Hugo Lloris s'est emparé du poste de gardien numéro 1 des Bleus en août 2009 et ne l'a pas lâché depuis.

L'heure du 100e match a sonné pour Hugo Lloris

ISTRA — Le gardien et capitaine de l’équipe de France, Hugo Lloris, va fêter sa 100e sélection jeudi (11h) face au Pérou lors du Mondial-2018, une longévité exceptionnelle qui ne suffit pas toujours à faire taire les critiques.

«C’est une grande fierté personnelle, mais ça reste secondaire parce qu’on est en pleine Coupe du monde», a souligné poliment le portier à la veille de la rencontre. «C’est difficile de rester dans la durée. J’en suis très fier.»

C’est simple : aucun gardien français n’a fait mieux avant lui, même s’il bénéficie de la cadence plus régulière des matchs internationaux. Lloris, 31 ans, a déjà dépassé depuis un bon moment les 87 capes de Fabien Barthez, champion du monde en 1998.

Et le gardien de Tottenham se rapproche à toute vitesse des joueurs de champ les plus emblématiques de l’histoire de l’équipe de France, dont son sélectionneur (et ancien milieu de terrain) Didier Deschamps, qui pointe à 103 sélections. Lloris lui a déjà d’ailleurs ravi le record de capitanats, puisqu’il portera le brassard pour la 76e fois jeudi, contre 54 pour «DD».

Sa première sélection remonte au 19 novembre 2008 lors d’un match amical contre l’Uruguay (0-0) au Stade de France. Mais il s’est durablement installé au poste de numéro 1 à partir d’août 2009 contre les Féroé. Depuis, il n’a plus lâché sa place dans la hiérarchie et a porté les Bleus dans des matchs clés, passant des épreuves les plus douloureuses — le scandale de Knysna à la Coupe du monde 2010 — aux aventures les plus festives, avec l’Euro-2016, jusqu’en finale, à la maison.

Effacé, mais respecté

Mais il y a aussi des moments de doute, notamment ces derniers mois en équipe de France, où Lloris n’a pas été épargné par les critiques. «Dans un football où on aime voir des buts, le gardien est une forme de souffre-douleur», souligne Joseph-Antoine Bell, ancien portier emblématique de la sélection camerounaise.

«Je pense qu’Hugo Lloris n’est pas le meilleur gardien du monde, mais qu’il est parmi les meilleurs. Cent sélections, même s’il y a beaucoup plus de matchs qu’avant, c’est forcément respectable et à respecter», insiste-t-il.

Lloris paye peut-être aussi son caractère discret, en dépit de son statut de capitaine, et un goût prononcé pour la langue de bois en conférence de presse. «Ce n’est pas quelqu’un qui attire la lumière, il ne cherche pas à être mis en avant», convient le défenseur Raphaël Varane, «mais quand il parle, il est écouté et respecté. On cherche souvent des patrons, mais c’est lui le patron, c’est lui le capitaine.»

«Effacé, ça devrait plus être un constat qu’une critique. Cela dépend de ce qu’on en fait. Il est calme, c’est une qualité pour un gardien», juge Bell. «Et je devine que Didier Deschamps ne l’aurait pas gardé en tant que capitaine, s’il n’était pas capable de prendre la parole dans le vestiaire».