apporte lui aussi son goût du combat et un certain équilibre à l’équipe, prisés par Deschamps.

Griezmann et Mbappé semblaient développer une plus grande complicité technique avec Dembélé lors des matches de préparation. Mais les difficultés de «Dembouz» jusqu’à présent dans la compétition et son peu d’appétence à défendre - partagée avec Mbappé - lui ont fait perdre du terrain. Le changement de système pénalise aussi Tolisso, barré par l’incontournable paire Kanté-Pogba à la récupération.