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Ce qu'il faut savoir avant le repêchage de la LCF
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Ce qu'il faut savoir avant le repêchage de la LCF
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Le Rouge et Noir garde la même recette

Rouge et noir

Le Rouge et Noir garde la même recette

Martin Comtois
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Le Droit
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Le Rouge et Noir optera-t-il pour un joueur de ligne offensive pour la septième fois en neuf ans? Ou se rabattra-t-il sur un receveur afin de préparer la relève du toujours fiable, mais vieillissant Brad Sinopoli?

Marcel Desjardins cache bien son jeu à quelques jours du repêchage. «On n’a pas vraiment de besoins», lance le directeur général d’un ton taquin. Ottawa, qui parlera au sixième rang, s’est bâti au fil de sa courte histoire l’un des meilleurs groupes de joueurs canadiens. Sa profondeur fait l’envie de plusieurs clubs.

Et surtout, l’organisation a toujours vu juste au premier tour. Tous ses premiers choix entre 2013 et 2019 ont vu de l’action, de MacMillan à Fontana en passant par Pruneau, Mateas, Lauzon-Séguin, Johnson et Korte.

La pandémie a privé le demi défensif Adam Auclair, sélectionné sixième l’an dernier, de jouer.


« Ça fait plusieurs années que notre recette fonctionne, même si notre groupe aux opérations football a subi quelques changements. »
Marcel Desjardins

Ce dernier a reconnu que son équipe a toujours accordé une «grande importance» aux joueurs de ligne offensive. «Mais est-ce une priorité cette année? Pas nécessairement.»

«Il y a plusieurs critères à considérer. Que ce soit l’état de santé du joueur, la profondeur que nous avons à certaines positions. Est-ce que le joueur compte retourner aux études pour une dernière année? Est-ce que le joueur va obtenir une opportunité dans la NFL?»

Le Rouge et Noir n’a jamais sélectionné, en première ronde, un joueur qui avait des visées aux États-Unis.

La saison 2021 sera unique, parce qu’une double cohorte de recrues pourrait se présenter au prochain camp d’entraînement. Des clubs de la LCF pourraient être tentés plus que jamais de repêcher un joueur qui ne se pointera pas avant un an ou deux.

Une chose ne changera pas chez le Rouge et Noir. Son amour pour les joueurs de la place. Desjardins et ses adjoints ont toujours consacré un choix ou deux à des produits d’Ottawa-Gatineau.

«Il y a beaucoup de bons joueurs d’ici qui sont disponibles. Et ça va continuer comme ça dans les prochaines années. Chez nous, c’est un critère quand vient le temps de décider. Mais ce n’est pas le fait déterminant. Mais si deux joueurs sont semblables dans notre évaluation, c’est sûr qu’on prendra le joueur qui vient d’Ottawa au lieu du gars de Vancouver.»

L’année des Franco-Ontariens dans la LCF?

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L’année des Franco-Ontariens dans la LCF?

Martin Comtois
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Le Droit
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La cuvée 2021 du repêchage de la LCF possédera une importante saveur locale francophone.

Le Gatinois Patrick Davis n’est pas le seul espoir qui devrait être réclamé. Le nom du demi défensif Patrice René, d’Ottawa, arrive au 11e rang des meilleurs joueurs disponibles selon le récent classement du bureau de recrutement du circuit.

Deux autres produits francophones de la capitale, tous deux des ailiers défensifs, ont fait partie de ce classement à l’automne, puis à l’hiver.

Alain Cimankinda a amassé 16,5 sacs en 23 parties en carrière à Guelph avant de transférer à Carleton. Quant à Luiji Vilain, il a passé les derniers automnes dans la NCAA chez les Wolverines du Michigan. À ces joueurs s’ajoutent le receveur Dylan St. Pierre et le bloqueur Chris Fournier.

Le secondeur natif d'Ottawa, Luiji Vilain, lors d'un match simulé des Wolverines du Michigan.

St. Pierre, 22 ans, suit les traces de son père Marcel, qui était un ancien receveur au collège John Abbott et l’université St-Francis Xavier, en Nouvelle-Écosse. Le joueur des Gee Gees d’Ottawa a pu se faire valoir devant des dépisteurs de la NFL et de la LCF, en janvier en Floride, au Tropical Bowl.

« J’ai bien fait, même si c’était une expérience différente. Le match se déroulait selon les règles du football américain sur un terrain plus petit aux dimensions de la NFL. »

Le mot-clé, ici, est « jouer ». Car St. Pierre, à l’image de Cimankinda et les autres athlètes issus des rangs universitaires canadiens, n’a pas eu de saison à l’automne 2020 en raison de la pandémie. « J’ai donc décidé d’en prendre avantage afin que mon corps soit dans la meilleure forme possible en vue du repêchage et d’un éventuel camp d’entraînement de la LCF », affirme le joueur surnommé « DSP » par ses coéquipiers.

Quant à Fournier, il a évolué trois saisons au sein de la ligne offensive des Mountain Hawks de l’université Lehigh, tantôt comme bloqueur puis centre. Il a fréquenté le même « prep school » que René en Virginie avant de faire le saut dans la NCAA.

Dans son cas, sa famille ne carbure pas nécessairement au football, mais plutôt à... l’aviron. Sa mère et son père ont pratiqué ce sport à l’université McGill.

Le bloqueur Chris Fournier (57), d'Orléans, a disputé les trois dernières saisons chez les Mountains Hawks de l'université Lehigh, en Pennsylvanie.

Papa Ed dirige maintenant les espoirs de l’université Carleton.

« Mes parents mesurent cinq pieds huit pouces. Pour une raison que j’ignore, j’ai abouti à presque six pieds quatre pouces et 290 livres », lance Chris Fournier en riant.

En raison de son gabarit, l’aviron n’était pas une option pour lui.

L’ancien des Panthers de Cumberland aimerait bien revenir à Ottawa. « Ça fait presque six ans que je suis parti de la maison en raison du football », note-t-il.

Qui sera le prochain Brodeur-Jourdain?

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Qui sera le prochain Brodeur-Jourdain?

Martin Comtois
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Luc Brodeur-Jourdain se souvient encore très bien de l’année de son repêchage dans la LCF. Il avait été le tout dernier choix de l’encan 2008.

Les Alouettes de Montréal avaient réclamé le joueur de ligne offensive au 48e et dernier rang de la sixième ronde. Quelques minutes auparavant, le secondeur Pierre-Luc Labbé avait abouti chez les Blue Bombers de Winnipeg.

« Je serais surpris s’il y a deux autres gars dans l’histoire de la ligue qui ont joué autant de matches que nous après avoir été sélectionnés aux deux derniers rangs », affirme Brodeur-Jourdain, qui a disputé 11 saisons dans la LCF.

On sent la fierté dans sa voix.

Le colosse maintenant âgé de 38 ans a gagné deux fois la coupe Grey en plus d’être nommé au sein de l’équipe d’étoiles du circuit en 2012.

Quant à Labbé, le produit du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke a pris part à 104 parties à Winnipeg, réussissant 76 plaqués défensifs en plus de marquer un touché. Il a pris sa retraite après la saison 2013, devenant policier à la GRC.

« Pierre-Luc a eu une très belle carrière. Il a été partant et il jouait très bien sur les unités spéciales. Il avait choisi le numéro 47. Je pense que c’était pour se rappeler son rang de sélection. Il avait toujours le couteau entre les dents », souligne Brodeur-Jourdain.

La morale de l’histoire à la veille du prochain repêchage de la ligue canadienne?


« Que tu sois premier ou dernier, sois fier de qui tu es. »
Luc Brodeur-Jourdain

L’encan annuel des joueurs universitaires regorge d’exemples de choix tardifs qui ont fini par percer. En 2019, les Bombers ont choisi le Québécois Kerfalla-Emmanuel Exume au dernier tour.

À sa première saison chez les pros, ce dernier a terminé au deuxième rang de la ligue au chapitre des plaqués au sein des unités spéciales.

Exume s’est joint en février aux Alouettes où il retrouvera justement Brodeur-Jourdain, maintenant entraîneur de la ligne offensive.

« Avoir été sélectionné au dernier rang, ça représentait juste moins d’opportunités d’échouer que quelqu’un qui avait été sélectionné en première ou deuxième ronde, se souvient l’ancien numéro 58 des Alouettes. La seule chose qui te reste à faire, c’est de surprendre des gens et changer ce qu’il pensait de toi au préalable. C’est d’établir c’est quoi ton avantage concurrentiel durable et en faire la promotion. Dans mon cas, c’était aussi simple d’être un gros bonhomme qui travaillait toujours. Je ne terminais pas non seulement mon bloc, mais je courais au ballon. J’aidais mes coéquipiers à se relever. C’était l’effort et l’assiduité. »

Brodeur-Jourdain a souvent partagé son histoire avec des étudiants dans diverses écoles secondaires du Québec. Il participait à des conférences organisées par les Alouettes.

L’athlète de Saint-Hyacinthe avait toujours le même message aux ados. « Quand les gens disent que tu es quelqu’un de chanceux, c’est simplement que tu t’es préparé à saisir ton opportunité. Ça s’applique à toutes les sphères de la société. C’est comme le gars au poker à qui il manque une carte dans son jeu. Il décide quand même de relancer l’adversaire et il obtient finalement la carte dont il a besoin. Il aurait pu jeter les cartes. Mais il était prêt à prendre une décision qui demandait du courage », relate-t-il.

« Quand les Alouettes m’ont repêché, c’était mon opportunité. Je me retrouvais au sein de l’équipe avec laquelle je voulais jouer. »

Et surtout, il était prêt à la saisir cette opportunité. Même si c’était la dernière offerte lors de ce repêchage.