Samuel Angers est devenu champion senior québécois le week-end dernier.

Cocktail émotif pour les patineurs locaux

Certains souriaient, d'autres avaient le goût de pleurer. Ce fut un vendredi émotif pour les patineurs locaux aux championnats canadiens.
Par où commencer?
Tiens par un gars heureux, Paul Poirier, un Franco-Ontarien qui a grandi à Cornwall avant de poursuivre sa carrière à Toronto. Sa partenaire Piper Gilles et lui ont pris le quatrième rang en danse après le programme court.
Les trois premiers duos après le programme long présenté ce soir sur le coup de 21h obtiendront leur billet olympique.
Déçu, Poirier? Pas vraiment. Au contraire. «C'est déjà un miracle que je suis ici», a dit l'Olympien de 2010 en regardant vers le sol.
En mai, un bête accident à l'entraînement l'a mis hors de combat pendant cinq mois. La lame de son patin droit est restée coincée dans la glace.
Résultat: sa jambe a écopé. Et comment! «J'ai subi des fractures multiples à la jambe. Ma cheville a été disloquée. Plusieurs ligaments ont été déchirés», a raconté Poirier, âgé de 22 ans.
Ce dernier a patiné vendredi devant sa mère et des amis. Samedi, une grosse délégation de l'Est ontarien est venue l'encourager.
Dans le lot, il y avait sa grand-maman Claudette.
Si Poirier a vécu l'expérience olympique il y a quatre ans à Vancouver, ce n'est pas le cas de sa nouvelle partenaire, une Américaine de l'Illinois. Le duo patine ensemble depuis trois ans.
Piper Gilles a obtenu sa citoyenneté à la mi-décembre. «Et son passeport la semaine dernière», a noté Poirier en souriant à nouveau.
Chartrand chute
Deux autres athlètes locaux étaient en action, vendredi, au domicile des Sénateurs d'Ottawa.
Même si aucune larme ne coulait sur son visage, Alaine Chartrand cachait tout de même très mal sa déception. Une chute dès les premières secondes de sa prestation a plombé son rêve olympique.
La représentante du club de Nepean occupe le cinquième rang après le programme court chez les femmes. Seulement les deux meilleures patineuses seront retenues en vue des Jeux.
Chartrand s'est vue octroyer un score de 53,89, huit points de moins que la vétérante Amélie Lacoste, de Delson, qui occupe le deuxième rang.
«Ce n'est pas ce que je voulais, a laissé tomber la jeune femme qui s'entraîne parfois à Aylmer.
«Je ne sais pas ce qui s'est produit lors de mon deuxième triple saut. Tout allait pourtant bien...», a-t-elle ajouté, visiblement ébranlée.
La foule lui avait réservé le plus bel accueil parmi les 18 participantes chez les femmes.
Chartrand, c'était le grand espoir local. On l'a vu sur toutes les tribunes dans les derniers jours.
Beaucoup de pression pour une jeune femme âgée de seulement 17 ans, qui concourt encore dans les rangs juniors sur la scène internationale. Sa troisième position l'an dernier à ces mêmes championnats canadiens l'a toutefois catapulté parmi les favorites.
Angers touche la glace
Chez les hommes, le Gatinois Samuel Angers a pris le 16e rang au programme court. Sa seule erreur a toutefois été coûteuse. Il a posé la main sur la glace en tentant d'atterrir un saut.
«J'ai perdu cinq ou six points là...», a-t-il avoué. «Je ne suis pas super-content, mais je ne suis pas déçu non plus.»
À noter, Angers s'avère le patineur le plus grand en simple. Il fait presque 6' 1". À l'opposé, le jeune Roman Sadovsky ne mesure que 5' 3".