La Française Stéphanie Foretz a gagné un premier tournoi depuis 2006.

Challenger de Gatineau: l'expérience de Foretz a raison d'Abanda

Le scénario de rêve du premier tournoi Challenger Banque Nationale de Gatineau ne s'est pas concrétisé dimanche alors que la jeune prodige québécoise Françoise Abanda s'est inclinée en grande finale.
L'expérience de la Française Stéphanie Foretz a eu le meilleur sur la jeunesse et la fougue de la Montréalaise de 17 ans, qui s'est impatientée un peu à la fin du match, qui a été retardé de trois heures et déplacé à l'intérieur, sur les courts de la Sporthèque, en raison de la pluie.
Foretz, classée 259e au monde, a triomphé 6-3, 3-6 et 6-3 pour mettre la main sur une bourse de 3900 $ en plus de 50 précieux points de l'ATP. Professionnelle depuis déjà 16 ans, la joueuse âgée de 33 ans remportait ainsi un premier titre en simple depuis 2006.
« Ça montre que tout est possible », a-t-elle dit en saisissant le micro après sa victoire.
« Il y avait un peu de stress par moments, forcément, c'est une finale, donc c'est difficile à gérer. J'ai réussi à tenir le truc, elle (Abanda) s'est agacée un peu à la fin et voilà. Mentalement, j'ai essayé de tenir le coup, d'avoir confiance en moi et ça a porté fruit », a-t-elle confié, mentionnant qu'elle avait été heureuse que le match se soit joué à l'intérieur, sur une surface dure qu'elle favorise.
À l'inverse, Abanda n'a pas apprécié le changement de site obligé par dame Nature, elle qui avait connu une belle semaine sur les courts extérieurs du parc de l'Île.
« J'ai fait trop d'erreurs, c'était un match que je pouvais gagner. Que le match soit joué à l'intérieur, ça m'a désavantagé. Ça fait six mois que je n'ai pas joué à l'intérieur, j'ai joué tous mes matches à l'extérieur », a dit une Abanda, fort déçue après sa défaite, qui lui a rapporté 2091 $ et 34 points ATP. Ces points lui permettront d'améliorer son 241e rang mondial.
Abanda impressionne
Abanda a quand même grandement impressionné tout au long de la semaine. Son adversaire en finale avait été impressionnée par son parcours, elle qui en a vu d'autres jeunes prodiges au fil de sa carrière.
« Je l'avais vue jouer, donc j'avais ma tactique dans ma tête, après c'était à moi d'arriver à le faire ou pas... La tactique, c'était de ne pas jouer son coup droit, d'attaquer avant elle, car elle a des frappes très fortes. De jouer très vite sur son revers et bien servir, ce que j'ai fait pour deux sets », analysait Foretz.
« J'ai un peu l'oeil et quand je l'ai vue cette semaine, je me suis dit, elle joue déjà bien cette fille. C'est vrai qu'elle a un super potentiel, techniquement elle a le coup droit, le revers, le service, c'est déjà super. Elle est puissante, physiquement elle est costaude. Après, le tennis, c'est beaucoup dans la tête. Mais elle a l'air de prendre son truc au sérieux, et si elle fait tout ça, elle va aller très haut. Franchement, je n'ai jamais affronté une aussi bonne joueuse à 18 ans (17 ans en fait) », a ajouté la Française originaire de Issy-les-Moulineaux.
De retour en 2015
Samedi, le duo des Japonaises Hiroko Kuwata et Chiaki Okadaue ont remporté le titre du double en défaisant leur compatriote Mana Ayukawa et la Polonaise Justyna Jegiolka 6-4 et 6-3.
Cette première édition du Challenger Banque Nationale de Gatineau a attiré entre 4000 et 5000 spectateurs, estiment les organisateurs. Un succès donc pour une première année. Le tournoi est assuré d'être de retour l'année prochaine en vertu d'une entente de trois ans avec Tennis Canada.
« Avec une étoile montante comme François Abanda qui s'est rendue en finale, et une championne comme Stéphanie Foretz, c'était un très bon scénario, on ne pouvait pas demander mieux. On a eu un défi à relever (avec la pluie d'hier), mais on l'a bien relevé. Nous avons eu de super bons commentaires, autant des officiels que des joueuses. On va chercher à s'améliorer pour l'an prochain », soulignait la coprésidente du comité organisateur, Joanne Demers.
Un souhait des spectateurs serait que des parties soient présentées en soirée plutôt qu'en fin d'après-midi au cours de la semaine, mais l'éclairage au parc de l'Île ne répondait pas aux exigences de la Fédération internationale de tennis pour ce faire. Des pourparlers pour améliorer celui-ci devront donc avoir avec la Ville de Gatineau.