Le propriétaire de la boutique l’Archerot de Gatineau, Daniel Larocque.

Des chasseurs sportifs se mobilisent

CHRONIQUE - CHASSE ET PÊCHE / Au Canada, l’enregistrement des armes à feu sans autorisation restreinte est obligatoire uniquement au Québec, depuis le 29 janvier dernier. Et le mécontentement de milliers de chasseurs et propriétaires d’armes à feu continue à se faire ressentir à travers la province.

Une initiative a été lancée tout récemment par le rédacteur en chef du magazine Sentier Chasse-Pêche (SentierCP), Louis Turbide, en collaboration avec la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec (FédéCP) et son directeur général, Alain Cossette. On souhaite notamment « dénoncer certaines aberrations administratives présentes dans le processus d’immatriculation des armes à feu », explique M. Turbide, mais aussi « établir une stratégie sérieuse pour sensibiliser tous les partis politiques sur l’inutilité de l’implantation de ce registre » et « les forcer à prendre position » avant les prochaines élections.

Cette initiative a obtenu l’appui de 31 signataires reliés à l’industrie de la chasse sportive, dont la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec, la Fédération des pourvoiries du Québec, la Fédération des trappeurs du Québec ou encore la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs.

Contraintes bureaucratiques
Les instigateurs identifient trois irritants majeurs dans la réglementation du registre. Le premier concerne « l’obligation de signaler la modification du lieu où est gardée une arme à feu si elle se retrouve hors du lieu initial pour 15 jours ou plus. Il existe plusieurs scénarios dans les déplacements des chasseurs dans lesquels ils se trouveraient involontairement en situation d’infraction. De plus, ce genre de contrôle est considéré exagéré, excessif et comparable à celui des armes à autorisation restreinte. On demande donc que cette obligation soit rayée. »

Le deuxième accroc touche « l’obligation de fournir, sur demande des agents de la paix, le numéro d’immatriculation d’arme à feu assigné par le registre (NIAF). Et ce, même si aucune carte ou étiquette affichant ce numéro n’est remise au chasseur lors de l’enregistrement de l’arme. On demande plutôt que cette exigence soit remplacée par l’obligation de fournir uniquement le numéro de série qui est gravé sur l’arme à feu. Cela s’avère plus facile et logique comparativement à chercher pour un bout de papier ou autre endroit que le chasseur aurait noté le NIAF ».

Enfin, l’obligation de fournir la longueur du canon de l’arme est une autre pomme de discorde. Selon la FédéCP, « il paraît franchement inutile d’exiger la longueur du canon d’une arme puisque de nombreuses armes peuvent posséder plus d’un canon de longueur et calibre différents. Utiliser cette caractéristique à des fins d’identification ne peut que causer de la confusion. On demande donc de retirer cette exigence ».

Pour les organisateurs de cette importante prise de position, il s’avère essentiel que les chasseurs se mobilisent et s’engagent à communiquer par écrit à leur député et aux chefs des partis politiques provinciaux pour afficher leur position. De façon à faciliter la tâche des chasseurs intéressés, une lettre type est disponible en accédant à leurs sites Web. Vous y trouverez également un lien vers site de l’Assemblée nationale avec l’adresse courriel individuelle des députés.

Un commerçant inquiet
Selon le propriétaire de la boutique l’Archerot de Gatineau, Daniel Larocque, l’entrée en vigueur du registre d’armes à feu québécois représente une perte de revenus considérable. Commerçant dans une ville frontalière, il dit craindre de voir sa clientèle se diriger du côté ontarien pour leurs achats, pour éviter l’enregistrement obligatoire. Sans compter que la fermeture de la chasse au caribou migrateur signifie une baisse de ventes au niveau des équipements spécialisés, comme les munitions, les jumelles et les lunettes de tir à longue distance. Selon lui, le nouveau registre a eu l’effet d’une douche froide sur la vente d’armes à feu, qui avait connu un essor à la suite de l’abolition du registre fédéral.

Le Québec compte actuellement un peu plus d’un million de chasseurs certifiés. Il sera intéressant de constater si cette campagne de sensibilisation, initiée par SentierCP et la FédéCP, saura générer l’intérêt souhaité.