En date du 11 décembre dernier, 13 753 armes à feu étaient enregistrées par des résidents de l’Outaouais.

Un registre d’armes à feu controversé

CHRONIQUE CHASSE ET PÊCHE / Au Québec, les chasseurs sportifs et propriétaires d’armes à feu ont jusqu’au 29 janvier pour se conformer au nouveau registre québécois. Présentement, très peu d’entre eux les ont enregistrées au Service d’immatriculation d’armes à feu du Québec (SIAF). Il est donc évident que des milliers de propriétaires d’armes à feu sont résolus à défier cette loi jusqu’au bout !

Selon le gestionnaire responsable du SIAF, Clément Robitaille, 267 922 armes à feu étaient enregistrées sur l’ensemble du Québec, en date du 11 décembre dernier, dont 13 753 par des résidents de l’Outaouais. Cela représente un peu plus de 15 % de l’ensemble des armes sur le territoire québécois, soit environ 1,6 million. Depuis le début décembre, on compte entre 1500 et 2000 armes à feu enregistrées quotidiennement. Pour éviter des amendes, il est important de se conformer rapidement sur le site www.siaf.gouv.qc.ca, ou bien par la poste avant la fin de la période de grâce. Le SIAF a également procédé à une grande distribution d’un rappel d’enregistrement aux détenteurs d’un Permis de possession et acquisition (PPA). Cet avis serait perçu par certains comme de l’intimidation pour les contraindre à enregistrer leurs armes à feu.

Un traitement discriminatoire

C’est avec un décorum qui lui est familier que le rédacteur en chef du magazine Sentier Chasse-Pêche, Louis Turbide, a livré un message au nouveau gouvernement québécois. Son éditorial figurait dans l’édition de décembre-janvier 2019, dont voici quelques extraits adressés principalement au premier ministre.

« Monsieur Legault, au cours des dernières années vous avez crié haut et fort que si vous deveniez premier ministre, vous feriez le ménage et vous élimineriez le gaspillage. Les propriétaires d’armes à feu du Québec trouvent aberrant d’être traités différemment des autres citoyens du reste du Canada. Au nom des centaines de milliers de propriétaires d’armes à feu québécois qui se sentent lésés, je vous demande de mettre la hache dans ce système inutile et de mettre fin au gaspillage de fonds publics. Les propriétaires d’armes à feu du Québec continuent de bouder ce registre instauré par les libéraux à la fin de janvier 2018. Il s’agit d’un véritable fiasco dont le gouvernement caquiste à hérité et pour lequel il devra trouver une solution très rapidement. Jamais une loi votée à l’Assemblée nationale n’a été aussi contestée que présentement au point d’en arriver à voir la très grande majorité des personnes concernées songer sérieusement à défier la loi. J’espère que notre nouveau premier ministre est conscient qu’il a une “patate chaude” entre les mains et que les premiers mois du règne caquiste risquent d’être assez ardus à gérer. En région, le Parti libéral a été rayé de la carte électorale, et le système d’Immatriculation des armes à feu n’est pas étranger à ces résultats. Si ce système était si important pour assurer la sécurité des citoyens d’une province canadienne, pensez-vous sérieusement que seul le Québec aurait légiféré à ce sujet ? »

L’éditorial en question a également été publié sur la page Facebook du magazine, sur laquelle on encourage les lecteurs à partager ce lien et identifier (taguer) le premier ministre québécois dans leurs commentaires. Après seulement 24 heures, cette publication a fait fureur avec 190 000 personnes atteintes, 4700 partages et plus de 1000 commentaires.

Plusieurs propriétaires d’armes estiment que cette loi aurait été adoptée pour aller chercher le vote des supporteurs du lobby pro-registre lors du dernier scrutin. Ils s’expliquent mal que nos politiciens aient décidé de ressusciter un tel registre, à la suite de l’échec monumental du défunt registre fédéral. En plus d’avoir occasionné le gaspillage de milliards de dollars des contribuables du pays pendant deux décennies, ce dernier s’est avéré à la fois inefficace et inutile. De toute évidence, l’ensemble des provinces canadiennes ont compris la leçon... sauf le Québec !