Jordan Kurokawa n’a pas reçu beaucoup d’aide de sa défensive, lors de sa courte présence au monticule. L’arrêt-court Malik Collymore a échappé une balle à l’entre-champ, lorsqu’il est entré en collision avec le voltigeur de centre Steve Brown.

Performance inquiétante de Kurokawa

Le match a pris fin avant même de commencer.

Quand les Champions d’Ottawa se sont présentés au bâton pour la première fois, mercredi soir, ils tiraient déjà de l’arrière par sept points.

La soirée débutait à peine. Le match était fini.

C’est pas mal ça qui est ça. Les quelques centaines de spectateurs qui se sont rendus au parc RCGT, en cette soirée de match numéro sept, dans la finale de la Coupe Stanley, n’ont pas eu droit à un grand spectacle.

Les Champions n’ont jamais mis la machine en marche. Ils ont fini par s’incliner 11-6 devant le club de dernière position dans la Ligue Can-Am, les Capitales de Québec.

L’histoire de ce match, c’est l’histoire d’un lanceur partant qui n’avait rien dans le bras.

Jordan Kurokawa n’a pas été capable de survivre à la première manche.

Quand Sébastien Boucher l’a renvoyé aux douches, il avait affronté 11 frappeurs et complété deux retraits. Il avait alloué sept coups sûrs, un but sur balles et sept points. Tous mérités.

« C’est juste un mauvais départ », a résumé le gérant.

« Il ne lançait pas trop fort, ce soir. Il n’avait pas son contrôle habituel. Vers la fin de la première manche, il avait déjà beaucoup de lancers accumulés. Il ne servait à rien d’étirer inutilement sa présence au monticule. »

C’est inquiétant, quand on sait que Kurokawa a mérité le titre de lanceur de l’année dans la Can-Am, en 2018. Personne n’arrivait à frapper face au jeune droitier qui est originaire d’Hawaï, à sa première saison dans le baseball professionnel indépendant.

Cette année, c’est légèrement différent.

Kurokawa a jonglé un moment avec la possibilité de ne pas revenir. Une blessure l’a embêté pendant une bonne partie de l’hiver.

Il a fini par se pointer vers la fin du camp d’entraînement. À son premier départ, le 1er juin, il a encaissé trois points mérités en trois manches. À son deuxième départ, six jours plus tard, il semblait sur la bonne voie. Il a réussi à donner cinq manches complètes à son équipe.

Cette nouvelle contre-performance soulève quelques questions.

« On sentait quand même qu’il progressait bien, avant sa sortie d’aujourd’hui, a dit Boucher, en se portant à la défense de son protégé. Nous ne l’avons pas très bien soutenu. Nous n’avons pas complété le gros jeu, en défensive, qui aurait pu lui permettre de s’en sortir », croit Boucher.

La contre-performance de Kurokawa aura toujours permis au releveur Heath Bowers de prendre le relais.

On sait peu de choses de ce grand droitier qui évoluait au niveau A, dans l’organisation des Athletics d’Oakland, la saison dernière.

Il a souvent été coincé dans le rôle un peu ingrat de spécialiste de la longue relève.

Mercredi, il a joué son rôle à merveille. Il est arrivé dans une situation difficile. Il a complété neuf retraits au bâton en cinq manches et un tiers de travail.

« Il nous a vraiment sauvés », commente Boucher.

« Quand il est embarqué au monticule, nous étions dans une situation fâcheuse. J’aurais bien pu être obligé d’utiliser tous mes releveurs pour compléter cette partie. Nous aurions alors eu de sérieux ennuis pour les deux ou trois prochains jours. »

Parce que l’enclos se porte plutôt bien, les Champions auront quand même la chance de battre les Capitales pour remporter une quatrième série consécutive, jeudi.

Le Sikula des beaux jours

On parlait beaucoup de Kurokawa, après le match. On parlait même de lui dans le vestiaire des Capitales.

« Il n’avait clairement pas son stuff habituel », a constaté le gérant Patrick Scalabrini.

Ce dernier pouvait cependant se réjouir.

Son partant, Arik Sikula, lui a donné sept solides manches.

« Ce fut très, très positif. Il se cherche un peu, depuis le début de la saison, mais nous avons vraiment besoin de lui. Ce soir, nous avons vu le Sikula des beaux jours. »