Si Patrick Scalabrini (à droite) et les Capitales sont des habitués de la finale, Bobby Jones et les Miners, eux, nageront en territoire inconnu.

Une finale sous le signe du respect

La logique a été respectée. Les deux meilleures équipes de la saison régulière s’affrontent en finale de la Ligue Can-Am, dont les deux premiers matchs auront lieu au Stade Canac, mardi et mercredi.

Si les Miners de Sussex County y participent pour la première fois, les Capitales de Québec sont des abonnés à ce rendez-vous de septembre. Ils ne détiennent pas l’avantage du terrain dans cette série 3 de 5, mais ils voudront sûrement profiter du fait que les visiteurs n’ont pas gagné une seule fois en sept matchs à Québec cette saison. À la vitesse des Miners, les Capitales opposeront une défensive tout en finesse. Voici le portrait des deux équipes qui respectent les forces de l’autre.

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LA VITESSE AU MENU

Trois ans, voilà le temps qu’il a fallu aux Miners pour bâtir une formation en mesure de lutter pour le championnat. Pour y arriver, le gérant Bobby Jones s’est inspiré de ses prochains adversaires.

«On a pris l’exemple des Capitales pour monter notre équipe. Québec, Rockland et New Jersey ont toujours eu de bonnes formations en misant notamment sur l’attitude; je pense qu’on a réuni un bon groupe de joueurs et nous sommes excités de participer à notre première finale», soulignait Jones, joint à Augusta, lundi, tout juste avant de mettre le cap sur Québec.

Même si son équipe a terminé en tête du classement en 2018, il affiche un grand respect envers les Capitales et son homologue, Patrick Scalabrini. «Il s’agit d’une équipe tellement bien dirigée. Ils sont solides à tous les niveaux, en défensive, sur le monticule et au bâton. Ils ne sont pas les champions en titre pour rien. Je m’attends à une série de grande qualité.»

Malgré la perte de deux lanceurs partants de qualité et leur releveur numéro 1, cette saison, les Miners n’ont pas ralenti la cadence. «Nos succès n’étaient pas l’affaire d’un joueur ou deux, ça démontre qu’on avait de la profondeur», indiquait celui qui donne la balle à Kenny Koplove (7-4, 2,60) pour le premier match. Le meilleur lanceur des Miners, Cody Jones, a effectué deux sorties de 150 lancers et plus en demi-finale contre les Aigles et profitera de quelques jours de repos avant de grimper à nouveau sur le monticule.

La force des Miners se trouve sur les sentiers, comme le démontre leur record de la Ligue Can-Am de 239 larcins en saison. Il faut s’attendre à ce qu’ils soient encore très actifs sur les buts, en finale. «Nous avons beaucoup de vitesse, on l’utilise. On ne se fie pas à la longue balle pour faire la différence, mais on peut le faire à l’occasion», prévient-il.

Les Miners se pointent dans une ville où ils n’ont pas gagné une fois en 2018, subissant sept défaites au Stade Canac. «Ça ne me dérange pas. À notre dernier séjour, ici, j’avais dit aux gars que l’important était de gagner à notre prochaine visite...»

LA CLÉ EN DÉFENSIVE

Les Capitales n’abordent pas la finale de la Ligue Can-Am avec un complexe parce qu’ils affrontent les meneurs au classement général. Même que Patrick Scalabrini considère son club comme étant celui à battre.

«Je rentre en finale en considérant qu’on est les favoris parce que nous sommes les champions défendants et parce qu’on a connu du succès contre eux, cette saison. Nous sommes les maîtres de notre destinée», souligne sans détour celui qui a remporté cinq des sept championnats de l’histoire de l’équipe à titre de gérant.

Les Capitales ont conservé une fiche de 10-7 contre Sussex County, cet été, ne subissant pas la défaite en sept matchs à Québec. Il sait cependant que l’adversaire est aussi difficile à battre chez lui, comme en témoigne le dossier de 41-13 des Miners au Skylands Stadium.

«J’aurais aimé avoir l’avantage du terrain, mais je pense qu’on est présentement meilleurs offensivement qu’en saison régulière. D’un bord ou de l’autre, on est dur à battre à la maison.»

Scalabrini a amélioré son alignement au cours du dernier droit. Zach Wilson et Nick Van Stratten contribuent largement au bâton pour le club qui mise sur le champion frappeur de la Ligue en 2018, Yordan Manduley. Le voltigeur Kalian Sams est aussi menaçant, lui qui a frappé trois circuits en quatre matchs en demi-finale.

«La clé de la série sera notre jeu défensif, et j’inclus les lanceurs là-dedans. On prépare quelques jeux pour les surprendre. Si on parvient à éviter à ce qu’une manche ne vire au cauchemar à cause de leur vitesse, on sera correct», note le gérant, qui met en évidence l’efficacité du receveur Adam Ehrlich contre les gazelles de Sussex.

Scalabrini mise sur le lanceur Arik Sikula (8-2, 2,57) pour le premier match. Le vétéran Karl Gélinas ratera la série en raison d’une blessure à une jambe. Il doit d’ailleurs passer une imagerie par résonance magnétique, mardi, pour connaître la source du malaise.

Les Capitales en seront à leur 10e participation à la finale en 20 ans d’histoire. Il montre une fiche de 7-2 dans cette classique. Les Capitales ont remporté neuf de leurs 10 derniers matchs éliminatoires depuis 2017.