Celui que tout le monde appelle Coco serait le coureur le plus rapide jamais dirigé par Hal Lanier à Ottawa.

Un marchand de vitesse nommé Coco

Son « vrai » prénom, c’est Willie.

Willie Earvin-Lee Johnson. C’est le nom complet qui est inscrit sur son certificat de naissance.

Au parc RCGT, où il passera les prochains mois, on ne devrait pas l’appeler ainsi trop souvent.

Le nouveau voltigeur de gauche des Champions d’Ottawa veut qu’on l’appelle simplement « Coco ».

« Ma mère m’a donné ce surnom le jour où je suis né », confie-t-il.

« Elle me disait que j’étais un beau bébé tout rond, au teint très foncé. Au premier coup d’œil, je lui ai fait penser aux céréales Cocoa Puffs », enchaîne-t-il, un peu gêné.

« Dans ma famille, tout le monde m’a toujours appelé Coco. Ce surnom a résisté au temps. »

Vingt-sept ans plus tard, Johnson a toujours le visage rond.

Le petit Coco Johnson est cependant devenu un joueur de baseball redoutable, doté de qualités évidentes.

Les statistiques disent tout ce qu’il faut savoir. Dans un autre circuit indépendant, la Frontier League, il a volé 30 buts en 2015, 47 buts en 2016 et 57 buts en 2017.

On comprend facilement ce qui lui a permis de décrocher un contrat dans la capitale fédérale.

« La vitesse tue, c’est ce qu’on m’a toujours dit. »

« Mon objectif premier, au début de chaque saison, c’est de m’améliorer. Je vais tout faire pour continuer d’améliorer mes statistiques individuelles », commente-t-il.

Ça risque d’être une grosse commande.

Le calibre de jeu qu’on retrouve dans la Ligue Can-Am est légèrement supérieur à celui de la Frontier League.

L’an dernier, personne n’a volé plus de 32 buts dans le circuit du commissaire Miles Wolff.

Hal Lanier travaille avec Johnson depuis maintenant une semaine. Il a vite constaté que le talent est là.

« Il est possiblement le coureur le plus rapide que j’ai dirigé à Ottawa. Il ne faudrait quand même pas s’emporter trop rapidement. Il a encore tout à prouver au sein de notre équipe », dit le gérant.

« Il possède de beaux atouts. Son élan au bâton est court. Il a un bon œil. Son pourcentage de présence sur les buts est assez élevé. Tous ces outils devraient lui permettre de bien s’adapter à notre équipe ainsi qu’à notre système de jeu. Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons devons jouer d’une façon bien précise pour connaître succès à Ottawa », rappelle Lanier.

Vitesse collective
Le stade de baseball du chemin Coventry, qui célèbre ce printemps son 25e anniversaire, s’est vite forgé une réputation à travers la Ligue Can-Am.

Les joueurs l’apprécient parce qu’il est vaste et confortable. « Je n’ai encore jamais eu la chance de vivre dans un ville comme Ottawa. Je n’ai jamais travaillé dans un vestiaire comme celui-là », commente d’ailleurs Johnson.

Il a passé les deux premières années de sa carrière professionnelle au niveau A, dans l’organisation des Marlins de Miami.

Lors de son passage dans la Frontier League, il jouait dans un minuscule stade de 3000 sièges à Crestwood, une banlieue de Chicago.

Les cogneurs de puissance du baseball indépendant ont cependant du mal à s’illustrer sur un immense terrain qui a été conçu, au début des années 1990, pour les joueurs qui cognaient aux portes des ligues majeures.

Pour gagner de façon régulière, à la maison, les Champions ont toujours misé sur la vitesse.

« Je crois que nous sommes gâtés cette saison. Nous aurons de la vitesse à revendre. Nos six premiers frappeurs sont capables de courir », projette Lanier.

L’arrêt-court Daniel Bick a été le meneur chez les Champions, en 2017. Il a volé 32 buts. Il glisse, pour l’instant, au deuxième rang de l’ordre offensif.

« Bick a fait du bon travail l’an dernier comme premier frappeur, mais il devrait voir plus de balles rapides au deuxième rang. Et Bick frappe très bien les rapides », fait valoir le gérant.

Les Champions joueront deux matches préparatoires en début de semaine. Leur quatrième saison débutera vendredi. Les Aigles de Trois-Rivières seront les visiteurs.