Les changements climatiques ont modifié les habitudes de certains gros gibiers.

Bilan de la chasse au gros gibier en 2018

CHRONIQUE / Les changements climatiques ont eu pour effet de modifier les habitudes de certains gros gibiers et, par le fait même, d’augmenter d’un cran le défi des chasseurs sportifs. On n’a qu’à penser aux périodes de sécheresse de l’été dernier, aux grands vents et aux journées chaudes en période de chasse à l’automne, ou encore à la série de saisons hivernales rigoureuses des dernières années.

Malgré cela, les chasseurs sportifs ont maintenu un succès de chasse égale en province, et supérieur aux années précédentes dans certains cas.

L’orignal

Selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), un total de 19 696 orignaux ont été récoltés en 2018, soit 14 329 mâles au cours de cette année «restrictive» de chasse. Par contre, 2680 femelles et 2687 faons ont été prélevés dans les quelques zones d’exception. Cette récolte demeure inférieure par rapport à la dernière saison de chasse restrictive (interdiction de récolter des femelles dans certaines zones d’exploitation) de 2016. Cette situation s’explique par la diminution des permis vendus (-3325), ainsi que le manque de conditions météorologiques idéales pour pratiquer cette activité sportive. Le nombre de mâles récoltés en 2018 permet au ministère d’affirmer que la tendance des populations est stable à l’échelle du Québec, et ce, depuis le début de la mise en place du plan de gestion 2012-2019.

L’ours noir

Selon le bilan de la chasse et du piégeage de l’ours noir du MFFP, 6513 bêtes ont été récoltées durant la saison 2018. Cela représente une hausse appréciable de 28% par rapport à la récolte moyenne des cinq dernières années. Avec 18 277 permis vendus, le nombre de chasseurs est en hausse et leur succès de chasse atteint 31 %. Comme par les années précédentes, la saison printanière, qui s’étend du 15 mai au 30 juin, est celle qui rassemble le plus grand nombre d’adeptes, tant à la chasse qu’au piégeage. En Outaouais, la récolte totale était de 1048 ours en 2018, soit 439 bêtes de plus que l’année précédente. Il faut préciser que les chasseurs à l’arc et à l’arbalète ont été choyés en présaison, à la fin septembre, avec une présence soutenue des ursidés à leurs sites d’appâts. Les chaleurs tropicales de l’été dernier et l’insuffisance de pluie ont provoqué un manque de nourriture essentielle à la fin de l’été pour les ours qui doivent accumuler leur réserve de gras en prévision de la période d’hibernation. Cela a également occasionné un bon nombre de présences nuisibles dans les territoires urbains et périurbains.

Le cerf de Virginie

À l’échelle de la province, la saison 2018 se traduit par une récolte de 53 517 cerfs réalisée par 138 400 chasseurs, portant le taux de succès de chasse au Québec (sauf l’île d’Anticosti) à 35 %. C’est l’un des meilleurs des dix dernières années. Bien que la récolte soit stable à l’échelle du Québec par rapport à 2017, on peut observer des variations entre les régions. La zone de chasse 10 - Outaouais figure parmi celles dont le cheptel de cerfs a connu une baisse notable au cours des cinq dernières années, tel que reflété dans les résultats du succès de chasse. Dans le secteur Ouest, la récolte était de 4085 cerfs, tandis que dans la zone Est, on enregistre une légère hausse avec le prélèvement de 1717 cerfs en raison d’un tirage au sort limité pour cerfs sans bois, le premier depuis la saison 2014. Ce n’est pas un secret: le cheptel en Outaouais connait une baisse progressive depuis les hivers incléments de 2007-2008. Et la rigueur de l’hiver en cours n’annonce rien de très prometteur pour la prochaine saison de chasse!