Boucher se fiche parfaitement des statistiques. Il sait que le temps joue contre lui et que les Champions risquent fort bien de rater les séries éliminatoires pour une quatrième fois en cinq ans.

Boucher refuse de baisser les bras

L’avant-champ était complètement détrempé. Beaucoup trop d’eau pour jouer au baseball. La foule avait quitté une bonne demie heure plus tôt. Sébastien Boucher était sur le point de s’en aller à son tour quand nous l’avons accosté dans le couloir qui mène au vestiaire des Champions d’Ottawa.

Le jeune gérant n’était pas content.

Son équipe ne va pas bien du tout. Elle a remporté un seul de ses 10 derniers matches.

Boucher tenait quand même mordicus à ce qu’on joue, mercredi soir. Il était convaincu que ses joueurs étaient capables de vaincre les puissants Miners de Sussex County.

Avec un peu de chance, cette victoire aurait peut-être permis de lancer une nouvelle séquence victorieuse...

«Honnêtement, ça tombe mal. Les gars avaient de l’énergie, aujourd’hui. Nous avons eu la chance de sauter sur le terrain en fin de journée pour pratiquer. Si je repense aux 10 derniers jours, je crois bien que c’était notre deuxième opportunité de nous entraîner.»

«Ça tombe vraiment mal. On a fait des changements dans les dernières heures. Les gars avaient l’air de se replacer, un peu, durant la pratique. Ils avaient l’air un peu détendus, mais ils avaient de l’énergie.»

«Jared Mortensen devait être notre lanceur partant. Moi, j’ai beaucoup confiance en lui. On s’attendait à ce qu’il nous livre une grosse performances, comme tout le temps. Il nous aurait donné une chance de l’emporter. C’est ça qui est ça. Il faut se dire que c’est quand même pas si pire. Il aura la chance de se reprendre dans le premier match de notre programme double, demain. Pis dans le deuxième match, on aura Phillippe Aumont. Chacun pourra nous donner sept manches. Ça devrait nous donner une chance, encore plus.»

Boucher se fiche parfaitement des statistiques. Il sait que le temps joue contre lui et que les Champions risquent fort bien de rater les séries éliminatoires pour une quatrième fois en cinq ans.

Rater les séries quatre fois sur cinq, dans la Ligue Can-Am, ça paraît très mal.

Forte pression

On dirait d’ailleurs que la direction des Champions ressent la pression. Mardi, quand l’équipe est rentrée à la maison après un mauvais voyage, quatre joueurs ont été congédiés d’un coup.

Le climat n’était pas bon, explique Boucher.

«Il y avait du stress, il y avait de la pression. Je pense que la journée où les quatre sont partis, tout le monde avait un peu peur pour son job, dans la chambre. Une fois que tout s’est fait, ça s’est replacé un peu.»

L’homme de baseball aux racines franco-ontarinnes a quand même senti le besoin de réunir tous ses joueurs, en fin de journée, mercredi.

«Nous avons perdu trois joueurs durant les Jeux pan-américains et ça nous a fait mal. Je ne pensais pas qu’il serait aussi difficile de gagner sans eux.»

«J’ait dit aux gars que c’est plate, sauf que nous ne sommes pas encore finis. Là, il faut y aller. La seule affaire, c’est que nous n’avons plus le temps d’attendre.»

Boucher n’écarte d’ailleurs pas la possibilité d’effectuer d’autres changements, plus tard.

«C’est peut-être une erreur que j’ai commise, comme gérant de première année. J’ai été trop patient. Dorénavant, je devrai utiliser ceux qui performent.»