Le karatéka gatinois Alexandre Benjamin Rivest.

Consternation sur le tatami en Outaouais

Ce coup-là, Alexandre Benjamin Rivest ne l’a jamais vu venir. Tout comme les autres plus beaux espoirs du karaté en Outaouais et ailleurs dans le monde.

Le passage de leur sport aux Jeux olympiques sera de courte durée. Ajouté au menu de l’édition 2020 à Tokyo, il sera absent quatre ans plus tard à Paris, en France.

Le comité organisateur local a choisi le breakdance, l’escalade, le surf et le skate comme sports additionnels. Il a décidé de laisser de côté le karaté, pourtant très populaire en sol français.

La nouvelle est sortie jeudi.

« Je vais être honnête. Ça m’a coupé les jambes en voyant passer ça, a avoué Rivest, dimanche, après avoir passé la matinée au dojo.

«J’espérais aller à ces Jeux. Même chose pour mes deux frères et d’autres jeunes de la région. Nous nous sommes tous retrouvés à l’entraînement vendredi soir. Nous avions tous le moral très bas.»

Qui dit karaté en Outaouais, dit pépinière pour l’équipe canadienne.

Alexandre Benjamin Rivest, lui, était classé numéro un par la Fédération mondiale de karaté (WKF) en juillet 2018 chez les juniors poids lourds de plus de 84 kg. Le Gatinois âgé de 20 ans avait terminé cinquième aux Mondiaux juniors, l’automne précédent, en Espagne.

Ça faisait de lui un sérieux aspirant à une participation aux Jeux de 2024.

«2020, c’est trop vite pour moi, a rappelé le colosse de 6’3’’ et 225 livres, qui dispute sa première saison complète chez les seniors.

«Cette nouvelle-là, personne ne l’a vu venir. J’écoutais justement une entrevue accordée par le champion du monde qui est un Français. Il était hors de lui.»

Rivest doit s’envoler mardi vers l’Autriche en vue d’une compétition internationale qui aura lieu à la fin de la semaine. L’élite européenne sera sur place.

«C’est clair que ça sera le sujet de discussion. Oui, nous pourrons toujours continuer à participer aux championnats du monde. Mais les Jeux olympiques, c’était la cerise sur le sundae pour nous.»

Une pétition a été lancée en ligne afin de convaincre le comité organisateur de même que le Comité international olympique (CIO) d’infirmer la décision. Car le retrait du karaté ne sera pas officiel avant l’an prochain.

«On va continuer à espérer et s’entraîner», a laissé tomber Alexandre Benjamin Rivest.

Si son rêve olympique semble en péril, il peut se consoler. Celui de devenir policier demeure bien en vie, lui qui étudie dans ce domaine avec deux autres karatékas au Cégep de l’Outaouais.