La population chancelante du troupeau dans la zone 10-Ouest a entraîné en une baisse progressive du succès de chasse au cours des dernières années.

Succès de chasse décroissant

CHRONIQUE / Le cheptel de cerfs en Outaouais a été assujetti à des hivers rigoureux successifs, depuis 2014, à un point tel que sa population risque de se retrouver en situation précaire. La saison en cours s’annonce également difficile et le taux de mortalité risque de s’amplifier si les frasques de Dame Nature persistent au cours du mois de mars. Par ailleurs, la population chancelante du troupeau dans la zone 10-Ouest a entraîné en une baisse progressive du succès de chasse au cours des dernières années, ce qui pourrait justifier la mise en place de mesures préventives dès la prochaine saison de chasse.

En janvier dernier, le biologiste et directeur responsable de la gestion de la faune de l’Outaouais du Ministère de la Forêt, la Faune et les Parcs (MFFP), André Dumont, a indiqué que « la concentration de cerfs actuelle est considérée normale et aucune mesure préventive de chasse est prévue dans le secteur Ouest pour l’automne 2019 ». Par contre, le ministère demeure vigilant en ce qui concerne la rigueur des hivers et son effet sur la population des cerfs.

Les commentaires exprimés par M. Dumont ne feront pas l’unanimité parmi les chasseurs de la 10-Ouest, surtout en raison de la rareté ou de l’absence de cerfs dans plusieurs secteurs autrefois achalandés, ainsi que le faible taux du succès de chasse des cinq dernières années. La très grande popularité et la forte concentration de chasseurs de la zone 10-Ouest est surtout attribuable au succès exceptionnel des années 2002 à 2007, avec une récolte annuelle de 8555 bêtes, en moyenne. Ce taux de récolte remarquable n’a pas tardé à attirer des chasseurs de tous les coins du Québec, ainsi que des provinces voisines.

Mais à la suite de la perte d’une grande partie du cheptel lors des hivers néfastes de 2008-2009, le succès de chasse a affiché une baisse considérable de 2008 à 2013, avec une récolte annuelle moyenne de 5135 cerfs, plus de 3400 de moins que les années précédentes.

Bien que les cerfs soient résilients et qu’ils ont profité de quelques hivers cléments, la récolte annuelle a continué de chuter à partir de 2014, avec une moyenne annuelle de 4130 cerfs, soit un millier de bêtes de moins que les années précédentes. En 2014, le ministère a mis en place des mesures préventives pour le cheptel du secteur « Est » de la zone 10 avec l’interdiction complète de récolter les femelles et les faons pendant 4 ans. Par contre, plusieurs chasseurs se demandent pourquoi aucune action similaire n’a été prise pour le secteur « Ouest », malgré la baisse progressive et évidente du succès de chasse. Les conditions de chasse pénibles dans l’Ouest en ont découragé plusieurs, l’automne dernier. Certains se sont déplacés vers d’autres zones, tandis que d’autres ont décidé de chasser en Ontario, malgré le prix onéreux du permis des non-résidents.

Des chasseurs coopératifs

Dans l’éventualité où le ministère déciderait d’appliquer des mesures de chasse préventives dans le secteur 10-Ouest, cette année, il n’existe aucun doute que la majorité des chasseurs seront favorables aux restrictions imposées. Un récent sondage de la Fédération québécoise des pêcheurs et chasseurs (FédéCP) révèle que 70 % des chasseurs québécois accepteraient que la récolte de cerfs sans bois soit contrôlée entièrement par un tirage au sort pour tous les engins de chasse. Il en serait de même advenant la mise en application de la Règlementation sur la taille limite des bois, en raison de la faible concentration évidente de jeunes cerfs mâles en Outaouais.

Notre cheptel de cerfs n’est pas une ressource inépuisable. C’est notre devoir d’assurer sa pérennité pour les générations futures.