La Gatinoise Mélodie Collard est classée 25e au monde chez les juniors.
La Gatinoise Mélodie Collard est classée 25e au monde chez les juniors.

Collard obtient une solution de rechange

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Ça devait être un été marqué par des passages à Wimbledon, Roland-Garros et même Flushing Meadows.

Mélodie Collard espérait triompher à une de ces étapes Grand Chelem junior. Elle zieutait aussi quelques tournois professionnels avant de prendre une importante décision au sujet de son avenir.

Sauf que la pandémie a tout changé pour la raquette outaouaise classée 25e au monde chez les juniors.

Résultat, l’athlète âgée de 17 ans est la tête d’affiche d’un nouveau circuit mis sur pied par Tennis Canada pour les meilleurs jeunes joueurs du Québec et de l’Ontario.

Le premier des quatre arrêts du circuit du Défi du Nord se déroule cette semaine à Montréal. Plus précisément au stade IGA.

Collard a gagné facilement ses deux premières parties. D’abord lundi par des manches de 6-2 et 6-1 contre Sarah-Maude Fortin puis mardi en deux manches identiques de 6-2 contre Raphaëlle Lacasse.

«Je trouve que c’est une bonne idée ce circuit, surtout que c’est difficile d’avoir accès à des tournois en ce moment. Ça permet de garder la forme et de pratiquer aussi des choses, a soutenu Collard.

«Il y a peu d’options en ce moment. Il y a tellement de restrictions que l’organisation de plusieurs tournois ITF a été abandonnée.»

Le Défi du Nord aura une étape à Repentigny du 21 au 23 août, puis une autre à Laval du 28 au 30 août. La finale se déroulera à Granby du 4 au 6 septembre.

Ce sont toutes des villes où Tennis Canada a dû annuler des épreuves internationales en raison de la COVID-19.

«Comme la pandémie a entraîné l’annulation de nos tournois canadiens, beaucoup de nos juniors et de nos joueurs en transition ne peuvent d’acquérir une précieuse expérience cet été. Grâce à ce circuit, nous espérons leur donner de bonnes occasions de concourir et la chance de gagner un peu d’argent », a expliqué le directeur des tournois de Tennis Canada, Richard Quirion, dans un communiqué de presse.

« Même si nous ne pouvons pas compenser totalement tout ce que ces joueurs ont perdu pendant cette interruption de la saison de tennis, notre rôle en tant que fédération est de trouver des moyens de les aider à poursuivre leur développement pendant cette période difficile.»

Mélodie Collard s’avère la raquette la mieux classée. Elle joue toutefois la carte de la prudence.

«Il y a de bonnes joueuses. Souvent dans des matches comme ça, l’autre fille a moins de pression. Elle n’a rien à perdre et ça donne de bonnes performances.»


« Je n’ai aucune idée ce qui m’attend dans les prochains mois. »
Mélodie Collard

Collard a notamment rendez-vous avec Annabelle Xu mercredi. «Elle est classée 70e au monde», a-t-elle noté.

La principale intéressée ignore ce que l’avenir lui réservera. Le calendrier des tournois ITF ne cesse de changer en raison de la COVID-19.

«Je ne sais pas ce qui va arriver. J’étais à l’étape cette année de faire des tournois professionnels et voir comment ça irait. Ensuite, j’allais prendre une décision si j’allais à l’université ou je passais directement chez les professionnelles. Là, je n’ai aucune idée ce qui m’attend dans les prochains mois.»

La seule certitude? Ses études en ligne en anglais avec une école américaine.

«Je commence ma deuxième année», précise Collard, aussi douée dans les études que sur les terrains de tennis.

Souligny veut devenir championne

La relève tennistique continue de pousser en Outaouais. Une ado de Gatineau est devenue vice-championne québécoise chez les 18 ans et moins dans les derniers jours.

Ariane Souligny s’est inclinée en finale provinciale, dimanche, à Waterloo.

Son nom? Ariane Souligny, qui a fêté ses 16 ans, il y a deux semaines.

La raquette du Ottawa Athletic Club (OAC) s’est inclinée en finale provinciale, dimanche, à Waterloo.

Son adversaire Sarah L’Allier l’a vaincue chaque fois en bris d’égalité en deux manches identiques de 7-6.

«C’était un match de grande qualité que j’ai fini par perdre. Le dernier bris d’égalité s’est terminé 14-12. C’était vraiment serré», note Souligny, heureuse de sa performance même si le titre de championne lui a filé entre les doigts.

«J’étais contente, surtout que c’était seulement mon deuxième tournoi depuis que j’avais dû arrêter en raison de la COVID-19. J’ai pu affronter de bonnes joueuses et gagner de bons matches.»

Surtout, ce parcours lui a fait du bien au moral.

«Je me suis rendu compte à quel point la compétition me manquait... d’aller jouer dans d’autres villes contre des filles différentes.»

Souligny a découvert à quel point la longue pause en raison de la pandémie avait été bénéfique pour son développement. Elle a pu se concentrer sur l’entraînement depuis le début de l’été.

«Je me suis beaucoup améliorée, surtout au niveau de la constance. Je rate moins de coups. Puis au niveau mental, je trouve maintenant des solutions pour battre les autres joueuses, ce que je n’étais pas capable de faire auparavant.»

Un autre tournoi l’attend dans les prochains jours. Cette fois-ci à Lachine, qui accueillera les championnats québécois des 16 ans et moins.

«Je pense que je suis capable de le gagner», avoue Souligny, qui demeure à la recherche d’un premier titre depuis ses débuts au tennis, il y a huit ans.

Ariane Souligny vise le titre québécois.

«Ça fait quelques finales que je fais. J’aimerais bien devenir championne québécoise.»

Ça serait aussi un baume sur l’année 2020, qui devait être fertile en compétitions relevées pour elle.

«J’aurais aimé jouer quelques tournois ITF juniors. J’en avais disputé un premier l’an passé à Ottawa. J’avais perdu contre une joueuse suédoise, mais j’avais aimé l’expérience. C’était une bonne leçon du niveau de jeu international qui m’attend.»

Ariane Souligny entreprendra sous peu sa dernière année d’études avant le saut au collégial. Son but avoué s’avère de jouer éventuellement dans les rangs universitaires américains tout en étudiant en médecine.

«Ça serait bon autant au niveau académique qu’au tennis», souligne l’athlète qui ne cache pas son côté superstitieuse.

«Je suis très superstitieuse, précise-t-elle. Je suis comme Rafael Nadal avec mes bouteilles. Je les place très bien. Je dois toujours faire aussi mes changements de terrain du même côté. Sinon, je vais me sentir bizarre durant le match. Si je gagne, je vais conserver le même réchauffement en vue du match suivant.»

Et la joueuse de tennis dans tout ça? Comment se décrit Ariane Souligny?

«Je suis une joueuse très explosive capable de bien me déplacer sur le terrain et de bien bouger la balle. Je prends aussi très bien la balle sur le rebond. Ça laisse moins de temps à mes adversaires pour réagir.»

En revanche, Souligny avoue devoir améliorer un aspect particulier de son jeu.

«Mon service, surtout le premier», indique-t-elle.