La récolte de cerfs matures s’est améliorée au cours de la saison de chasse 2017 en Outaouais.

Une récolte de cerfs améliorée

CHRONIQUE / Selon les indications, la récolte de cerfs matures s’est améliorée au cours de la saison de chasse 2017 en Outaouais et ce, au grand plaisir de nombreux chasseurs sportifs.

D’ailleurs, plusieurs ont profité de l’ajustement chronologique effectué par le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) qui a retardé l’ouverture de la chasse avec armes à feu d’une semaine cette année. Cette modification, qui est effectuée aux sept ans environ, a permis la récolte de cerfs plus âgés surtout que la dernière semaine de chasse coïncidait avec le pic du rut annuel. Ce facteur a également favorisé un succès de chasse qui se voulait décroissant au fil des dernières années dans notre région.  

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Cette année, le secteur de la faune et des parcs du Ministère a également entrepris un nouveau projet d’expérimentation d’une restriction de la taille légale des bois (RTLB) chez le cerf de Virginie dans les zones de chasse 6 nord et 6 sud, situées majoritairement dans la région de l’Estrie. Ce projet découle des propositions provenant de partenaires fauniques et a fait l’objet d’une recommandation de la Table nationale de la faune. C’est un outil de gestion qui a pour but de modifier la structure d’âge d’une population de cerfs en épargnant lors de la chasse les jeunes mâles d’un an et demi, très représentés dans la récolte, pour leur donner le temps de développer leur masse corporelle et leur bois. Pour ce faire, une modalité relative à la restriction de la taille légale des bois restreint la chasse aux cerfs mâles à ceux possédant un certain nombre de pointes d’un côté du panache. Pour la durée de ce projet (cinq ans), un cerf mâle adulte doit posséder au moins trois pointes de 2,5 cm ou plus d’un côté du panache pour pouvoir être abattu. D’ailleurs, cette méthode sur la restriction sur la taille des bois figure depuis longtemps parmi les diverses mesures préconisées avec succès par l’association Quality Deer Management. Un nombre adéquat de mâles au sein du troupeau demeure prioritaire afin que la majorité des femelles puissent se reproduire au cours leur première période de l’œstrus. Sinon, ils tenteront de se reproduire dans une période rapportée qui peut varier entre deux semaines à un mois. Quand cela se produit, le faon est né plus tard à l’été et ses chances de survivre l’hiver deviennent très limitées. Comme plusieurs chasseurs de notre région, je suis de l’avis que l’état actuel du cheptel en Outaouais justifierait la mise en application d’une telle règlementation.

Il existe malheureusement un ombre au tableau. Malgré les bonnes intentions du MFFP, la limite de la récolte ainsi que les frais supplémentaires du permis RTLB (10 $) en Estrie pourraient avoir comme effet de décourager bon nombre d’adeptes. Étant donné que le permis de chasse au cerf est valide dans la plupart des zones de chasse du Québec, ces derniers pourraient très bien se pointer ailleurs pour chasser. Cela aurait donc comme effet d’augmenter la pression de chasse dans les autres zones, telle que l’Outaouais et dont la population du cheptel se trouve présentement dans un état fragile. D’ailleurs, ce fait est justifiable en raison de l’interdiction de récolter les cerfs femelles dans la zone 10 est depuis 2014.   

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Malgré les effets positifs à long terme de cette initiative, la tarification supplémentaire reliée au permis RTLB ne fait certes pas l’unanimité au sein de la communauté des chasseurs. Plusieurs déclarent que ce sont plutôt les revenus générés par la vente des permis de chasse qui devraient servir à financer l’ensemble de ce projet. Bref, c’est un fait bien connu que seulement une mince partie de l’argent versé annuellement au MFFP par les chasseurs sportifs, est réinvestie dans la gestion de leur activité favorite.