Dans un duel opposant les deux pires équipes de la Ligue Can-Am, Phillippe Aumont a réussi neuf autres retraits au bâton.

Aumont finit ça en grand et les Champions l'emportent contre les Capitales

Phillippe Aumont n’avait pas vraiment besoin d’en rajouter.

En se pointant au parc RCGT, vendredi, le droitier gatinois a su la bonne nouvelle. On lui décernera le titre de lanceur par excellence dans la Ligue Can-Am, en 2019.

La nouvelle sera confirmée dans un communiqué qui sera envoyé aux médias, samedi.

Aumont, bref, pouvait déjà dire « mission accomplie » alors qu’il s’apprêtait à entreprendre son dernier match de la saison.

Il a quand même décidé de s’offrir un dernier party. Il a livré une autre grosse performance, dans une victoire de 2-1 des Champions d’Ottawa contre les Capitales de Québec.

« C’est une belle conclusion où les choses ont plutôt bien fonctionné, pour moi », a-t-il déclaré en quittant le terrain.

Dans un duel opposant les deux pires équipes de la Ligue Can-Am, Aumont a réussi neuf autres retraits au bâton. Ça lui a permis d’améliorer le record qu’il a fracassé plus tôt, cet été.

Il aura passé 145 frappeurs adverses dans la mitaine, en tout, en 2019.

Il a traversé le match d’un bout à l’autre. Ce fut donc son sixième match complet de la saison.

On a cru, pendant un bref moment, qu’il serait envoyé aux douches alors qu’il restait deux retraits à compléter en neuvième. Les Capitales venaient, enfin, de s’inscrire au tableau. Le gérant Sébastien Boucher a quitté l’abri des joueurs pour rendre visite à son as, au monticule.

La conversation fut plutôt courte. En réalité, il n’y a pas eu de conversation, du tout.

« Je lui ai demandé ce qu’il voulait faire. Je me suis dit qu’il était peut-être fatigué. Il avait franchi sa limite de lancers. Il ne m’a pas répondu. Il ne m’a même pas regardé. Il s’est simplement mis à taper du pied, sur le monticule. J’ai compris le message », a commenté Boucher.

Aumont était fâché d’avoir alloué un point, à ce moment-là. Il aurait préféré terminer l’année avec un blanchissage.

« Le pire, c’est qu’en début de soirée, je me réchauffais et je me disais que c’était un match qui ne voulait rien dire. Les deux équipes n’ont plus de chances de participer pour les séries. J’ai fini par me dire que je ne pouvais pas vraiment me permettre de faire le pitre. À compter de la deuxième manche, j’ai embarqué en deuxième vitesse. J’ai fini le travail. »

« Il aurait fallu un peu de magie pour battre Phil, affirme pour sa part le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini. Nous avons réussi à le battre deux fois, quand même, cette saison. Cette fois, nous n’avons simplement pas été capables d’aller chercher le gros coup sûr, après deux retraits. »

Chambers s’éclate

C’est finalement un circuit en solo du vétéran voltigeur Adron Chambers, en sixième manche, qui a fait la différence.

Quand il a vu la balle disparaître derrière la clôture du champ droit, l’ancien champion de la série mondiale – il faisait partie des Cards de Saint-Louis en 2011 – a poussé un soupir de soulagement.

Les jeunes joueurs qui ont été recrutés par Boucher dans le dernier mois ont fini l’année en force.

Lui, malgré toute son expérience, a eu du mal à cogner la balle avec régularité.

« J’étais content de frapper un circuit. J’étais content de frapper un coup sûr, tout simplement », dit-il.

« J’ai changé mon alimentation. Je fais du yoga. Je médite. Je me sens bien, insiste-t-il. Par moments, je crois que je suis mûr pour me lancer dans le coaching. Mais le compétiteur en moi veut jouer d’autres matches comme celui-là. »