Jordan Kurokawa a connu sa première sortie difficile depuis son premier départ de la saison jeudi soir au parc RCGT. Il a donné plus de deux points pour la première fois depuis le 22 mai et les Champions ont perdu 5-2.

Kurokawa flanche pour une rare fois

Quand ça va mal, tout va mal.

Même en désignant leur joueur par excellence de la saison 2018 au monticule pour freiner une séquence de trois défaites consécutives, les Champions d’Ottawa n’ont pas pu retrouver le sentier de la victoire jeudi soir au parc RCGT.

Pour la première fois depuis le mois de mai, Jordan Kurokawa a accordé plus de deux points dans une sortie et les Boulders de Rockland ont même réussi à le sortir du match en cinquième manche. C’était 5-0 à ce moment-là. L’artilleur hawaïen n’avait pas son étoffe qui lui a permis de remporter le titre du lanceur du mois de juillet.

Finalement, c’est le lanceur adverse qui s’est imposé. Travis Hissong a limité les Champions à seulement quatre coups sûrs en huit manches et les visiteurs l’ont emporté 5-2.

Seul Sébastien Boucher a pu résister à ses assauts en frappant un double et un simple à ses dépens. Boucher a réussi trois de sept coups sûrs des perdants jeudi.

« Jordan est humain. Ça arrive à tout le monde d’avoir une mauvaise soirée. Dans son cas, ce n’était pas arrivé depuis très, très longtemps. Ce soir, il n’avait pas son contrôle habituel. Je ne suis pas inquiet pour lui. C’est notre attaque qui doit débloquer. Nous sommes mauvais au bâton depuis quatre matches », a lancé le gérant Hal Lanier.

Ce dernier demeure fier de sa recrue de 25 ans. Kurokawa s’était fait frapper solidement à son premier match dans la Ligue Can-Am où il avait accordé 10 coups sûrs et sept points en une manche et deux tiers. Après ?

Il a accordé seulement huit points... à ses 12 départs suivants. Avant le match de jeudi, il montrait une fiche de 9-2 avec une moyenne de point mérité sensationnelle à 1,01 pendant cette séquence de 89 manches ! Lanier dit qu’il n’a jamais vu un lanceur aussi dominant en quatre ans à Ottawa. Pas même Phillippe Aumont, ni Wilmer Font, qui lance maintenant à Tampa Bay dans les Ligues majeures.

« À son premier match, il avait l’excuse de ne pas avoir pris part à notre camp d’entraînement. Il avait de l’école à finir à Hawaii. Il s’est ajusté rapidement. Il a été constant toute l’année et il n’est qu’une recrue. Il maîtrise bien tous ses lancers et il arrive à passer des rapides à travers les frappeurs. Il l’a fait dans son blanchissage de neuf manches contre Sussex, la meilleure équipe de la ligue, la semaine dernière. Je suis vraiment surpris que des clubs des ligues majeures n’aient pas encore demandé d’informations à son sujet. »

Avant d’accorder deux points en deuxième manche jeudi, Kurokawa avait blanchi ses adversaires pendant 16 manches de suite. Encore là, il avait amorcé sa soirée en retirant les trois premiers frappeurs des Boulders sur des prises. Il semblait parti pour la gloire avant que les visiteurs n’arrivent à lui arracher quelques coups sûrs chanceux. Puis, ils l’ont frappé d’aplomb sur le circuit de trois points de Kevin Krause en cinquième manche.

Kurokawa ne voulait pas trop se faire de soucis après sa rare contre-performance.

« Au baseball, il va toujours y avoir de bons et de mauvais matches. Il s’agit de garder la tête froide. Je ne me suis jamais laissé emporter par mes succès, comme j’essaie de ne pas m’en faire quand ça va mal. Mon premier départ m’a permis d’apprendre et cette sortie va me permettre de travailler certaines choses. Je dois revenir à mon approche d’attaquer les frappeurs. »

Meneur de la Can-Am avec neuf victoires, Kurokawa avoue qu’il ne regarde jamais ses statistiques.

« Je le fais seulement à la fin de l’année. C’est comme un cadeau de Noël ! Et même si je rêve de percer les Ligues majeures, je sais que de bonnes statistiques ne veulent pas nécessairement dire que j’aurai ma chance. Je veux juste profiter du moment présent et aider mon club à gagner. »