Jean Larivière
Expert-conseil Chasse et pêche — Collaboration spéciale
Jean Larivière
L’abolition du test pratique pour les futurs archers-chasseurs représente par contre une nouvelle très décevante, selon la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.
L’abolition du test pratique pour les futurs archers-chasseurs représente par contre une nouvelle très décevante, selon la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.

Nouvelle entente sur la formation des chasseurs

CHRONIQUE / C’est fait. Après des mois de négociations ardues, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a finalement signé une entente avec la filiale éducative de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), Sécurité nature, afin de poursuivre la prestation des cours menant à l’obtention du certificat de chasseur. L’entente, d’une durée de cinq ans, prévoit que les cours d’initiation à la chasse avec armes à feu et d’initiation à la chasse à l’arc ou arbalète se donneront exclusivement en ligne.

Le président de Sécurité nature, Jacques Parent, ne s’en cache pas. Dans une missive envoyée aux monitrices, moniteurs et membres des associations, il souligne que les négociations se sont butées à l’intransigeance et la fermeté du ministère, ce qui a eu pour effet de réduire leur marge de manœuvre.

Par exemple, aucune augmentation du prix des cours ne sera autorisée au-delà de l’indice des prix à la consommation, ce qui entraînera inévitablement une perte financière pour la fondation et la fédération. De plus, les tests pratiques à l’arc ont été abolis, malgré les vigoureuses objections formulées par la FédéCP. Par conséquent, les adeptes ayant obtenu leur certificat de chasse à l’arbalète, codé B, se voient également reconnaître le droit de chasser à l’arc. Par ailleurs, les négociations portant sur le cours canadien de sécurité sur le maniement des armes à feu sont toujours au neutre, puisque le ministère de la Sécurité publique s’attarde aux priorités reliées à la COVID-19. Par contre, se réjouit M. Parent, la mise en ligne des cours permettra de répondre à une demande grandissante de la clientèle. Depuis la signature de l’entente, le 24 juillet dernier, déjà 1500 personnes se sont inscrites au cours d’initiation à la chasse avec armes à feu en ligne, ce qui est très positif.

Selon le directeur général de la FédéCP et de Sécurité nature, Alain Cossette, l’abolition du test pratique pour les futurs archers-chasseurs représente par contre une nouvelle très décevante. Il rappelle que la FédéCP assume la responsabilité de la certification des chasseurs québécois depuis plus de 50 ans. Selon les statistiques des trois dernières années, pas moins de 559 candidats ont échoué leur test pratique initial à l’arc, soit une moyenne de 186 par année.

Pour ma part, j’ai déjà eu le plaisir d’œuvrer à titre de moniteur PESCOF du module chasse à l’arc dans la région de l’Outaouais. Pendant huit ans, j’ai participé à la formation et la certification de nombreux archers-chasseurs. À mes yeux, le ministère fait fausse route avec l’abolition du test pratique pour ce module. Fort de cette expérience, il m’apparaît évident que pour un novice de chasse sportive, la familiarisation à l’utilisation efficace de cette arme s’avère bien plus difficile et exigeante qu’avec l’arme à feu ou l’arbalète. L’examen de tir permettait de vérifier le niveau de compétence des candidats dans l’utilisation de cet engin, avant de leur accorder une certification permettant son utilisation lors de la chasse sportive. Maintenant, le Nouveau-Brunswick demeure la seule province au pays à exiger ce test pratique. Selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, le Québec s’adapte ainsi aux pratiques courantes en Amérique du Nord, avec les formations de chasse en ligne et l’exemption d’un test pratique pour archers.

Outre ces nouvelles mesures, il est également possible que le cours de chasse au dindon sauvage soit également supprimé dès 2026 !