L’ancien des Expos Rondell White a gardé un bon souvenir de sa saison avec les Lynx d’Ottawa.

La saison de rêve de Rondell White

Un quart de siècle a passé. Rondell White n’a pas trop changé.

Il n’a surtout pas oublié.

White avait 21 ans, durant l’été 1993, quand il a mis les pieds pour la première fois. Il effectuait alors un arrêt obligé au niveau AAA, sur le chemin des ligues majeures.

Dimanche, il était de retour au parc RCGT, dans le cadre de la journée des Expos de Montréal à Ottawa.

« J’aime ça, ici. J’ai toujours aimé ça, ici », a-t-il confié, lorsque Le Droit a pu le prendre à l’écart, au beau milieu du match des Champions.

Il était très sérieux.

« En 1993, j’étais juste un p’tit gars. F.P. Santangelo était mon pote. Tout ce qui se passait ici m’impressionnait », raconte-t-il.

En 1993, dans un stade flambant neuf, les Lynx d’Ottawa ont fracassé un record d’assistance de la Ligue internationale de baseball en attirant 663 926 spectateurs.

« Je n’avais jamais mis le pied dans un vestiaire aussi spacieux. Le terrain était en super condition, les gradins étaient remplis. De jolies dames venaient nous voir chaque soir... J’étais jeune, je vivais un rêve. »

Durant cette saison de rêve, le jeune White n’a pas mis de temps à se faire des amis et à gagner des fans. En 37 parties, il a conservé une moyenne au bâton de ,380 et frappé sept circuits.

Les fans ont pu le revoir l’été suivant. Le jeune White était prêt pour les majeures, mais il n’y avait pas de place pour lui à Montréal.

« J’étais moins heureux de revenir ici pour cette deuxième saison », laisse-t-il tomber.

Pourtant, dans les pages sportives du Droit, à l’époque, on écrivait que son attitude était exemplaire. Il paraît que White se présentait chaque jour au stade avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

« Je suis un bon gars ! Je suis toujours heureux quand on vient me saluer. J’étais juste insatisfait de mon sort. Je comprenais que je devais attendre mon tour parce que les Expos misaient déjà sur Moises Alou, Marquis Grissom et Larry Walker. Je ne pouvais pas perdre mon temps à réchauffer le banc à 22 ans. J’avais quand même l’impression que je n’avais plus rien à prouver au niveau AAA. »

Patience
Dennis « Oil Can » Boyd, Orlando Cabrera, Dave Cash, Bill « Spaceman » Lee et Claude Raymond ont accompagné Rondell White à Ottawa, lundi.

Cabrera et Cash ont également séjourné brièvement à Ottawa. Le premier a été l’arrêt-cours des Lynx en 1997 ainsi qu’en 1998. Cash a été l’instructeur des frappeurs en 2003 ainsi qu’en 2004.

Les anciens étaient sur place dans le but d’amasser des fonds pour les hôpitaux pour enfants de Montréal et d’Ottawa.

Dans tous leurs déplacements, les anciennes gloires militent aussi pour le retour d’un club de baseball professionnel dans la métropole.

Vingt-cinq ans plus tard, White prêche encore une fois la patience.

Il est convaincu que les Expos vont éventuellement renaître de leurs cendres. « Montréal, c’est une ville géniale. C’est là que se trouvent mes racines. J’aurais voulu y passer toute ma carrière », dit celui qui a porté les couleurs de six autres formations dans les majeures durant sa carrière.

Il reviendrait au Québec en courant si jamais les nouveaux Expos décidaient de lui offrir un boulot.

« Il faudrait simplement que j’obtienne l’approbation de ma femme. Elle n’est pas chaude à l’idée de rester seule, en Floride, à élever deux enfants », dit-il en riant.

Le fils de White, qui est âgé de neuf ans, ne marche pas dans les traces du paternel. Bon athlète, il préfère le soccer au baseball.

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Zéro en trois pour le Spaceman

«Au moins, je n’ai pas été retiré sur des prises.»

Bill Lee faisait des redressements assis sur le terrain du parc RCGT, lundi après-midi, alors que des fans des Champions et des Expos faisaient la queue dans le but d’obtenir un autographe.

L’ancien joueur de 71 ans a tenu parole. Il a rempli son rôle de frappeur de choix dans la formation des Champions, durant leur dernier match en 2018.

À sa première présence au bâton, en fin de première manche, il a frappé un faible roulant. Il a été à l’origine d’un double jeu.

En troisième, il a frappé une faible chandelle qui a été facilement captée par le receveur des Boulders de Rockland.

En cinquième, il a cogné un tir avec un peu plus d’aplomb, mais il a été facilement retiré par le joueur de troisième coussin.

Le gérant des Champions, Hal Lanier, l’a remplacé par un de ses réservistes en fin de huitième. 

«Je lui lève mon chapeau. Je suis à peine plus âgé que lui et je n’oserais jamais affronter les lanceurs de notre ligue», a commenté Lanier après la rencontre.

Il devrait s’agir du tout dernier match de baseball de Lee chez les pros.

On ne peut toutefois rien garantir à ce sujet.