Brendan Gallagher a probablement été l’unique succès de Marc Bergevin lors des repêchages des dernières années.

CH: un meilleur bilan à venir?

MONTRÉAL — La saison du Canadien n’est vieille que de trois matchs et déjà, la grogne des amateurs est palpable, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les courriels envoyés ici. On déplore les ratés d’une attaque qui aurait bien besoin d’un Alexander Radulov, l’unité défensive qui jouait mieux, semble-t-il, quand on y retrouvait un certain Andrei Markov.

Quatre jours après le premier match, on sent déjà Claude Julien agacé par certaines questions. Max Pacioretty, lui, a tenu des propos qui trahissaient une certaine impatience, après la défaite de dimanche. «Il ne faut pas se satisfaire de jeux faciles. Il faut en vouloir plus», a martelé le capitaine.

Le Tricolore ne dispute que deux matchs cette semaine, les deux à domicile, mais ce sont de puissantes attaques qui débarquent en ville : Chicago mardi et Toronto samedi. Si ces deux équipes poursuivent sur leur lancée, la grogne n’ira pas en diminuant.

Et si on cherchait un peu de positif dans l’entourage de l’équipe?

Depuis son arrivée en poste, Marc Bergevin essuie sa part de critiques dont celles de l’auteur de ces lignes pour les failles de l’organisation dans le recrutement et le développement des joueurs. Mais les dernières semaines ont donné lieu à des signes encourageants pour la première fois depuis des lunes.

En effet, dans la formation qui a disputé les trois premiers matchs, le Canadien compte trois nouveaux produits «maison», des joueurs repêchés par l’équipe : Charles Hudon, Victor Mete et Jacob De La Rose. Ce dernier représente un cas intéressant, puisqu’il avait disputé 33 matchs dans la LNH en 2014-2015 et 22 l’année suivante, avant de passer l’écrasante majorité de la dernière saison dans la Ligue américaine. S’il maintient sa place dans le quatrième trio, il constituera un bel exemple des vertus de la patience.

Plus que des figurants

Les trois joueurs ont en commun d’avoir été repêchés au-delà du premier tour. Et les trois ne sont pas de simples figurants. Mete joue plus de 18 minutes par match jusqu’ici et Hudon est employé dans les trois premiers trios. De La Rose occupe un rôle plus effacé, mais on a retranché les vétérans Torrey Mitchell et Ales Hemsky pour l’intégrer dans la formation.

Le repêchage n’a jamais constitué une grande source d’approvisionnement pour Bergevin depuis son arrivée. D’une part, les espoirs dont il a hérité de l’ancienne administration n’ont pas eu un grand impact. Danny Kristo, Louis Leblanc, Jarred Tinordi, Morgan Ellis et Darren Dietz, pour ne nommer qu’eux, n’ont eu aucun impact en LNH. Gabriel Dumont n’a jamais eu de véritable chance dans la LNH ici; il en a obtenu une avec le Lightning l’an passé, et il est encore dans la LNH aujourd’hui. Reste Nathan Beaulieu, dont le séjour chaotique à Montréal a pris fin en juin dernier.

Brendan Gallagher (2011) a donc été son unique véritable succès parmi ces joueurs dont il a hérité, qui demeurent tout de même la responsabilité de son grand patron du repêchage, Trevor Timmins.

D’autre part, la saison dernière, seulement trois joueurs repêchés depuis l’arrivée de Bergevin étaient établis à plein temps dans la LNH : Alex Galchenyuk, Sven Andrighetto (échangé au Colorado en fin de saison) et Artturi Lehkonen. C’était là un bien maigre bilan, d’autant plus qu’en 2012 et 2013, Bergevin avait repêché un total de 11 joueurs dans les 100 premiers rangs.

Hudon, De La Rose et Mete pourraient donc permettre au CH de doubler ce chiffre, sans oublier Mikhail Sergachev, échangé au Lightning contre Jonathan Drouin. On compte toujours Ryan McDonagh parmi les bons coups de Timmins ; il faudra en faire autant avec Sergachev s’il connaît une brillante carrière.

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SUCCÈS AU CAMP

Ça grouille aussi dans les échelons plus bas de l’organigramme.

Les plus fervents amateurs tiennent à l’œil Jake Evans, choix de 7tour en 2014 qui connaît une progression inattendue dans les rangs collégiaux américains. Cet attaquant de 21 ans en est à sa dernière année d’admissibilité à l’Université Notre Dame et compte déjà cinq points en deux matchs.

Parlant de choix de septième tour, un autre en a surpris plusieurs au camp avec son coup de patin : Jeremiah Addison (2015). On attendait cet ailier chez le Rocket de Laval cette année, après qu’il eut conclu sa carrière junior en gagnant la Coupe Memorial en mai dernier. Mais une blessure à une épaule subie au camp lui fera manquer six mois d’action. Toujours chez le Rocket, Brett Lernout a montré des signes encourageants au camp avant d’être retranché. 

La prochaine année pourrait changer les perceptions au sujet du duo Bergevin-Timmins. 

Reste toutefois à voir si l’aide arrivera à temps. Les quelque 8 millions de dollars disponibles sous le plafond salarial rappellent que rien ne vaut des produits maison, à une époque où les joueurs d’impact atteignent rarement l’autonomie. L’argent ne peut plus servir à boucher les trous. Mais on va s’arrêter là. Ne vous avait-on pas promis du positif?