Lionel Messi a été complètement muselé par les Croates jeudi, alors que la Croatie a défait l'Argentine par la marque de 3-0.

Messi, idole en souffrance

BRONNITSY — « Messi est un joueur incroyable, mais il ne peut pas tout faire tout seul » : Luka Modric, un de ses bourreaux, a volé au secours de l’Argentin apparu impuissant jeudi soir face à la Croatie. L’idole de l’Albiceleste, désemparée, n’est pas épargnée par les critiques.

Point positif, s’il faut en trouver un : la victoire du Nigeria contre l’Islande vendredi (2-0) simplifie un peu l’équation argentine. Lors de son dernier match, contre la sélection africaine mardi 26 juin, les Argentins se qualifieront s’ils gagnent et que, dans le même temps, l’Islande ne bat pas la Croatie. Si l’équipe nordique s’impose, tout ne sera pas perdu, mais il faudra marquer beaucoup pour rattraper une différence de but bien handicapante (-3).

Muselé par la Croatie

Mais autant Messi avait été en évidence face à l’Islande, malgré son penalty raté qui avait coûté la victoire à son équipe (1-1), autant il a été parfaitement muselé par les Croates jeudi. En première mi-temps, « c’était difficile de passer le ballon à Leo », a reconnu son sélectionneur Jorge Sampaoli.

En seconde mi-temps, le joueur âgé bientôt de 31 ans (dimanche) a davantage touché le ballon, mais sans pouvoir se défaire de ses cerbères balkaniques... « Au milieu de l’hécatombe argentine, une autre débâcle retient l’attention du monde : celle de Lionel Messi », observe le quotidien argentin La Nacion.

« Il y a quelque chose de grave pour le N.10, le meilleur joueur du monde ne peut pas être ce qu’il montre jusqu’à maintenant dans cette Coupe du Monde », dit encore le journal tandis que le champion du monde 1978, Daniel Bertoni, cingle : « l’équipe ne fait rien pour Messi, mais lui n’a rien apporté à l’équipe » lors du match contre la Croatie.

Pendant que « CR7 » étincelle...

Est-ce parce que la comparaison avec Cristiano Ronaldo est à ce point en défaveur de l’Argentin ? La veille, le Portugais avait offert à sa sélection, pas franchement flamboyante, un précieux succès contre le Maroc (1-0). Et au premier match, il avait inscrit un triplé contre l’Espagne, pendant que Messi ratait son penalty...

« Cela fait dix ans qu’ils établissent la suprématie du football mondial », a analysé Maxi Lopez, joueur du Torino, cité par le quotidien argentin Olé. « Mais je crois qu’actuellement, Leo sent bien plus la pression des 40 millions d’Argentins, qui espèrent tant de lui. Il y a trop de pression sur Messi ».

Le niveau de la Pulga en sélection par rapport à celui en club fait régulièrement l’objet de critiques. « Mais on ne peut pas faire de comparaison », poursuit l’attaquant du Torino. « La qualité qu’il y a à Barcelone, elle n’y est pas en Argentine. En sélection, il doit tout faire lui-même et c’est compliqué ».

Sélection aux abois

Mais n’est-ce pas la même chose pour CR7, leader d’une sélection portugaise sans doute moins forte que son équipe du Real Madrid ? La différence est peut-être à trouver au niveau de l’état de confiance : d’un côté, une Seleçcao qui a des repères collectifs et a surtout été confortée par sa victoire à l’Euro-2016.

Et de l’autre, une Albiceleste sans plan de jeu, qui reste sur trois défaites consécutives en finale, au Mondial 2014 contre l’Allemagne (1-0 a.p.) puis en Copa America à deux reprises, en 2015 et 2016 contre le Chili. « Les Portugais sont quand même champions d’Europe 2016, avec Ronaldo bien sûr, mais on n’a jamais vu un joueur gagner tout seul », avait ainsi rappelé le sélectionneur portugais Fernando Santos avant d’affronter le Maroc.

En Argentine, c’est quand même un peu ce que doit faire Messi. « C’est grâce aux buts qu’il a marqués que nous sommes ici », l’avait défendu mardi le défenseur Cristian Ansaldi, en référence à son triplé contre l’Équateur qui avait qualifié pour le Mondial cette Argentine longtemps pathétique en qualifications.

Et maintenant, que faire ?

Voilà qui pose la question de la suite de la carrière de l’Argentin, qui, de dépit, avait déjà annoncé une retraite internationale après la deuxième défaite en finale de la Copa America... Avant de se raviser.

Avant le coup d’envoi du Mondial, Messi avait conditionné son avenir international au parcours de l’Argentine en Coupe du Monde. « Cela dépend de jusqu’où nous allons aller, de comment nous allons finir », avait dit l’Argentin dans une interview au quotidien espagnol Sport.

L’Argentine et Messi, ont encore une chance de faire durer un peu plus ce qui ressemble fort au dernier Mondial de la « Pulga ». Mais le constat de Modric vaudra là encore, Messi ne peut pas tout faire tout seul.