Les nouveaux protégés de Josée Picard (gauche), Julianne Séguin (centre) et Charlie Bilodeau (droite), ont pris le deuxième rang lors des championnats nationaux à Halifax, l'an dernier.

«C'est un grand honneur» - Josée Picard

Josée Picard n'a jamais vraiment pensé qu'elle pourrait se retrouver au Temple de la renommée. « Pour moi, c'est le genre d'honneur qu'on réserve aux personnes qui sont décédées ou qui n'ont pas accompli quelque chose dans le sport depuis longtemps », commente la dame.
L'entraîneure originaire de l'Outaouais devra pourtant se faire à l'idée. Elle fera partie des gens qui accéderont au Temple de la renommée du patinage artistique canadien en 2017.
« C'est un grand honneur », a-t-elle expliqué, plus tôt cette semaine. Elle a répondu à l'appel du Droit alors qu'elle venait de quitter la patinoire. Elle continue, à ce jour, de travailler avec des athlètes de la relève.
« Vous savez, le patinage artistique, je n'ai pratiquement connu que ça », dit la dame qui est née à Hull, avant de grandir dans le secteur Pointe-Gatineau.
Mme Picard a enfilé ses premiers patins à l'âge de deux ans et demi, mais elle a mis un terme à sa carrière d'athlète assez rapidement. Elle a renoué avec son sport vers la fin de l'adolescence. L'enseignement lui permettait alors de gagner quelques dollars tandis qu'elle étudiait les communications sociales à l'université.
Elle songeait à une carrière de journaliste, à l'époque. Elle a même signé quelques textes dans la section des sports du Droit, alors qu'elle était dirigée par le réputé journaliste François Drapeau.
Elle a continué à travailler à temps partiel dans le monde de patinage dans la région de Montréal. Là-bas, elle a fait la connaissance d'une enfant très talentueuse. Elle a pu accompagner Isabelle Brasseur tout au long de son cheminement. Avec Lloyd Eisler, elles ont vécu les Jeux olympiques de Calgary et d'Albertville en 1988 et 1992.
Mme Picard a vécu les Jeux olympiques à cinq reprises, en tout. À Lillehammer, en 1994, elle travaillait également avec les danseurs Shae-Lynn Bourne et Victor Kraatz.
À Nagano, en 1998, elle a oeuvré avec un couple de patineurs japonais.
En 2002, à Salt Lake City, elle a vécu les JO pour une deuxième fois sur le continent nord-américain. Pour cette dernière expérience, elle accompagna une athlète de sa région d'origine, Annabelle Langlois. Là-bas, la jeune hulloise faisait équipe avec Patrice Archetto.
Après une quinzaine d'années, Josée Picard rêve d'un retour au plus grand rendez-vous sportif sur la planète.
Ses nouveaux protégés, Julianne Séguin et Charlie Bilodeau, ont pris le deuxième rang lors des championnats nationaux à Halifax, l'an dernier. « Ils sont encore très jeunes, mais ils ont une chance de se qualifier. On en saura davantage après les qualifications du mois de janvier », dit l'entraîneure.
« Disons que je continue à travailler parce que c'est ma passion. J'ai recommencé à travailler à partir de zéro avec un nouveau duo. Nous nous sommes déjà rendus très loin. Nous pourrions atteindre les Jeux ou non. Nous avons quand même accompli quelque chose de spécial. C'est vraiment enrichissant. »
Quatre autres entraîneurs - Sadie et Albert Enders, de même qu'Éric Gilles et Ron Vincent - seront aussi intronisés au Temple de la renommée du patinage artistique canadien cette année.
Le journaliste Steve Milton sera également honoré.
Tous ces gens se retrouveront quand même dans l'ombre des anciennes patineuses Jennifer Robinson et Joannie Rochette.