Les champions en titre débarquent en Russie pour la Coupe du monde de soccer 2018.

L’Allemagne débarque

MOSCOU — Les champions du monde sont là, le tournoi peut commencer ! À deux jours du match d’ouverture du Mondial-2018, l’Allemagne est arrivée mardi à Moscou pour prendre possession de son camp de base, d’où elle tentera de défendre sa couronne acquise en 2014 au Brésil.

La sélection anglaise, rajeunie après ses contre-performances lors des dernières échéances internationales et avec Harry Kane à sa tête, est également arrivée plus tard dans l’après-midi à Saint-Pétersbourg, à 45 km de son camp de base à Repino où les Trois Lions prépareront leur entrée en matière contre la Tunisie lundi.

L’avion de la Mannschaft s’est posé à l’aéroport de Vnukovo dans le sud de la capitale russe. Les joueurs ont ensuite rejoint en bus leur résidence de Vatutinki, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale.

Les Allemands entrent en lice dans le groupe F dimanche à Moscou contre le Mexique au stade Loujniki de Moscou, là même où la sélection russe ouvrira les hostilités contre l’Arabie Saoudite dès jeudi soir.

Le choix du camp de base a beaucoup fait parler en Allemagne : Vatutinki est une banlieue lointaine sans beaucoup d’attrait, et les joueurs seront cantonnés dans un grand domaine ceinturé par de hauts murs de béton. Autour d’eux, de la forêt et un bourg de 10 000 habitants aux immeubles d’habitation très modestes et souvent décatis.

Mais avec ou sans cadre idyllique, l’équipe rêve surtout de devenir la première à conserver son titre depuis le Brésil de Pelé (1958-1962), et Joachim Löw de devenir à 58 ans le premier coach depuis la seconde guerre mondiale à remporter deux Coupes du monde. Le seul à l’avoir fait avant lui est l’Italien Vittorio Pozzo, en 1934 et 1938.

Huit fois en finale
Avec ses statistiques démentielles, la formation de Manuel Neuer et Thomas Müller peut faire peur. Elle est arrivé huit fois en finale lors des 16 dernières coupes du monde depuis 1954, pour quatre titres de championne du monde. Elle a été au total 12 fois dans le dernier carré, et n’a jamais été éliminée avant les quarts de finale.

Sa préparation cette année a pourtant été chaotique, avec une seule victoire en six matches, trois nuls et deux défaites, dont une le 2 juin contre l’Autriche, qui s’est fait balayer 3-0 par le Brésil de Neymar quelques jours plus tard.

En ville, on sent à J-2 comme un parfum de Coupe du monde : les spots défilent sur les TV russes - images des villes hôtes entrecoupées par Cristiano Ronaldo entrant sur le terrain —, tandis que supporters mexicains et argentins rivalisent de chants aux abords de la Place Rouge et du Kremlin.

Le Portugal de Ronaldo, justement, sera-t-il perturbé par les remous autour du Sporting de Lisbonne ? Quatre des internationaux de la Seleçao ont rompu leur contrat avec le club, et sont à la recherche d’un employeur, à trois jours du choc du premier tour contre l’Espagne.

Moins grave sans doute mais tout de même délicat : les Espagnols auront été pris par surprise mardi par l’annonce du Real Madrid, qui a révélé que son entraîneur la saison prochaine pour succéder à Zinédine Zidane serait... Julen Lopetegui, le coach de la Roja en quête d’un nouveau titre mondial en Russie.

Pendant que les joueurs cherchent la concentration, certains compilent des données pour se livrer à des pronostics « scientifiques ». La banque Goldman Sachs a tenté d’adapter ses savants modèles économiques à un football bourré d’incertitudes. Résultat ? « Le Brésil va gagner sa 6e Coupe du monde en battant l’Allemagne le 15 juillet en finale », assène l’organisme financier américain qui se base sur pas moins de « 200 000 modèles » de « machine learning » (apprentissage automatique), exploitant des « données sur les caractéristiques des équipes, les joueurs, les performances récentes », etc...