Sébastien Boucher entreprendra une 10e saison dans la Ligue Can-Am vendredi soir.

Une décennie dans la Can-Am

Règle générale, on peut répartir les joueurs des ligues indépendantes de baseball dans deux grandes catégories. D’un côté, il y a les jeunes, qui y voient un détour obligé sur le chemin des ligues majeures. De l’autre, il y a les vétérans qui cherchent à étirer leur carrière d’une saison ou deux.

Tous ces joueurs ont un point en commun. Ils ne restent généralement pas longtemps.

Il y a quand même des exceptions. Quand les Champions d’Ottawa sauteront sur le terrain pour disputer leur match inaugural, vendredi soir, Sébastien Boucher entreprendra une 10e saison dans la Ligue Can-Am.

«Je savais que les années commencent à s’accumuler. Dix ans, vous dites? C’est long», constate le vétéran cogneur franco-ontarien.

À 36 ans, Boucher continue de s’amuser.

«Pour moi, c’est une très bonne situation. Quand je me suis joint aux Capitales de Québec, au départ, je me disais que j’avais peut-être une chance de retourner dans le baseball affilié. Les Phillies m’ont offert cette opportunité, en 2011. Ça n’a pas fonctionné. Après, j’ai choisi de prendre la vie du bon côté.»

«J’aime le baseball. Je veux gagner ma vie grâce à mon sport. J’ai trouvé une façon d’y parvenir en faisant un peu de tout. L’hiver, j’ai mon académie. L’été, la Ligue Can-Am est là. C’est une situation idéale, vraiment. J’en profite au maximum.»

Boucher aime assez le baseball pour continuer de se fixer des objectifs élevés.

Il demeure, après toutes ces années, le frappeur le plus respecté dans le vestiaire des Champions. Ça ne lui suffit pas.

«Les dernières années, je dois reconnaître que je n’étais pas trop-trop satisfait», d’avouer celui qui a conservé une moyenne au bâton de ,296 en 2017.

«Je n’aime pas ça, compléter une saison sous la barre des ,300. Je ne suis pas un joueur comme ça. Je crois que je peux faire mieux.»

«J’essaie de prendre ça à la légère. Mes chiffres ne sont quand même pas mauvais. Je crois quand même que je suis capable d’en faire plus. Je vais certainement essayer de faire mieux, cette année», complète-t-il.

Bien connu

Voilà de bien belles promesses. Sur un terrain de baseball, l’ambition ne coûte rien.

Boucher comprendre quand même qu’il sera difficile pour lui d’améliorer ses statistiques.

Son ancienneté peut facilement devenir une lame à double tranchant. Dans la Can-Am, les gérants ont une espérance de vie plus longue que les joueurs. Ceux qui le côtoient depuis 2009 ont eu le temps de prendre des notes.

«Ils me connaissent tous. Ils ont tous leur approche. Ils savent tous comment m’affronter. C’est à moi d’apporter des ajustements et de trouver des situations que je peux exploiter à mon avantage.» Boucher a soutiré 70, 87 et 66 buts sur balles aux lanceurs adverses durant les trois premières années d’existence des Champions. Ça n’aide pas sa moyenne au bâton, mais ça démontre qu’il est encore capable de trouver des moyens d’atteindre les sentiers.

La santé sera un élément important.

Le match de vendredi, contre les Aigles de Trois-Rivières, sera le 289e de Boucher avec les Champions. Il ne s’est pas accordé beaucoup de repos, même s’il a composé avec une série de blessures au fil des ans.

«J’ai des petits bobos, ici et là. Ce n’est rien de bien sérieux. Je me sens en parfaite santé», dit-il.

À L'AISE COMME FRAPPEUR DÉSIGNÉ

Les blessures ont poussé Sébastien Boucher à faire un choix, l’an dernier. Il a renoncé à une large part de ses responsabilités, quittant le champ centre pour se consacrer aux tâches de frappeur désigné.

Il n’évoluera pas dans le champ extérieur, cette saison.

«Je suis le frappeur de choix. Du moins, je serai le frappeur de choix tant et aussi longtemps que nos trois voltigeurs réguliers seront en santé. Si jamais une blessure survient, je pourrais enfiler mon gant», indique-t-il.

Boucher ne souhaite de malheur à personne. Il serait heureux de se concentrer sur ses responsabilités au bâton tout au long de la saison.

C’est un secret de Polichinelle. Un jour, il doit succéder à Hal Lanier à titre de gérant. En attendant, il donne un coup de pouce à titre d’instructeur des frappeurs.

«Plus le temps passe, plus je me permets d’être vocal avec les autres boys. Au début, ce n’était pas évident. Il n’était pas facile pour moi d’emmener mes coéquipiers à apporter des modifications à leur élan quand tu te préoccupes d’abord de tes propres responsabilités à titre de joueur.»

Boucher se sent de plus en plus à l’aise dans ses responsabilités. D’abord, les joueurs qu’il côtoient ont souvent 10 ans de plus jeune que lui. Ça l’aide à établir une relation d’autorité.

«Je reste quand même assez proche d’eux. Ça ne change jamais, assure-t-il. Nous formons une équipe plutôt jeune, mais nous avons une bonne chimie. Les boys s’entendent déjà très bien.»

Le match inaugural de la saison des Champions débutera à 19 h 05, vendredi. La série contre les Aigles se poursuivra, samedi soir et dimanche après-midi.

Les Jackals du New Jersey seront la deuxième équipe à se présenter au parc RCGT. Le premier match de cette série sera présenté lundi, à 13 h 30.