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Jean Larivière
Expert-conseil Chasse et pêche — Collaboration spéciale
Jean Larivière
Les chasseurs sont de plus en plus nombreux à réclamer l’application de la mesure de Restriction de la taille limite des bois afin de remédier au débalancement du ratio mâle/femelle.
Les chasseurs sont de plus en plus nombreux à réclamer l’application de la mesure de Restriction de la taille limite des bois afin de remédier au débalancement du ratio mâle/femelle.

Troupeaux de cerfs en situation précaire !

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CHRONIQUE / La saison 2020 de la chasse au cerf est maintenant terminée et selon les commentaires émis sur les médias sociaux, cette dernière s’est avérée des plus décevante spécialement en Outaouais ainsi que dans plusieurs zones du Québec. Selon plusieurs chasseurs d’expérience et professionnels du domaine, les gestionnaires de la faune du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) devront prendre des mesures correctives dès la prochaine saison afin d’assurer la pérennité des cerfs dans certains secteurs qui affichent une faible densité qui serait, selon les observations, à un point précaire dans plusieurs zones.

On réclame le RTLB

Ils sont de plus en plus nombreux depuis quelques années à réclamer l’application de la mesure de Restriction de la taille limite des bois (RTLB) afin de remédier au débalancement du ratio mâle/femelle, qui est en grande partie responsable de la problématique qui ne cesse de s’accentuer dans plusieurs zones de chasse. Selon le chasseur professionnel et commerçant, Stéphane Monette, « les gestionnaires du MFFP doivent agir rapidement pour mettre fin au déclin préoccupant des troupeaux dans plusieurs zones avant qu’il ne soit trop tard. Nous sommes dans une situation de minuit moins une dans plusieurs secteurs qui pourraient se retrouver dans une situation désastreuse advenant un prochain hiver rigoureux. » Il précise que l’application du RTLB dans plusieurs zones est d’une urgence primordiale et que dorénavant les gestionnaires se doivent d’appliquer une méthode de microgestion spécifique à chaque zone et sous zone qui est touchée présentement par ce genre de situation précaire.

Il n’existe aucun doute que sa vision de la situation fait l’unanimité si l’on se fie aux commentaires des téléspectateurs de son émission Web hebdomadaire On jase (de chasse, pêche et plein air). Depuis les quatre dernières années, le RTLB est appliqué à titre expérimental dans les secteurs Nord et Sud de la zone 6 en Estrie. Selon la majorité des chasseurs qui les fréquentent, la qualité de l’expérience de chasse et la maturité des mâles récoltés ne cessent de s’améliorer depuis son instauration.

Lors d’une entrevue diffusée sur Internet dernièrement, le biologiste du MFFP, François Lebel, a confirmé que le ministère se concentrait présentement à cumuler des données scientifiques sur le RTLB avant de considérer son instauration ailleurs au Québec. Toujours selon ce dernier, le programme se termine en 2021 et sera suivi de l’analyse finale des résultats de ce projet expérimental.


« Les gestionnaires du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs doivent agir rapidement pour mettre fin au déclin préoccupant des troupeaux dans plusieurs zones avant qu’il ne soit trop tard. »
le chasseur professionnel et commerçant, Stéphane Monette

J’avoue ne pas être biologiste ou technicien de la faune. Par contre, j’appuie les mesures correctives proposées par nos chasseurs sportifs de la zone 10 dont plusieurs déplorent le faible taux de succès, la rareté du gibier et une expérience de chasse décevante qui ne semblent plus justifier le temps et dépenses encourues. Les principales lacunes principales évoquées par les chasseurs du secteur Ouest consistent en la faible densité de femelles et un manque très évident de mâles. Lors d’une récente entrevue dans Le Journal de Montréal, le spécialiste du Quality Deer Management (QDM), Luc Brodeur, a spécifié que l’idéal serait d’avoir des cheptels composés de 1,3 femelle pour chaque mâle. Il est évident que l’application du RTLB ainsi que la suspension complète de la récolte des cerfs sans bois pour une période minimale de 2 ans aideraient à corriger la situation. L’efficacité de cette mesure pourrait être vérifiée par le biais d’un inventaire aérien à la suite de cette période expérimentale.

Dans le secteur Est de la zone, on rapporte majoritairement une densité acceptable de femelles (sauf pour le secteur ZSR) surtout en raison des diverses mesures restrictives de la récolte des cerfs sans bois mise en place par le MFFP depuis 2010. Mais il est évident qu’il existe un sérieux déficit au niveau de la concentration des cerfs mâles, ce qui est attribuable à une pression de chasse soutenue depuis un trop grand nombre d’années.

Somme toute, le message des chasseurs semble clair et consistant. Le MFFP aurait intérêt à entreprendre les mesures nécessaires afin de prioriser la qualité de l’expérience offerte à leur clientèle actuelle et à la relève. Il serait également souhaitable que les gestionnaires de notre faune considèrent l’idée de déroger du plan de gestion 2020-2027 surtout en ce qui concerne la possibilité de récolter deux gibiers par chasseur à l’intérieur des zones à faible densité de cerfs et de l’application du RTLB.