Coupe du monde 2018

Week-end festif à l’ambassade de France

Grâce aux prouesses de 11 joueurs dans un stade de Moscou, les Français de la planète tout entière ont pu scander « nous sommes champions du monde » dimanche.

Sous un grand chapiteau dans les jardins de l’ambassade de France sur la promenade Sussex d’Ottawa, les ressortissants français de la région se bombaient même le torse en ajoutant « champion du monde pour la deuxième fois ! » après une victoire convaincante de 4-2 contre la Croatie.

La dernière fois, en 1998, Fabrice Tarres avait 18 ans et il se trouvait à Barcelone quand l’équipe de France avait triomphé devant le Brésil au stade de France à Saint-Denis.

« Ça fait 20 ans que j’attends de revivre ce moment-là. Je suis encore à l’étranger cette fois. Ça doit être mon karma ! Nous avions besoin de cette Coupe du monde. Avec la douleur qui a accompagné les attentats terroristes, j’espère que cette victoire donnera un petit coup de moral à la France », a-t-il expliqué au son de la chanson I Will Survive, thème de la première conquête de la Coupe du monde de la France en 1998.

Les expatriés français de la région se souviendront longtemps de ce week-end qui a commencé par les festivités de leur fête nationale samedi. « Nous avions 1400 convives ici pour la fête nationale samedi et nous avons accueilli 600 personnes pour ce championnat aujourd’hui. Nous avons eu chaud. La Croatie avait une bonne équipe. Nous sommes maintenant soulagés, ravis et fiers d’avoir vécu ces émotions en famille sur deux jours de célébrations. Les Français ont le cœur à la fête et le moral sera bon pour partir la saison des vacances », a signalé l’hôtesse de la journée, l’ambassadrice Kareen Rispal.

D’ailleurs, certains Français pressaient l’ambassadrice à décréter un jour férié lundi afin de laisser tout le monde se remettre de leurs réjouissances.

« Un week-end de fou quoi ? Ça va être dur d’aller travailler lundi ! Vingt ans après. Vingt ans après ! Pile. C’est magnifique », a crié, puis répété Pierre Mariguetto à pleins poumons avant de noter que la France se trouvait au sommet du monde pour les quatre prochaines années.

Coupe du monde

Une finale suivie sur le terrain du parc Lansdowne

C’est sous un soleil de plomb que plus de 1200 mordus de soccer ont regardé sur écran géant au domicile du Fury d’Ottawa la retransmission de la finale de la Coupe du monde qui a vu la France l’emporter 4 à 2 sur la Croatie, dimanche.

La plupart des gens ont apporté leur chaise de camping ou une couverture afin d’être bien à l’aise sur le terrain de soccer et de football du parc Lansdowne.

Coupe du monde 2018

Modric élu meilleur joueur du Mondial

MOSCOU — Luka Modric est un joueur sensationnel, et le parcours de la Croatie lui vaut d’être élu meilleur joueur du tournoi. Mais sera-ce suffisant pour ravir le Ballon d’Or à Cristiano Ronaldo et Lionel Messi... Voire à un des champions français?

Le sélectionneur de l’Argentine, Jorge Sampaoli, aime à répéter que le soccer doit un Mondial à Lionel Messi. Mais ne doit-il pas aussi un Ballon d’Or à Luka Modric?

Coupe du monde 2018

Mission accomplie pour Griezmann

MOSCOU — «Je veux l’étoile, je m’en fous du jeu!», lançait-il... L’attaquant français Antoine Griezmann a rempli sa mission en étant l’homme du match contre la Croatie (4-2), grâce à son coup franc puis son but sur penalty, dans un début de finale très crispant.

Il y a vingt ans, le héros s’appelait Zinédine Zidane, avec ses deux buts de la tête contre le Brésil (3-0). En 2018, ils sont plusieurs à s’être distingués, mais Griezmann a largement contribué à envoyer la foule française exploser de joie sur les Champs-Élysées.

Coupe du monde

Triomphe français en Russie

MOSCOU — Le jour de gloire est arrivé pour les Bleus qui ont gagné la deuxième Coupe du monde de leur histoire, 20 ans après celle de 1998, en dominant la Croatie 4-2 au bout d’une incroyable finale du Mondial 2018, dimanche à Moscou.

Et c’est sous une pluie battante, à 19 h 32 exactement, que le capitaine Hugo Lloris a soulevé le trophée tant convoité, remis par le président de la FIFA Gianni Infantino sur le podium où se trouvaient trois chefs d’État, le Français Emmanuel Macron, le Russe Vladimir Poutine et la Croate Kolinda Grabar-Kitarovic.

Coupe du monde 2018

Insolites: Doigts d’honneur, libellule et photographe enseveli

MOSCOU — Les doigts d’honneur de Diego Maradona, la libellule « graciée » par Hugo Lloris, le photographe enseveli sous les Croates... Entre les buts, la joie ou la déception, cinq insolites au milieu du Mondial-2018.

Robbie Williams, doigt au but

La Russie ouvre « sa » Coupe du monde en écrasant une très faible équipe d’Arabie Saoudite (5-0), mais la cérémonie d’ouverture prend la lumière, ce 14 juin. Avec une séquence courte et sans chichis, les organisateurs pensaient sans doute éviter toute faute de goût. Mais Robbie Williams, l’ex-chanteur de Take That, lance un doigt d’honneur en direction de la caméra, en gros plan et avec grimace assortie. Pourquoi ? « J’étais sous pression, il ne me restait qu’une minute, et je ne savais pas si j’aurais fini de chanter au bout de 30 secondes. Alors j’ai montré qu’il me restait une minute » tente de justifier l’artiste. « Je ne peux pas me faire confiance. Il y a un bloc entre moi et le bon sens. Il m’arrive de faire quelque chose et de me dire, cinq minutes après, “Est-ce que je l’ai vraiment fait ?” »

Les doigts de Dieu

Une autre main assure le spectacle une semaine plus tard. Sous l’œil des caméras, Diego Maradona alterne danse avec une supportrice adverse, célébration euphorique, sieste alanguie. Clous du spectacle, il adresse deux doigts d’honneur à la caméra pour célébrer le but victorieux de l’Argentine face au Nigéria (2-1). Le mot « putos » facilement déchiffrable sort de sa bouche. Plus tard, on apprend que « El pibe de oro » a été victime d’un léger malaise à la mi-temps du match.

Hugo délire

Hugo Lloris est l’un des meilleurs gardiens du monde. Il l’a prouvé lors de ce Mondial. Et quand le capitaine des Bleus est en forme, rien ne passe : ni Edinson Cavani, ni Luis Suarez, ni... les insectes. Lors du quart de finale face à l’Uruguay (2-0) le 6 juillet, Lloris repousse une libellule.

L’action se passe au quart d’heure de jeu ; la caméra s’attarde sur le gardien de Tottenham qui souffle sur une libellule venue se poser sur ses lèvres et toute heureuse de s’envoler saine et sauve. La séquence fait le miel des réseaux sociaux.

Le show Neymar

Neymar a passé un Mondial-2018 compliqué. Censé inspirer le Brésil, il signe certes quelques actions de grande classe, mais ce qui reste ce sont ses larmes face au Costa Rica, et surtout ses simulations, qui, selon une chaîne de télévision suisse, ont « coûté » 14 minutes de temps de jeu lors des quatre premiers matches de la Seleçao. Le sélectionneur du Mexique, Juan Carlos Osorio, évoque une « honte pour le football » après une roulade théâtrale en 8e de finale.

Clic clac

C’est l’une des vedettes du Mondial. Il n’a pas marqué de but ni fait d’arrêt spectaculaire ; Yuri Cortez est photographe à l’AFP. Il s’est retrouvé sous la pile des Croates célébrant le but de Mandzukic, qualifiant leur équipe pour la finale de la Coupe du monde au bout de la prolongation face aux Anglais.

« J’étais en train de changer d’objectif alors que les joueurs s’approchaient de moi », raconte Cortez, qui se trouvait juste à côté des panneaux publicitaires, à l’un des emplacements prévus pour les photographes.

« Ils ont continué à s’approcher et ils me sont tombés dessus. C’était un moment de folie, ils étaient très heureux. Et à un moment, ils se sont rendu compte que j’étais en dessous ! » rigole-t-il. La scène inonde les sites et réseaux sociaux. Fin de l’histoire : « Ils m’ont demandé comment j’allais. Un a récupéré mes objectifs et un autre (le défenseur Domagoj Vida) m’a fait une bise ».

Coupe du monde 2018

Mbappé, 19 ans et déjà sur le toit du monde

MOSCOU — Programmée pour atteindre les sommets, la fusée Kylian Mbappé a rejoint le toit du monde plus vite que prévu : le prodige de l’équipe de France a réalisé dimanche « son rêve » avant même d’avoir 20 ans en devenant le plus jeune champion du monde de l’histoire des Bleus, s’offrant même un but en finale.

Thierry Henry et David Trezeguet ont été « ubérisés » par un jeune de 19 ans ! Les deux benjamins de France 98 avaient déjà atteint la vingtaine quand ils ont soulevé le trophée suprême et ils n’avaient pas marqué en finale.

Deux décennies plus tard, Mbappé, devenu le deuxième plus jeune buteur en finale de Coupe du monde depuis la légende Pelé en 1958, a réussi à faire mieux après la victoire de la France contre la Croatie (4-2).

Repéré comme un talent hors-norme depuis son plus jeune âge et ses premiers matches sur les terrains de la Seine–Saint-Denis, le prince de Bondy avait-il imaginé réaliser un parcours aussi parfait et aussi vite ? Un titre de champion de France 2017 avec Monaco, un transfert record de 180 millions au Paris SG l’été dernier et un sacre mondial avec l’équipe de France... en moins de deux ans !

Son but inscrit peu après l’heure de jeu est un condensé de ses qualités au-dessus de la moyenne : bien servi par Hernandez, le N.10 des Bleus a feinté une frappe enroulée côté droit pour éviter un adversaire avant de fermer au dernier moment son pied pour croiser en force côté gauche du gardien (65e). Imparable.

À l’image de son incroyable déboulé à 32,4 km/h (la FIFA a révisé le premier chiffre avancé à 37 km/h) pour provoquer un penalty contre l’Argentine de Lionel Messi (4-3) en 8e de finale, sa vitesse d’exécution est supersonique. Sa trajectoire vers les sommets presque irréelle...

« Le match d’une vie »

À 19 ans et demi, l’attaquant aux 22 sélections (8 buts, 5 passes décisives) avait déjà marqué trois buts avant la finale, dont un doublé promis à la postérité contre les Argentins. Mieux, qui se souvient encore que les mégastars Cristiano Ronaldo (Portugal), Lionel Messi (Argentine) et Neymar (Brésil) sont déjà rentrées à la maison ?

« Aujourd’hui, il y a Mbappé et les autres. Pour moi, il a amené son jeu dans une dimension qui l’installe aux côtés des plus grands », a salué Youri Djorkaeff dans un entretien au Figaro samedi. « Quand tu vois Messi, Ronaldo ou Neymar qui sont pratiquement obsolètes par rapport à ce que fait Mbappé (sourire)... Il leur a mis un coup de vieux. »

Alors qu’il s’apprêtait à jouer le match le plus important de sa jeune carrière, la nouvelle coqueluche de la presse mondiale a réussi à faire preuve de détachement pour garder cette insouciance qui, au-delà de ses impressionnantes qualités balle au pied, reste la matrice de son succès.

La finale du Mondial 2018 ? « Je le vois comme un jeu en fait », avait-il confié dans un entretien diffusé par la Fédération française (FFF) samedi.

« Si tu te fais pas plaisir en finale de Coupe du monde, tu vas jamais te faire plaisir ! Après, bien sûr, il y a une exigence à garder : tu dois être dans le bloc, tu dois faire le sacrifice pour les copains, mais tu dois avant tout te faire plaisir, parce que ça, c’est une fois dans une vie sûrement », avait-il ajouté.

Avec une telle précocité, il est capable d’en vivre encore deux ou trois dans sa carrière...

« Très mature »

Habité d’une énorme confiance en soi, certains de ses comportements ont toutefois eu tendance à énerver les adversaires, comme ce ballon confisqué en fin de match pour gagner du temps qui a rendu fous les joueurs belges en demi-finale.

« Si des joueurs comme Zidane et le Brésilien Ronaldo sont entrés dans la légende, c’est parce qu’ils jouaient avec fierté et envie. Leur but n’était pas de faire du cinéma », avait même taclé son coéquipier belge du PSG Thomas Meunier, jeudi sur la RTBF. « Avec les années et la maturité, il va probablement comprendre que, pour entrer dans la légende, l’attitude compte aussi. »

Une erreur à mettre sur le compte de sa jeunesse ? Le genre d’argument qu’il ne faut surtout pas lui dire ! « C’est vrai qu’il n’aime pas qu’on lui parle de son âge », raconte Samuel Umtiti. « Pour l’embêter, on lui dit même qu’il a quinze ans, des fois ».

Car de l’avis unanime des personnes l’ayant côtoyé, à l’image de Didier Drogba qui l’a rencontré à l’Élysée lors d’un déjeuner consacré au développement par le sport en Afrique, Mbappé impressionne surtout par sa « maturité ».

« Nous étions en train d’échanger des idées, il a commencé à parler. Je peux vous dire que le kid a beau avoir 19 ans, il n’est pas un kid, il est très mature, très structuré dans ses paroles », a raconté la légende de Chelsea, en marge d’un événement à Moscou. Les coéquipiers de Luka Modric l’ont appris à leurs dépens dimanche.

Coupe du Monde

Ça fait déjà 20 ans

Loana Locatelli avait quatre ans. Elle se trouvait en France, son pays natal, lorsque la première étoile a été gagnée. Naturellement, elle ne conserve aucun souvenir de la Coupe du monde de 1998.

« J’ai appelé ma sœur Maeva, qui est un peu plus vieille que moi. Elle devait avoir une dizaine d’années à l’époque. Elle se souvient surtout des émotions ressenties par notre famille. »

Les sœurs Locatelli ne jouaient pas au soccer, toutes petites. « À l’époque, en France, le foot était surtout un sport masculin », se souvient l’aînée.

Elles ont ironiquement développé une passion pour le sport quand elles ont suivi leurs parents au Canada. Dimanche, elles prendront d’assaut le Vieux-Hull. Elles vivront, avec des dizaines d’autres expatriés, une finale qu’ils ne risquent pas d’oublier de sitôt.

Julian LaBalec sera lui aussi de la partie.

Le jeune homme, qui est arrivé au Canada il y a bientôt deux ans, ressent un peu le mal du pays ces jours-ci.

« L’atmosphère qui règne ici est un peu différent », dit-il, poliment.

« J’avais sept ans, en 1998. Je ne me souviens pas de tous les détails, de tous les buts. Je me souviens par contre très bien de l’ambiance qui régnait à Dijon, là où j’habitais. Tout avait arrêté de respirer. On attendait une seule chose, que le match démarre. J’étais à la maison, avec mon papa. On avait retenu notre souffle toute la journée ! »

« En plus, c’était chez nous. Le tournoi se déroulait en France ! »

En 1998, même s’ils avaient l’avantage du terrain, les Bleus n’étaient pas nécessairement les favoris, en finale. Ils étaient confrontés à la première puissance mondiale de l’époque, le Brésil.

Ce week-end, ce sera différent. Peu de gens s’attendaient à ce que la Croatie élimine l’Angleterre lors de la demi-finale. La petite nation qui compte tout juste quatre millions d’habitants causera toute une surprise si elle l’emporte.

« Moi, je l’avais dit, intervient Loana Locatelli. Personne ne voulait me croire ! Ils n’ont jamais été en finale. Leur dernier match, ils l’ont gagné grâce aux tirs au but. Ils ont vécu la prolongation. Nous, on tout le temps passé dans le temps réglementaire de 90 minutes. Je persiste à croire que nous aurons droit à un très bon dernier match. »

« Tout le monde sera stressé, complète Maeva. Même durant la demi, jusqu’à la toute fin, personne n’était sûr. »

« C’est une Coupe du monde, rappelle Julian LaBalec. L’Espagne, le Brésil et l’Allemagne ont déjà été sortis. Tout peut arriver. C’est du soccer. »

Coupe du Monde

Une étoile dans les yeux

MOSCOU — Les Bleus veulent une deuxième étoile sur leur maillot. Les Croates rêvent d’une première. Dans les têtes des joueurs, une seule image, celle d’une Coupe du Monde à soulever à l’issue de la finale France-Croatie, dimanche à Moscou.

Pour les Français, il y a une revanche à prendre sur eux-même après la défaite en finale de l’Euro à domicile face au Portugal (1-0 a.p.), il y a deux ans.

Coupe du Monde

France: la finale de l’Euro 2016, un mal pour un mieux ?

ISTRA — « Il y a deux ans, en finale de l’Euro, c’était tellement douloureux... » La plaie de la défaite contre le Portugal est encore vive pour Didier Deschamps et ses Bleus, qui comptent bien s’en servir pour aborder la finale du Mondial 2018 dimanche contre la Croatie.

« C’est très dur, il faudra l’accepter et le digérer. Il n’y a pas de mots pour diminuer cette déception, elle est énorme », avait lâché un Deschamps livide au soir du coup de bambou portugais (1-0 a.p.), le 11 juillet 2016 au Stade de France.

Lundi, il avait exclu toute idée de « revanche ». « Mais ça fait toujours mal, on est passé à côté de quelque chose d’extraordinaire, parce que l’opportunité d’être champion d’Europe, ça peut se présenter plusieurs fois, mais quand elle se présente une fois, il faut la saisir ».

Alors que dire d’une finale de Coupe du Monde, même si les Français y sont parvenus pour la troisième fois sur les six dernières éditions, et que le groupe a été renouvelé (seuls neuf Bleus actuels ont disputé ce Championnat d’Europe à domicile) ?

« On n’est pas arrivé si loin pour lâcher », a assuré jeudi Paul Pogba. « Je connais le goût de la défaite en finale, c’est vraiment pas bon, très amer... On ne va pas l’aborder comme à l’Euro, on veut vraiment finir bien, avec le sourire. »

Pas « gagné d’avance »

Que faut-il éviter ? On touche là au secret industriel : « Ce sont des points à régler entre nous. D’un point de vue collectif, on le sait, mais ça restera entre nous », affirmait jeudi Samuel Umtiti. Un peu dans le droit-fil du mantra tactique de Deschamps, « ne rien donner à l’adversaire », qui transparaît parfois dans la communication des joueurs.

Les cadres ont assumé leurs fonctions dès mardi dans la foulée de la demi-finale contre la Belgique (1-0). « C’est fantastique, mais le plus dur reste à faire, il reste encore une étape. Il ne faut pas céder à l’euphorie. Ceux qui étaient à l’Euro 2016 auront leur mot à dire », avait prévenu le capitaine Hugo Lloris, afin de bien préparer le dernier match, « certainement le plus important de notre carrière ».

Et il faut éviter le complexe de supériorité qui a pu affleurer à l’Euro. « Franchement, quand on a gagné contre l’Allemagne (2-0 en demi-finale, ndlr), on pensait que c’était ça la finale. Contre les Portugais, avec leur parcours, on s’est dit que c’était gagné d’avance, c’était ça notre erreur. Maintenant, ce n’est pas pareil, on est tous conscients, concentrés. On ne veut pas faire la même erreur. »

« Quand on a battu l’Allemagne, on était euphorique à juste titre, un peu trop », abondait Blaise Matuidi vendredi.

« Ça sert de leçon »

Les Français voyaient dans la blessure de Cristiano Ronaldo en début de match un motif pour faire briller un peu plus leur bonne étoile... filante : André-Pierre Gignac trouvait le poteau dans les arrêts de jeu du temps réglementaire et Eder glaçait le « SdF » d’une frappe rasante en prolongation.

« Les larmes ont séché, mais c’est encore dans un petit coin de la tête et tant mieux, ça doit servir pour dimanche, même si je n’aime pas ressasser le passé. Ça sert de leçon, on sait ce que c’est qu’une finale. On va l’aborder différemment et espérer faire un grand match pour gagner », a avancé Matuidi.

Antoine Griezmann, lui, a donné dans la boutade : « En étant meilleur buteur on a perdu, je me suis dit : “Je vais mettre moins de buts pour voir si on la gagne (rire)”. »

Le levier de la finale, Alain Giresse n’y croit pas trop. « Pas spécifiquement la finale, c’est un tout, tout ce qu’ils ont emmagasiné à travers l’Euro. Il n’y en a pas beaucoup qui sont là, mais ça laisse de l’expérience », confie à l’AFP l’ancien joueur et actuel consultant sur Radio France, qui préfère insister sur « la difficulté du premier tour » qui « leur a fait du bien ».

Ce parcours avait-il ouvert un nouveau cycle ? Oui, avait répondu Deschamps à l’issue de la défaite : « Même si on prend un gros coup sur la tête, ça laisse envisager des jours meilleurs et un avenir intéressant. » Nous y voilà.