Lionel Messi et l’Argentine ont évité le pire et se qualifient pour les huitièmes de finale, malgré une ronde préliminaire difficile.

Messi et l'Argentine évitent le désastre

SAINT-PÉTERSBOURG — Lionel Messi et l’Argentine se sont finalement mis en marche à la Coupe du monde de soccer en Russie, en disposant du Nigéria 2-1 mardi.

Messi a marqué un but sublime à la 14e minute pour procurer les devants aux siens dans un match sans lendemain, puis Marcos Rojo a assuré la qualification des Sud-Américains pour les huitièmes de finale trouvant le fond du filet à la 86e.

Victor Moses a riposté sur un penalty à la 51e minute pour le Nigéria, et n’eût été l’intervention de Rojo - une volée dans le coin du filet - en fin de match, l’Argentine aurait été éliminée sans avoir remporté le moindre match dans ce tournoi.

«Nous avons beaucoup souffert. L’enjeu était énorme. C’était tout un soulagement, pour chacun d’entre nous. Nous ne pensions jamais souffrir autant», a reconnu Messi.

Cette victoire permet à l’’Albiceleste’ de s’adjuger la deuxième place du groupe D, effaçant ainsi le douloureux souvenir d’un revers de 3-0 encaissé conte la Croatie la semaine dernière. Cette défaite avait non seulement ébranlé la sélection argentine, mais également toute la population de ce pays double champion de la Coupe du monde.

L’Argentine aura maintenant rendez-vous avec la France en huitièmes de finale à Kazan samedi, et Messi peut toujours espérer obtenir son premier titre mondial. Le joueur étoile du ‘Barça’ aurait probablement annoncé sa retraite du soccer international pour la deuxième fois - et pour de bon, cette fois-ci - si Rojo n’avait pas fait vibrer les cordages.

«Nous avons regardé tous les matchs de la France. Les Français ont une très bonne équipe, pourvue de nombreux joueurs talentueux. Parmi eux se trouvent des joueurs très rapides qui peuvent faire la différence. Je sais ce que j’aurai à faire. Ce sera un match très difficile, sans aucun doute», a évoqué Messi.

Après le sifflet final, les coéquipiers de Messi ont quitté le banc de l’équipe et se sont rués sur lui, pour former un cercle autour de la vedette argentine. Messi a offert une longue accolade à son coéquipier Javier Mascherano.

Puis, tandis que Gonzalo Higuain était en pleurs à proximité de l’attroupement, Messi s’est retourné, le poing vers le ciel, en direction des partisans argentins.

L’Argentine était en danger de terminer une Coupe du monde sans avoir savouré de victoire pour la première fois depuis 1934, mais elle s’est retroussé les manches juste à temps pour accéder au prochain tour.

Le Nigéria est passé à quelques minutes de se qualifier pour les huitièmes de finale pour la quatrième fois de son histoire. Le pays africain a plutôt terminé troisième de son groupe, à un seul point de l’Argentine.

«Notre équipe est très jeune et elle manque d’expérience, mais dans quatre ans nous serons très forts», a conclu l’entraîneur-chef du Nigéria Gernot Rohr.

Les Danois ont célébré un verdict nul de 0-0 face à la France, qui les propulsent en ronde éliminatoire.

LA FRANCE ET LE DANEMARK AU PROCHAIN TOUR

MOSCOU — Rarement un match nul l’aura autant été : l’équipe de France a rempli son objectif de terminer à la première place du groupe C, mardi à Moscou, au prix d’un 0-0 totalement insipide contre le complice Danemark, également qualifié pour les 8e.

Les Bleus finissent avec sept points après les victoires contre l’Australie (2-1) et le Pérou (1-0), devant les Scandinaves (5 points) et les Sud-Américains (3 points), qui ont battu 2-0 les Océaniens (1 point) dans l’autre match de la poule.

Les hommes de Didier Deschamps devaient connaître dans la soirée leur adversaire du 8e de finale samedi à Kazan, issu du groupe D (Croatie, Nigeria, Islande, Argentine). « On a obtenu ce qu’on voulait. Maintenant, la montagne va se présenter, mais on est là, avec beaucoup d’humilité et d’ambition pour déjà passer la prochaine étape », a dit le sélectionneur.

Un nul suffisait aux Français et Danois pour atteindre leur objectif : la tête du groupe pour les Bleus qui étaient déjà qualifiés, et le point qui assurait aux Danois leur participation aux 8e de finale. Et les buts péruviens parallèlement à Sotchi dès les 18e et 50e minutes achevaient de maltraiter l’enjeu à Moscou : le Danemark était qualifié même s’il perdait.

Bronca 

Les Nordiques ont été incisifs vingt minutes, puis les Français ont maîtrisé et géré. Une frappe lobée d’Olivier Giroud, peut-être pas cadrée, sortie par le gardien Kasper Schmeichel (15e), une poignée de tirs sans danger, sur le portier ou non cadrés, non, rien à se mettre sous la dent.

Le symbole, c’est le fils Schmeichel qui met le pied sur le ballon et attend, faisant croître une bronca qui perçait par à-coups précédemment (81e). Une minute plus tard, le gardien danois détourne une belle frappe de Nabil Fekir (82e). Première et dernière occasion nette du match. Et une bordée de sifflets au coup de sifflet final.

La dilution de l’enjeu a fini par tuer le jeu, au point de susciter les lazzi du stade Loujniki et les « olé » ironiques des Danois pour les passes de leurs joueurs — il est toujours préférable de siffler et de rire jaune que de s’ouvrir les veines. Dans le jargon du foot, on appelle cela une purge.

La faute aux Danois, selon Deschamps : « Le point du nul leur allait bien. On n’allait pas non plus prendre de risques inconsidérés à partir du moment où eux voulaient ce résultat-là ».

Si le style Deschamps dans le jeu est encore brumeux, la patte DD dans les tournois internationaux s’éclaircit, en tout cas en phase de groupes : deux victoires, puis un 0-0, contre l’Équateur et la Suisse respectivement au Mondial-2014 et à l’Euro-2016. Qui était tout de même un peu plus engagé.

Pour le sélectionneur, le jalon de ce mardi moscovite se situait davantage dans son record de 79 matches à la tête des Bleus, égalant Raymond Domenech (2004-2010). Et s’il compte décrocher la « deuxième étoile », il faudra briser une série historique : les Bleus ont remporté leurs trois titres (Mondial-1998 et Championnats d’Europe 1984 et 2000) en battant à chaque fois le Danemark en phase de groupes...

Le Pérou quitte le Mondial 2018 avec honneur.

UNE PREMIÈRE EN 36 ANS POUR LE PÉROU

SOTCHI —Une victoire pour l’honneur ! Le Pérou, déjà éliminé, a anéanti les dernières chances de qualification de l’Australie (2-0) au Mondial-2018 et quitté en beauté sa première Coupe du monde depuis 36 ans grâce au capitaine Paolo Guerrero, passeur puis buteur.

Au stade olympique de Sotchi, sous une chaleur étouffante, Guerrero a d’abord adressé un centre parfait pour la volée croisée d’André Carrillo (18e), puis il a conclu lui-même d’un tir en pivot dévié par un défenseur (50e), à la grande joie de ses milliers de supporters en tribune.

« Il faut féliciter les joueurs pour leurs efforts et nos très nombreux supporters qui nous ont accompagnés. Au moins, nous avons pu leur dédier cette victoire », s’est réjoui le sélectionneur du Pérou, l’Argentin Ricardo Gareca, qui a dit réfléchir à son avenir.

Ces deux premiers buts au Mondial-2018, les Péruviens les attendaient après deux défaites inaugurales sur le score de 1-0. Et malgré cette élimination précoce, l’équipe andine repart la tête haute, abandonnant la dernière place du groupe C à l’Australie.

Pas de miracle pour Cahill

Les « Socceroos », eux, pourront regretter longtemps leur manque d’efficacité alors qu’ils gardaient de minces chances de qualification pour les huitièmes. Les voilà éliminés dès le premier tour et les critiques risquent de pleuvoir sur leur sélectionneur néerlandais Bert van Marwijk, dont c’était le dernier match avec l’Australie.

Pour la presse « aussie », le technicien restera sans doute coupable d’avoir laissé sur le banc au coup d’envoi l’icône Tim Cahill, meilleur buteur de l’histoire de la sélection.

Lorsque l’attaquant vétéran (38 ans) a fait son apparition à la 53e minute, l’Australie était déjà menée 2-0 après avoir dominé sans concrétiser en première période. Et mis à part un tir contré (60e), Cahill n’a pas fait de miracle à l’heure de disputer son quatrième Mondial d’affilée.

« Nous n’avons pas eu de chance », a pesté Van Marwijk, qui se consolait en soulignant que le préalable à une qualification australienne était une défaite danoise... qui n’a pas eu lieu (0-0 contre la France). « Notre parcours n’est pas un succès, mais pas un échec non plus. Tout le monde a pu voir nos performances et notre jeu. »

Torpeur

Dans une chaleur (30 °C) et une humidité (70 %) suffocantes, le match a été longtemps sans rythme, comme plombé, et seulement rythmé de quelques approches australiennes (27e, 34e).

Côté péruvien, l’ailier André Carrillo était l’un des rares à faire courir quelques frissons dans la torpeur des rives de la mer Noire. Et il a mis fin à une longue attente en adressant une belle volée, soit le premier but du Pérou en Coupe du monde depuis celui de Guillermo La Rosa en 1982 contre la Pologne (défaite 5-1).

Guerrero, le capitaine qui avait failli rater ce Mondial en raison d’un contrôle positif avant d’obtenir une décision de justice favorable, a pour sa part brillé par ses appels et ses courses. Avant d’être récompensé par le second but (50e).

De quoi faire chavirer les milliers de Péruviens massés dans les gradins de l’enceinte olympique (44 000) et qui, moqueurs, ont scandé « Olé » à chaque passe de leur équipe en fin de match. C’est à eux que la sélection andine souhaitait offrir ce baroud d’honneur : c’est réussi et c’est un joli souvenir.

Les Croates terminent avec une fiche parfaite de 3 victoires en ronde préliminaire.

LA CROATIE DEMEURE PARFAITE

ROSTOV-SUR-LE-DON —Parfois secouée par l’Islande, mais jamais vraiment menacée, l’équipe B de la Croatie a remporté sa troisième victoire en trois matches dans le groupe D mardi à Rostov (2-1), et se dirige ainsi vers un 8e de finale du Mondial-2018 face au Danemark où elle partira favorite.

« On doit laisser ces trois matches derrière nous et se concentrer sur le Danemark, qui est le moment de vérité », s’est directement projeté Zlatko Dalic, le sélectionneur croate.

Soucieux de gérer les organismes et plus encore les avertissements en vue d’un premier match à élimination directe qui lui avait coûté très cher à l’Euro-2016, Dalic avait changé neuf joueurs par rapport à l’équipe qui a brisé l’Argentine (3-0).

C’est beaucoup, et pourtant ça ne s’est pas trop vu, au moins pendant les 20 premières minutes durant lesquelles les Croates ont caché le ballon pour de longues séances de possession.

Mais habitués au scénario pour l’avoir déjà vécu en éliminatoires, les Islandais ne se sont ni découragés ni endormis.

À la facilité collective des Croates, même privés de Rakitic, Mandzukic ou Brozovic, ils ont opposé la qualité de leur jeu défensif et leur calme, pour finalement se révéler les plus dangereux de la première période.

Les Islandais ont joué sur leurs armes, dangereux sur une touche longue (27e), puis une tête de Magnusson (28e) sur corner et un bon coup franc de Sigurdsson (31).

La blessure de Bjarnason avait aussi donné à ses supporters, bientôt rejoints par tout le stade, l’occasion de lancer un premier clapping et globalement, c’est l’Islande qui a animé la soirée.

Le modèle 1998

Les Croates n’avaient pas grand-chose à craindre pour leur première place après l’ouverture du score de l’Argentine face au Nigeria, et ils n’ont vraiment pas forcé, à l’image de la vedette Luka Modric, un des seuls titulaires maintenus par Dalic, qui a joué une heure au petit trot avant de sortir.

Les coéquipiers du meneur de jeu du Real Madrid ont tout de même réussi à ouvrir la marque par Badelj, d’une reprise écrasée après une action pour une fois mal défendue par l’Islande (1-0, 53e).

Celle-ci est revenue au score sur un penalty transformé à la 76e minute par Sigurdsson après une main de Lovren. La pression s’est alors un peu accentuée sur le but de Kalinic, mais pas tant que ça, les Islandais manquant tout de même un peu de qualité individuelle en attaque.

Et c’est au contraire Perisic qui a marqué le but du 2-1 (89e). Celui du sans faute croate : trois victoires en trois matches.

En 8e de finale, les joueurs au damier seront favoris, nettement, face au Danemark. Mais attention au spectre de l’Euro. Étincelante en poules, l’équipe au damier rouge et blanc avait déchanté contre le Portugal en 8e (1-0 a. p.). Autant dire que cette Coupe du monde en Russie a des airs d’occasion à saisir pour la génération Modric (32 ans) — Rakitic (30 ans).

Avec des joueurs de talent et d’expérience dans toutes les lignes, elle peut, au moins, égaler la grande équipe de 1998, seulement battue en demi-finale par la France.

Pour l’Islande, l’heure est à la redescente sur terre après le quart de finale à l’Euro et cette première qualification pour une Coupe du monde. Mais la petite île, qui a tenu la grande Albiceleste en échec pour son premier essai dans la compétition reine (1-1), fait désormais partie du paysage mondial.

« On a montré qu’on mérite d’être là et de se mesurer aux meilleurs », a confirmé son sélectionneur Heimir Hallgrimsson.