Hal Lanier a passé 10 saisons dans les majeures entre 1964 et 1973, en plus d'occuper le poste de gérant des Astros de Houston pendant trois saisons à la fin des années 1980. Sébastien Boucher (gauche) le remplacera à la barre des Champions d'Ottawa la saison prochaine.

Lanier veut un autre emploi

Malgré ses 76 ans bien comptés, Hal Lanier n’est pas prêt pour la retraite.

Le gérant que les Champions d’Ottawa viennent de remercier ne sera peut-être jamais capable de quitter le baseball.

Lanier n’est pas amer envers ceux qui ont décidé de confier son poste à Sébastien Boucher.

Dans un long entretien téléphonique avec Le Droit, plus tôt cette semaine, il a émis un seul regret.

« Je ne sais pas ce que je vais faire, maintenant. En fait, le timing de toute cette histoire ne joue pas en ma faveur. Les postes vacants sont plutôt rares à cette période de l’année. Si j’avais su en novembre que je perdrais mon poste, j’aurais pu soumettre ma candidature ailleurs. Il y avait beaucoup de postes vacants, dans le baseball indépendant, en novembre... »

Lanier a certainement un curriculum vitae étoffé.

Il a passé 10 saisons dans les majeures, en tant que joueur d’avant-champ, entre 1964 et 1973.

Il s’est lancé dans le coaching rapidement, après sa retraite. Il a même occupé le poste de gérant des Astros de Houston pendant trois saisons, à la fin des années 1980.

Lanier a fait le saut dans les circuits mineurs indépendants au début des années 1990. Il n’a pratiquement jamais manqué de travail. Durant ses quatre saisons à Ottawa, les Champions ont remporté 180 de leurs 395 parties.

L’équipe a connu une seule saison gagnante. En 2015, elle a remporté le championnat des séries éliminatoires de la Ligue Can-Am.

« Je ne sais pas si ma candidature aurait été retenue, quelque part, mais j’aurais aimé qu’on me donne une opportunité de poursuivre mon chemin dans le baseball », dit-il.

« J’aurais été content de passer un été de plus à Ottawa », enchaîne-t-il, un peu plus tard.

Boucher est prêt

Lanier se ressaisit assez rapidement. Il n’est pas amer, jure-t-il.

« Ça fait partie de la game. Je comprends. »

Il se dit très heureux de voir son ancien poulain Sébastien Boucher accéder à un poste de direction.

Ce n’est pas la première fois que ça se produit. Les hommes qui dirigent actuellement les Capitales de Québec et les Aigles de Trois-Rivières, Patrick Scalabrini et T.J. Stanton, ont déjà joué sous ses ordres.

Le pilote des Jackals du New Jersey, Brooks Carey, a déjà été son instructeur des lanceurs.

« Sébastien aura besoin de temps pour s’habituer à son nouveau rôle », prévient Lanier.

« Certaines choses jouent certainement en sa faveur. Il connaît son baseball sur le bout des doigts. Il a joué assez longtemps pour bien comprendre ce qui se passe sur le terrain. »

« Il aura quand même du travail à faire. Dans les circuits indépendants, il faut apprendre à travailler avec des joueurs qui ont des personnalités très différentes. Il faut aussi trouver des moyens de soutirer le maximum du groupe de lanceurs. »

Dès son entrée en poste, le nouveau gérant a clairement affiché ses intentions. Il entend libérer plusieurs joueurs qui faisaient partie de l’équipe, en 2018, afin de mieux repartir en neuf.

« La gestion d’une équipe, au quotidien, c’est assez simple. La construction d’une équipe, par contre, ça représente un défi intéressant. Sébastien doit s’attendre à passer de longues heures au téléphone, dans les prochains mois. »

Lanier passe l’hiver à sa résidence de Floride, mais il tient à ce qu’on sache qu’il ne sera jamais bien loin. Si jamais les Champions ont besoin de son aide, il se rendra disponible.

« Je vais m’ennuyer du baseball. Je vais aussi m’ennuyer de la ville d’Ottawa. J’ai beaucoup apprécié mes étés dans cette jolie ville. » 

« Je me suis beaucoup amusé durant les quatre dernières années. En fin de compte, c’est ce qui compte le plus. »