Austin Chrismon a été le lanceur le plus occupé des Champions en 2016. En 20 départs, il a passé 135 manches au monticule.

L'as Chrismon de retour à Ottawa en 2017

À quatre mois du camp d'entraînement, Hal Lanier ne doit pas avoir trop de mal à fermer l'oeil. Le gérant des Champions d'Ottawa doit se dire qu'il misera sur la meilleure rotation de lanceurs partants de toute la Ligue Can-Am en 2017.
Il sait depuis un certain temps qu'il misera sur un duo solide. Le droitier Daniel Cordero et le gaucher Yean Carlos Gil ont confirmé très tôt leur intention de jouer une autre saison.
Mercredi, Lanier a confirmé le retour - encore plus important - de celui qui sera son as.
Austin Chrismon est désormais sous contrat.
Le gros droitier, qui est originaire de la Virginie, a mérité le titre de lanceur par excellence du circuit indépendant à six équipes en 2016. Il a conservé une fiche de 8-4 et une solide moyenne de points mérités de 2,39.
Il est allé chercher une neuvième victoire au moment où ça comptait le plus. C'est lui qu'on a envoyé sur la butte pour disputer le cinquième et ultime match de la série finale. Il a répondu en lançant un match complet, allouant un seul petit point à l'attaque des Boulders de Rockland.
« Juste à repenser à ce match, j'ai des frissons. Remporter un championnat, peu importe le niveau, c'est extraordinaire », a résumé l'athlète qu'on a joint au téléphone.
Un championnat, c'est surtout une belle façon de terminer une saison qui avait mal débuté.
Son rêve de lancer dans un stade des ligues majeures en a pris un coup, au printemps, quand il a été libéré par l'organisation des Astros de Houston.
« J'étais débobiné et j'avais de sérieux doutes à propos de mes  propres capacités quand j'ai reçu l'offre de me joindre aux Champions. Je ne savais rien d'Ottawa, je n'avais jamais visité le Canada. Je n'aime pas particulièrement la neige et le froid. Je ne possédais même pas de passeport ! Mais j'aime voyager. Voir du pays, c'est un des meilleurs aspects de la vie dans les ligues mineures de baseball. »
Il ne regrette pas sa décision.
« J'ai été très bien reçu. En fait, j'ai été accueilli à bras ouverts. J'ai adoré le Canada et sa capitale. Je suis surtout tombé amoureux de la poutine », s'exclame-t-il joyeusement.
« Je dois être franc. Au départ, j'étais vraiment sceptique. Des frites, du fromage en grains et de la sauce. Qui diable a eu l'idée de réunir ces trois ingrédients ? J'ai goûté une fois et j'ai été convaincu. Vous ne voulez pas savoir combien souvent j'en ai mangé par la suite... »
Pour cette très bonne raison, Chrismon dit qu'il n'a pas été trop difficile de le convaincre de revenir à Ottawa dans le but d'y disputer une deuxième saison.
Évidemment, la possibilité de remporter un deuxième championnat n'a pas nui.
Lanier a également réussi à retenir les services du noyau de son alignement à l'attaque. Ses quatre premiers frappeurs dans le match ultime contre Rockland - Adron Chambers, Albert Cartwright, Sébastien Boucher et Kenny Bryant - ont déjà paraphé leurs contrats pour 2017.
« J'ai été honoré de remporter le titre de lanceur de l'année. Mais les honneurs individuels ne veulent rien dire lorsqu'on les compare aux championnats. Mon but ultime pour la prochaine campagne, c'est d'en remporter un autre. Nous sommes assez unis pour réussir. »
Les organisations des ligues majeures ne se sont pas précipitées pour mettre sous contrat l'as lanceur des champions de la Ligue Can-Am à la fin de la saison. Lanier a dit à son protégé qu'il a reçu quelques coups de fil. Des dépisteurs sont curieux. Pas au point de lui soumettre une offre formelle, toutefois.
Le rêve de Chrismon n'a pas changé. Il veut lancer au moins une manche dans un stade des majeures.
En attendant, il s'occupe en travaillant dans une institution financière de la région où il a grandi.
« Quand tout sera terminé au baseball, j'aimerais travailler dans le domaine de l'immobilier. J'aimerais vendre et louer des propriétés. Ma grand-mère fait ce métier depuis une quarantaine d'années. Je suis certain que je serais doué dans ce domaine si on me donne ma chance. »