Jean Larivière
Expert-conseil Chasse et pêche — Collaboration spéciale
Jean Larivière
En Outaouais, les quatre derniers jours de chasse coïncideront avec le «pic du rut».
En Outaouais, les quatre derniers jours de chasse coïncideront avec le «pic du rut».

Stratégies avantageuses pendant le «rut»

CHRONIQUE / La période du rut bat son plein un peu partout en province à cette période de l’année et les cerfs mâles s’affairent à délimiter leur territoire et à regrouper les femelles en prévision du rituel traditionnel de reproduction.

Mais cette « période des amours » représente un défi de grande taille pour de nombreux chasseurs sportifs et plus particulièrement ceux qui chassent dans les régions avec une faible densité de cerfs et un déséquilibre au niveau du ratio mâle/femelle. Parmi ces secteurs défavorisés, on retrouve sans aucun doute la zone de chasse 10-Outaouais.

Modifications et adaptations

Dès l’ouverture de la chasse en novembre, les forêts fourmillent de chasseurs et leur présence répétée a l’effet de modifier rapidement les habitudes des cerfs. 

Pour un certain temps, les femelles et faons auront plutôt tendance à fréquenter les sites nourriciers la nuit et moins fréquemment le jour. D’autre part, et contrairement aux semaines précédentes, les mâles délaissent complètement les sites nourriciers de jour pour les visiter occasionnellement la nuit. Cette suite d’événements décourage souvent plusieurs chasseurs, mais le temps est venu d’être imprévisible à leur tour afin de déjouer le gibier convoité. 

Voici donc une stratégie populaire qui risque de vous porter ses fruits. Après quelques jours sans succès en affût, il s’agit de faire un peu de prospection sur votre territoire et de placer des caméras de détection à des endroits stratégiques le long des sentiers achalandés afin de vous familiariser avec les endroits et heures de déplacements des cerfs. Il s’avère donc important en cette période de vérifier vos caméras tous les jours et de noter les heures légales de chasse que les cerfs y sont présents. 

Devant l’absence de grattages actifs, il est sage de créer une série ou ligne de faux grattages au sol en y appliquant de l’urine synthétique de mâle en rut dans ce dernier et d’appliquer de l’odeur de glande préorbitale sur les bouts d’une branche qui surplombe votre grattage à environ 5-6 pieds d’élévation. Par la suite, il s’agit de trouver un site d’affût naturel ou d’ériger une tente de camouflage entre la série de grattages avec le but d’embusquer le gibier. Il s’agit d’une pratique qui a connu beaucoup de succès au fil des années. 

Pour ceux qui désirent demeurer en affût dans leur mirador, il est possible d’appliquer cette stratégie de manière à ce que le gibier croise votre repère quand il suivra vos lignes d’odeur. Lors de vos déplacements en forêts, il est toujours sage de porter des blocs senteurs au niveau de vos bottes après les avoir imbibés soit d’urine de mâle en rut ou de femelle en chaleur afin de camoufler votre odeur et de laisser une trace d’odeur qui pourrait attirer l’attention du mâle. Une fois arrivé à votre site, il est bon de les suspendre sur une branche à environ 15-20 pieds de votre affût et à une hauteur de 3 pieds du sol. 

S’il vous arrive de découvrir des grattages actifs lors de votre prospection, simplement ajouter de l’urine de mâle sur ce dernier et vous embusquer en prenant soin d’être à bon vent. Un rappel que les mâles visitent leurs grattages à la suite d’une pluie ou de neige pour les rafraîchir. Il existe d’autres techniques pour attirer le gibier telles que la vocalisation du mâle « grunt » ou bien le bêlement de la femelle en chaleur. Il est également possible de simuler un combat territorial entre mâles en frottant des bois ensemble. Par contre, il est important dans les deux cas de ne pas exagérer au niveau de la durée des appels ou du combat.

En Outaouais, les quatre derniers jours de chasse vont sans doute coïncider avec le « pic du rut » et ce sera sans doute à l’avantage des chasseurs persistants. Bonne chasse à tous !