La saison de la chasse et de la pêche a pris son envol vendredi au Québec.
La saison de la chasse et de la pêche a pris son envol vendredi au Québec.

Un casse-tête pour les amateurs et les pourvoyeurs

Même si les dates d’ouverture des saisons de chasse et de pêche sont maintenues par Québec, les amateurs de ces sports de plein air risquent de vivre une année bien différente de celles auxquelles ils sont généralement habitués.

La saison de la pêche a pris son envol vendredi au Québec, tout comme la chasse au dindon sauvage. La chasse à l’ours sera pour sa part lancée le 15 mai prochain, à l’instar des activités de trappage et de piégeage.

Le maintien de ces dates au calendrier donne à première vue l’impression que la pêche et la chasse auront lieu sans embrouille, comme à tous les ans, ce printemps et cet été. Les mesures de distanciation sociale peuvent certainement être respectées en nature. Cependant, si les autorités continuent de restreindre les déplacements intrarégionaux, cela deviendra de toute évidence complexe pour les pêcheurs ou les chasseurs de se rendre à leur endroit de prédilection pour pratiquer leur sport.

« Ce ne sera pas comme les autres années. Ça va être bien différent, c’est sûr. Pour le monde rural, ça ne changera pas grand-chose parce que nous avons des lacs accessibles sur nos territoires. Si tu y vas avec ta famille qui habite la même adresse, il n’y a pas de problème. Tu peux même prendre deux véhicules pour te rendre au lac. Mais comme on ne peut pas changer de MRC, c’est pour les gens de la ville que ça va changer quelque chose », lance Frédéric Fillion, président de l’Association des chasseurs, pêcheurs, trappeurs et archers de la Petite-Nation, organisme qui regroupe quelque 250 membres dans ses rangs.

Les amateurs devront s’habituer à cette nouvelle réalité, estime Mme Fillion.

« C’est sûr que c’est une situation particulière cette année, mais il y a des choses plus graves que nos petits plaisirs de chasse et pêche. On va suivre ce que le gouvernement va nous dire. Nous sommes déjà chanceux que les dates d’ouverture des saisons soient restées ouvertes », affirme ce dernier.


« Le gouvernement a beau maintenir les dates d’ouverture pour la pêche et la chasse, si les gens sont interdits au territoire, ça donne quoi ? »
François Poirier, propriétaire de la pourvoirie Territoire de pêche et de chasse Poirier

Les villégiateurs américains

Les propriétaires de pourvoiries de la région sont probablement ceux qui pourraient souffrir le plus des mesures gouvernementales en place, dans les semaines à venir, si le statu quo demeure en terme notamment d’interdiction de circuler entre les secteurs de l’Outaouais.

« Le gouvernement a beau maintenir les dates d’ouverture pour la pêche et la chasse, si les gens sont interdits au territoire, ça donne quoi ? Quelqu’un veut partir de Gatineau pour s’en venir en région, il ne peut pas passer. Il est là le gros hic », résume François Poirier, propriétaire de la pourvoirie Territoire de pêche et de chasse Poirier, à Maniwaki.

Le maintien de la fermeture de la frontière canado-américaine pourrait aussi faire mal à ces entreprises qui comptent sur une importante clientèle en provenance des États-Unis.

« La seule annonce qui est encourageante un peu, c’est que la frontière pourrait ouvrir le 21 mai. Si la date demeure, on va pouvoir rescaper notre été avec ça », espère M. Poirier.

Le Pourvoyeur de l’Est canadien, entreprise qui gère notamment la Pourvoirie Mer Bleue à Gracefield, dans la Haute-Gatineau, compte aussi sur un bassin considérable de villégiateurs américains. Le propriétaire de l’entreprise, Rob Hargue, soutient que 75 % de ses clients qui viennent profiter des 26,8 kilomètres carrés de territoire de sa pourvoirie de Gracefield sont Américains.

« Habituellement, les revenus que je fais en mai et juin, c’est environ 50 % des revenus que je peux faire dans une année. Toute la situation actuelle a un gros impact », précise l’homme d’affaires.

Afin de pallier l’absence anticipée de cette clientèle et pour éviter de trop grandes pertes monétaires, M. Hargue tentera de mousser son produit auprès des gens de l’Outaouais. « Je devais avoir un plan B. J’ai déjà commencé à cibler les gens de la région. Je vais probablement offrir des forfaits pour des familles et ce genre de chose pour attirer la clientèle locale », dit-il.