Le capitaine de la Belgique, Eden Hazard

Hazard, assumer et assurer

KAZAN —Son duel à distance face à Neymar, l’autre N.10 aux pieds magiques, fait saliver toute la planète foot : Eden Hazard, capitaine de la Belgique et chef de file de sa « génération dorée », a l’occasion d’enfin briller lors d’un grand rendez-vous.

« C’est dommage qu’Eden ne marque pas le 1-1 » : la remarque de son principal lieutenant Kevin De Bruyne, qui lui a volontiers laissé le statut de « star » de l’équipe malgré une saison plus aboutie en club, n’a pas valeur de reproche, mais de simple constat. Contre le Japon (3-2) en huitièmes, Hazard a beaucoup tenté, frappé le poteau, fait une passe décisive... mais sans l’entrée décisive de Marouane Fellaini et Nacer Chadli, tout cela n’aurait servi à rien.

Constat cruel, certes, mais qui offre un petit condensé de la carrière du Belge âgé 27 ans : un joueur brillant, à l’image de son titre de meilleur joueur d’Angleterre en 2014, mais qui n’a toujours pas réussi à passer le niveau supérieur pour aller titiller les Cristiano Ronaldo, Lionel Messi, voire Neymar.

Car si le N.10 brésilien semble programmé pour remporter un jour le Ballon d’Or, une fois que les géants « CR7 » et Messi auront rendu leur tablier, Hazard, aussi talentueux qu’il soit, en est encore très loin. À l’image de sa 8e place en 2015, son meilleur classement.

La raison ? Son incapacité à peser lors des grands rendez-vous, que ce soit en Ligue des champions -- le seul trophée qui lui manque avec Chelsea -- avec seulement 8 buts inscrits en 38 matches, ou lors du quart de finale perdu avec la Belgique lors du Mondial-2014 contre l’Argentine (défaite 1-0).

« Plus fort » qu’en 2014

« Je suis beaucoup plus fort qu’il y a quatre ans au Brésil », a-t-il affirmé juste avant le match contre le Japon. « C’était le premier tournoi majeur pour beaucoup d’entre nous, et il faut de l’expérience pour les matches à élimination directe, donc ça pouvait être compliqué. (...) Nous avons le même niveau de maturité dans l’équipe, ce qui fera la différence cette fois-ci. »

« Il est l’un des meilleurs joueurs au monde », a salué son coéquipier brésilien en club Willian, avec qui il a remporté le championnat d’Angleterre à deux reprise (2015, 2017). « Mais en ce moment je suis dans une autre équipe et je veux tout faire pour gagner. Je sais qu’on restera amis après. »

« C’est un joueur très humble et j’aime passer du temps avec lui au quotidien, en club. Mais maintenant le moment est venu pour chacun de nous de défendre notre camp et j’espère en sortir vainqueur », a ajouté le feu-follet auriverde qui croisera également Thibaut Courtois dans les buts des « Diables Rouges ».

Auteur d’un doublé contre la Tunisie (dont un sur penalty) et de deux passes décisives, Hazard symbolise la puissance de feu offensive de la « génération dorée » belge avec Romelu Lukaku ou Dries Mertens, meilleure attaque du Mondial-2018 avec 12 buts en quatre matches.

Mais pour espérer battre la formidable défense brésilienne (seulement un but encaissé), il faudra se montrer plus précis dans le dernier geste. « Il va falloir gommer des petites choses, mais maintenant on a un quart de finale contre le Brésil, un match fantastique à jouer, à nous d’être prêt », a lancé Hazard. Un message autant destiné à ses coéquipiers qu’à lui-même.