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La cycliste de Gatineau, Karol-Ann Canuel, roule pendant un entraînement.
La cycliste de Gatineau, Karol-Ann Canuel, roule pendant un entraînement.

Canuel devient la mentore de Laury Milette

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Karol-Ann Canuel se trouvait sur une route d’Espagne avec quelques coéquipières de son équipe professionnelle SD Worx.

La cycliste de Gatineau revenait d’un camp d’entraînement dans les montagnes de Sierra Nevada afin de la préparer en vue de sa prochaine course majeure en Belgique de même que sa participation olympique en juillet, à Tokyo. Elle avait amplement temps de jaser. Ce n’était pas elle derrière le volant.

Il a été question d’un peu de tout. De son début de saison « qui va bien, même si je n’ai pas eu la chance de faire plusieurs courses ».

Il y a eu cette 13e place à une étape du Heathy Ageing Tour, le mois dernier, aux Pays-Bas.

On la reverra sur le fil de départ mercredi prochain à la Flèche wallonne. Une compétition à laquelle elle a déjà terminé 10e en 2012.

« Une belle course où j’ai déjà connu du succès. Mais habituellement, c’est ma coéquipière Anna va der Breggen qui gagne ça... Ça doit faire cinq ou six fois de suite qu’elle termine première ! »

Canuel était de bonne humeur, même si son horaire change pas mal ici et là.

« Nous avons une plus grosse équipe avec plus de filles, explique-t-elle. La seule chose que je sais, c’est que je participe à la Flèche. À part ça, je n’ai aucune idée. »

Le journaliste lui a rappelé qu’elle est assurée de sa place aux Jeux olympiques dans l’équipe canadienne. « C’est pour ça que j’ai décidé de rouler cette saison », avoue-t-elle.

« Le rêve, c’est de se retrouver sur le podium. J’aimerais avoir la course de ma vie. Tant que je donne tout, je n’aurai aucun regret. »

Sa carrière tire à sa fin. Canuel le sait. Elle fête ses 33 ans ce week-end.

À l’opposé, Laury Milette commence la sienne sur la scène internationale après une participation aux championnats du monde juniors à l’automne 2019.

La vice-championne canadienne junior en titre s’est joint cette saison à la formation Macogep-Tonatech-Girondins de Bordeaux. La jeune femme de 18 ans devait se taper quelques projets de course en Europe.

« Ç’a été mis sur la glace pour l’instant avec tout ce qui se passe avec la COVID-19 », note-t-elle.

Laury Milette, lors d’une séance de photos de sa nouvelle équipe, Macogep-Tonatech-Girondins de Bordeaux

Ce qui explique pourquoi on peut la croiser ces jours-ci dans le parc de la Gatineau ou ailleurs en Outaouais sur les routes.

La cycliste qui porte un maillot bleu des Girondins, c’est elle. « Il n’y a pas beaucoup de filles au Québec qui porte ces couleurs », précise-t-elle en riant.

Une partie de la formation est composée de coureuses européennes. Le groupe est dirigé par Gérard Penarroya.

Le même homme qui a été le premier patron de Canuel à ses débuts chez les pros de 2007 à 2009.

« Je roulais dans la même équipe que Laury en ce moment », confirme Canuel.

Les deux femmes se connaissent bien malgré les 15 ans qui les séparent.

D’abord parce que l’ami de cœur de Canuel, Shawn Clarke, a déjà été l’entraîneur de Milette dans les rangs juvéniles. Puis parce que les deux athlètes font partie d’un programme mis sur pied par la fondation « Bridge the Gap » dans lequel un cycliste établi au pays épaule un espoir de premier plan.

« J’agis comme mentore pour Laury », explique Canuel.

« Je lui parle un peu. Et si elle a des questions, je suis toujours disponible pour elle. »

Milette a déjà été privée de plusieurs opportunités l’an dernier, dont une deuxième participation aux Mondiaux juniors. Cette saison, plusieurs courses au Québec ont été repoussées à la fin de l’été ou le début de l’automne.

C’est le cas des championnats canadiens.

« C’est plate pour Laury qu’elle n’ait pu vivre les championnats du monde une deuxième fois. Mais je ne suis pas inquiète pour elle. Une carrière en cyclisme, ça peut être long. Elle va pouvoir se reprendre », affirme Canuel.

« Je pense qu’elle se trouve dans une bonne équipe. Un jour, elle va pouvoir courir en Europe. Il faut juste être patient. Ça ne vaut pas le risque de sauter des étapes. Il faut les prendre une à la fois. »

Milette, elle, se considère chanceuse de miser sur les conseils de la vétérante qui dispute sa dixième saison à temps plein sur le Vieux Continent.

« Je ne sais pas comment on a décidé de m’attribuer Karol-Ann comme mentore, mais je suis contente. Je cherche à bien gérer mes études tout en pratiquant mon sport », affirme l’athlète qui aspire à devenir éventuellement vétérinaire.

« Karol-Ann a eu une carrière académique importante (sciences infirmières à l’UQO) tout en roulant. Elle m’a déjà beaucoup aidé à mieux structurer mes journées en me proposant des horaires. »