Les chances de revoir Sébastien Boucher dans l’uniforme des Champions sont minces. Le Franco-Ontarien envisage très sérieusement de mettre fin à sa carrière de joueur et le propriétaire Miles Wolff reste vague à propos de l’avenir de l’équipe.

La fin des Champions?

Les Champions d’Ottawa ont disputé lundi après-midi leur dernier match de la saison 2018. Il s’agissait peut-être, aussi, de leur dernier match, tout court.

L’équipe a encaissé une dernière dégelée de 9-3 contre les Boulders de Rockland, pour conclure une saison de misère au sixième et dernier rang du classement de la Ligue Can-Am.

Les Champions ont présenté la pire fiche de leur jeune histoire – 41 victoires contre 60 défaites. Ils ont aussi connu leur pire performance aux guichets, avec une moyenne de 1831 spectateurs par rencontre.

Sur le terrain du parc RCGT, alors que ses joueurs rencontraient leurs fans en fin de journée, le propriétaire Miles Wolff, a laissé planer un doute sur la suite des choses.

« Je ne peux rien garantir en ce moment », a-t-il déclaré, quand on lui a demandé si les Champions seraient de retour en 2019.

« Je n’ai pas encore eu la chance de consulter nos derniers bilans financiers. Pour l’instant, je ne sais rien », a-t-il poursuivi.

M. Wolff, qui est aussi commissaire de la Can-Am, a plus tard laissé entendre que la survie du club pourrait dépendre de l’arrivée de nouveaux partenaires.

L’homme d’affaires américain a signé un bail à long terme avec la Ville d’Ottawa, en janvier 2014. Il s’était alors engagé à relancer le baseball professionnel dans le stade de la rue Coventry. Son plan consistait à diriger l’équipe pendant sa phase de lancement, pour ensuite la vendre à des investisseurs locaux.

« Je ne pensais pas que ce serait si long », a-t-il avoué, lundi.

« Quelques groupes de la communauté nous font de l’œil. Certaines personnes nous ont approché au cours des dernières années. J’ai l’impression que leurs démarches sont de plus en plus sérieuses. On verra bien ce qui va se passer. »

Stagnation
Près de 4000 partisans ont franchi les tourniquets, lundi. Plusieurs, nostalgiques, s’étaient déplacés pour rencontrer six anciens joueurs des ligues majeures, dans le cadre de « La journée des Expos de Montréal à Ottawa ».

Dans un monde où les recettes enregistrées au guichet comptent pour beaucoup, les Champions semblent faire du surplace. Ils semblaient sur la bonne voie, en 2016, lorsqu’ils ont vendu 127 618 billets.

Dans les deux saisons qui ont suivi, ils ont à peine franchi le plateau des 90 000 billets vendus

« En 2015, nous avons participé aux séries éliminatoires. Éric Gagné avait lancé un match pour nous en fin de saison. L’équipe nationale cubaine nous avait rendu visite pendant une fin de semaine. Tous ces événements avaient fait courir les foules. Cet été, nous n’avons pas pu compter sur des choses du genre », explique Wolff.

« Nous pouvons sans doute trouver de meilleurs moyens de faire la promotion de notre produit. On compte environ 1,2 million d’habitants dans la région métropolitaine d’Ottawa. Cette région est dotée d’un magnifique stade. Les éléments sont réunis. Les Champions devraient être en mesure de connaître du succès, ici. »

La direction de l’équipe ne pourra certaine pas se plaindre de la météo. Dans un été presque parfait pour le baseball, très peu de matches ont été remis ou annulés.

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Émotif, Boucher quitte la tête haute

Si les Champions reviennent, en 2019, ils devront probablement dire au revoir à leur meilleur frappeur.

«Je te dirais que rien n’est encore officiel, mais tout porte à croire que je viens de disputer ma dernière saison», a soufflé Sébastien Boucher, au terme de la rencontre de lundi.

Le voltigeur franco-ontarien de 36 ans n’a même pas joué le dernier match au grand complet. Il a frappé deux simples à ses deux premières présences au bâton. Le gérant Hal Lanier l’a ensuite retiré de l’alignement. En rentrant à l’abri, il a serré la main de tous ses coéquipiers tandis que les partisans lui accordaient une dernière ovation.

Boucher termine la saison 2018 avec une solide moyenne au bâton de ,328. Il a produit 53 points et volé 10 buts. Il a surtout réussi à cogner son premier circuit de la campagne durant la dernière fin de semaine.

«Les émotions se bousculaient quand je suis sorti. Je suis quand même satisfait. Le moment est peut-être bien choisi pour partir», dit-il.

«Je vais réfléchir un peu. Je vais discuter avec ma famille. Je vais étudier les options qui s’offriront à moi.»

«À la fin de la journée, j’ai fait ce que je voulais faire. Je suis revenu chez moi, j’ai connu quelques bonnes saisons. J’ai remporté un championnat», récite-t-il.

Boucher fait donc face à l’avenir avec une certaine sérénité.

Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Le gérant Hal Lanier n’a pas envie d’accrocher ses crampons. «J’aimerais revenir pour au moins une autre saison», déclare celui qui a célébré son 76e anniversaire de naissance au début du mois de juillet. «Je n’ai vraiment pas envie que ma carrière se termine sur une de mes pires saisons à titre de gérant dans un circuit indépendant.»

Le propriétaire actuel des Champions, Miles Wolff, dit qu’il serait prêt à offrir du travail à Boucher l’été prochain.

Il ne tient pas le même discours lorsqu’il est question de Lanier.

«La décision concernant Hal appartiendra aux futurs propriétaires de l’équipe», tranche-t-il.