Le joueur étoile de la formation brésilienne Neymar a effectué un but et une passe décisive contre le Mexique lundi.

Le Brésil a endossé le costume du favori

SAMARA — Le Brésil a joué comme un champion du monde contre le Mexique (2-0), porté par ses leaders, de Neymar retrouvé à Thiago Silva ressuscité, mais surtout par un collectif de fer. La Belgique, son adversaire en quarts, peut trembler.

« La caractéristique majeure de cette équipe est l’équilibre », répond Tite, le sélectionneur, quand on l’interroge sur la solidité de sa défense une fois épuisées les questions rituelles sur Neymar.

La « Seleçao » a démarré piano piano, comme d’autres grosses équipes visant la finale à Moscou, le 15 juillet, avant de jouer crescendo pour la phase à élimination directe. Un peu comme la France, qu’elle pourrait retrouver en demi-finale.

Évidemment, l’idole Neymar illustre parfaitement cette montée en régime. Maladroit contre la Suisse (1-1), en larmes après avoir battu le Costa Rica dans le temps additionnel (2-0), il avait beaucoup tenté contre la Serbie (2-0) pour une réussite minimale (une passe décisive).

Mais son coup de reins a repris toute son élasticité contre le Mexique en 8e, lundi à Samara, et a apporté un but génial et une passe décisive.

Tite redessine la courbe de progression de son étoile. « Il est resté trois mois et demi sans jouer, c’est beaucoup, explique le Professor. Un joueur de haut niveau a besoin de trois, quatre matches pour revenir. Et dès le premier match, il avait très bien joué. »

Silva est redevenu « O Monstro »

Et il n’y a pas que le « Ney ». Willian aussi illustre parfaitement cette montée en puissance, après un début de tournoi moyen.

« Mais il a toujours fait du bon travail, notamment tactique, le défend Sylvinho, adjoint de Tite. Des fois il souffre car il doit aussi assurer la connexion défensive avec Fagner sur son côté droit. Mais en seconde période il a été en mesure de briller », et d’offrir l’ouverture du score à Neymar d’un centre parfait.

Le dynamiteur de Chelsea explique lui-même qu’« au début du Mondial, il y a de la tension, tout se mélange. On a grandi pendant la compétition, on a évolué, et le coach aussi. On est bien, en confiance, et on veut plus ».

« Willian a fait un très bon match » contre le Mexique, souligne aussi Thiago Silva, un autre exemple spectaculaire du décollage des « Auriverde ».

A la cave en février, remplaçant au Paris SG face au Real Madrid lors du 8e aller de Ligue des champions, il est redevenu « O Monstro », la terreur d’une défense qui ne laisse rien passer, sinon un corner concrétisé par Steven Zuber contre la Suisse, et un capitaine écouté.

Car la Seleçao a bel et bien une défense de fer. Elle n’a encaissé qu’un but depuis le début du tournoi, comme en 1994, l’année du quatrième titre mondial. Alors le Brésil de Tite est-il aussi défensif que l’était celui de Carlos Alberto Parreira ?

« Pas défensive : équilibrée »

Sylvinho a répondu le premier, citant la Juventus Turin sept fois championne d’Italie de rang. « Elle avait à chaque fois la meilleure défense. C’est la signature de Tite, ça n’en fait pas une équipe défensive, mais équilibrée ».

Le mot « équilibre » revient dans deux réponses sur trois des entraîneurs. Il doit beaucoup à la paire de milieu défensif. Certes, l’infatigable Casemiro sera suspendu en quart contre la Belgique, mais Tite pourra titulariser Fernandinho aux côtés de Paulinho. Avec un banc d’un tel niveau, il n’est pas sûr que le secteur de la récupération soit énormément déprécié contre les Diables rouges.

Si on considère que le gardien Alisson a été trop peu sollicité pour être évalué, le seul secteur encore en discussion reste l’attaquant de pointe. La seule déception du Brésil reste Gabriel Jesus, muet depuis le début du tournoi.

Mais comme tout avocat en pareille circonstance, Sylvinho met en valeur son travail défensif : « C’est un camion ».

Et son remplaçant, Roberto Firmino, a marqué le but du KO contre le Mexique deux minutes après être entré en jeu, il n’y a donc pas de danger.

Fort de tous ses atouts, Tite ne veut pas répondre à la question : le Brésil est-il le favori ?

Mais le Professor a quand même le mot de la fin : « Un journaliste, je ne sais plus lequel, mais je voudrais le remercier, a écrit que nous jouions comme un club et pas comme une équipe nationale, j’ai pris ça pour mon compliment, j’en étais fier et mes joueurs peuvent en être fiers ». Et ambitieux...