Le brésilien Neymar a été brillant dans la victoire des siens face au Mexique.

Neymar prolonge la malédiction du Mexique

SAMARA —Un coup d’éclat de Neymar a envoyé le Brésil en quart de finale du Mondial 2018 et prolongé la malédiction du Mexique (2-0), battu pour la septième fois d’affilée en 8e de finale, lundi à Samara.

Un drible, une talonnade pour démarquer Willian et du jus pour se jeter sur le centre du « Jackson five » brésilien (51) : le vrai génie du « Ney » s’est manifesté pour la première fois cet été en Russie, sur sa deuxième réalisation de la compétition. Un sort suffisant pour aller défier la Belgique ou le Japon sur la route d’une sixième Coupe du monde.

Il avait déjà marqué contre le Costa Rica, mais le match avait été gagné juste avant (2-0), il avait réussi une passe décisive pour Thiago Silva contre la Serbie (2-0), mais c’était sur corner.

Cette fois il a fait les deux, un but et une passe décisive pour Firmino (88), quand les Aztèques jouaient leur va-tout. Et on peut même lui attribuer une avant-dernière passe décisive sur son propre but.

« Je progresse, je savais qu’il me fallait du rythme et aujourd’hui je me sens bien mieux », a estimé Neymar.

Il a surclassé la vedette mexicaine, Javier « Chicharito » Hernandez, qui n’a rivalisé que sur le terrain de l’audace capillaire, avec sa teinture blonde platine.

Fin de la récré

« Nous devons apprendre à souffrir. Nous avons souffert, ce fut difficile, mais nous savions que l’adversaire était de qualité », a soufflé « Ney », torse nu, transpirant entre les tatouages à la fin du match.

Car le Mexique a joué, comme promis, au début de match. La titularisation surprise de Rafael Marquez a pu faire croire que Juan Carlos Osorio jouerait la défense, mais l’homme aux cinq Coupes du monde a occupé la position de sentinelle, pour assurer des transitions rapides vers l’avant grâce à sa qualité de passe.

L’idée a fonctionné au début. Les combinaisons des trois joueurs offensifs, Carlos Vela, « Chucky » Lozano et Chicharito, et l’astuce de Hector Herrera ont fait reculer la défense « auriverde ».

Puis Neymar a sifflé la fin de la récréation. Invisible jusque-là, il a remis le Brésil dans le match, effaçant deux défenseurs d’un coup de rein pour frapper sur Guillermo Ochoa (25).

Le gardien a encore réussi une belle parade face à Gabriel Jesus (33) dans une période où « El Tri » n’arrivait plus à ressortir le ballon. Et il a gardé la main chaude en contrant Coutinho dès la reprise (48).

À la mi-temps, Osorio a sorti Marquez, 39 ans, pour placer Miguel Layun arrière droit, à la place d’Edson Alvarez, déjà averti (38) dans sa défense sur le « Ney ».

Mais l’étoile brésilienne était trop dure à surveiller. Le Parisien a ouvert le score sur une action de classe, prenant la défense mexicaine à revers par son génial coup de talon pour démarquer Willian.

La pression est immense sur la vedette, tout le Brésil lui demande de ramener la « Hexa », la sixième, alors Paulinho a fêté son but en le prenant sur ses épaules, et toute la Seleçao a félicité sa vedette.

Mexique inoffensif

Sa réputation d’acteur ne va pas s’arranger après ses hurlements de douleurs poussés lorsque Layun lui a un peu marché sur sa cheville blessée.

« C’est une honte pour le football », s’est même plaint le sélectionneur du Mexique Juan Carlos Osorio.

Le Mexique devait remonter le score, mais ses assauts sont restés assez inoffensifs. Seul dégât pour le Brésil, la suspension de Casemiro pour le quart de finale, averti pour un tacle sur Lozano (59).

En contre, Ochoa tenait encore la baraque derrière face à Paulinho (59) ou Willian (63), mais il n’a rien pu faire sur le déboulé de Neymar pour servir Firmino.

Cette fois les chants mexicains se sont tus. Le magnifique public aztèque a gagné le match de l’ambiance, il l’avait déjà fait à Fortaleza il y a quatre ans, chantant plus fort que les torcidas brésiliennes sur leur propre sol (0-0).

Mais la malédiction continue, aggravée d’une autre : le Mexique n’a toujours pas battu le Brésil en Coupe du monde (quatre défaites, un nul), et ne lui a pas non plus marqué le moindre but. Quatre ans de malheur en plus...

La Belgique est revenue de l'arrière pour vaincre le Japon.

LES DIABLES ROUGES REVIENNENT DE L'ENFER POUR PASSER EN QUARTS

ROSTOV-SUR-LE-DON —Les « Diables Rouges » ont longtemps cru que la malédiction des favoris leur était tombée dessus ! Mais la Belgique, menée 2-0 jusqu’à la 69e minute, est revenue de l’enfer pour renverser au bout des arrêts de jeu le Japon (3-2) et retrouver le Brésil en quarts de finale du Mondial-2018.

Ils avaient promis qu’on ne leur referait plus le coup après la mésaventure de l’Euro-2016 : deux ans après le traumatisme gallois, et 24 heures seulement après la leçon espagnole, les Belges ont réussi à assumer leur statut de favori face à des Nippons tout proches de réaliser l’exploit après s’être qualifiés pour le 2e tour grâce à la règle du franc-jeu aux dépens du Sénégal.

Mais comme le 8e de finale du Mondial-2014 remporté après prolongation face aux États-Unis (2-1, a. p.), ils ont affiché une fébrilité inquiétante...

Meilleure attaque de la phase de poules avec 9 buts, la Belgique pensait avoir opté pour la meilleure stratégie en terminant première de son groupe. Certes, pour basculer dans la partie de tableau la plus difficile de la compétition, mais pour éviter aussi la Colombie, adversaire a priori plus dangereux que le Japon.

Mais ce Mondial donne la part belle aux « petites » équipes, à l’image de l’exploit de la Russie face à l’Espagne dimanche. Et depuis le limogeage surprise de Vahid Halilhodzic, les « Samourais bleus » d’Akira Nishino sont devenus une glaçante machine à exploiter la moindre faille de l’adversaire.

« Tu te dis : "c’est terminé" »

D’entrée de jeu, le Japon a joué sans complexes pour montrer à la pléiade de vedettes belges que rien ne serait simple. S’ils avaient mérité de s’incliner durant le temps fort belge -- quatre minutes de folie avec autant d’occasions franches (Lukaku, 25e ; De Bruyne, 26e ; Hazard, 27e : Kompany, 28e) -- les « Samourais bleus » ont profité des espaces béants laissés par l’ambitieux dispositif belge en 3-4-3, notamment sur les côtés lorsque Meunier et Carrasco, plus ailiers que latéraux, n’assuraient pas leur repli défensif.

Le premier avertissement pour les Belges est intervenu juste avant la mi-temps, avec deux occasions japonaises.

Mais dès le retour des vestiaires, la passivité belge a été sanctionnée. Sur une sublime passe de Shibasaki, Haraguchi a profité d’une hésitation de Vertonghen pour battre Courtois (48e, 1-0).

Quelques minutes plus tard, Inui montrait qu’il est digne de son nom en lâchant une incroyable frappe des 20 mètres hors de la portée de Courtois (52e, 2-0). La Belgique, autoproclamée candidate au titre, était sérieusement menacée d’élimination !

« Début de deuxième période, 0-1, 0-2, tu te dis : "c’est terminé" », a raconté Thomas Meunier, après le match. « Moi j’étais tranquille : ils ont marqué deux buts en cinq minutes, on pouvait le faire aussi ! C’est ce qu’on a fait », a complété Kevin De Bruyne au micro de BeIn Sports.

« Remontada » sur le fil

Pour la « génération en or » des Hazard, Mertens, Mertens et Kompany, le temps des regrets n’était pas encore arrivé. Grâce à un but heureux de Vertonghen (69e, 2-1), à la réception d’une chandelle japonaise, les « Diables » se sont mis à croire à la « Remontada ».

Après avoir multiplié les coups de boutoir, l’entrant Fellaini a fini par égaliser de la tête cinq minutes plus tard (74e, 2-2).

S’ils pensaient devoir se contenter de la prolongation après avoir manqué une nouvelle grosse occasion, avec une double parade de Kawashima sur des têtes de Chadli puis Lukaku (85e), ils ont finalement arraché la qualification sur la dernière action du match.

Sur une relance rapide de Courtois, De Bruyne a initié un contre supersonique, transmis à Meunier qui a immédiatement centré pour Lukaku. Maladroit jusqu’ici, le buteur belge a astucieusement laissé passer le ballon entre ses jambes pour permettre à Chadli d’inscrire le but de la victoire (90 +4). Et de la délivrance.

Les Belges ont eu très chaud. Ils reviennent de l’enfer et sont prêts à défier le Brésil !