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Pacioretty ne se voit pas ailleurs qu'à Montréal

BROSSARD — De son propre aveu, il a fallu un certain temps à Max Pacioretty à saisir les subtilités et les différences de la vie à Montréal. Il a fini par les comprendre au point où il se voit y passer le reste de ses jours avec sa famille. Si seulement il avait la certitude que son cheminement professionnel ne le mènera pas dans une autre ville de la Ligue nationale de hockey.

Pendant une mêlée de presse qui a duré quelque 22 minutes, Pacioretty a maintes fois répété qu’il aimait tout de Montréal, de son équipe de hockey, de ses exigeantes tâches de capitaine et des partisans qui, affirme-t-il, lui professent leur amour sur une base quotidienne.

«Je l’ai dit tellement souvent; j’aime jouer à Montréal. Je retire beaucoup de fierté à jouer à Montréal, j’ai connu beaucoup de succès en jouant à Montréal et j’en suis très fier», a déclaré Pacioretty en prenant le soin d’ajouter qu’il y vit à longueur d’année et qu’il s’y est investi.

«Dans un monde idéal, je veux être un Canadien de Montréal pour le reste de ma vie. Mais nous savons que les choses ne sont pas idéales en ce moment. De toute évidence, les choses vont changer. Je ne pas ce qui va arriver et l’avenir nous le dira», a ajouté Pacioretty, lors de la journée réservée au bilan de fin de saison du Canadien, à Brossard.

Après avoir été mêlé à des rumeurs d’échange pendant tout le mois de février — des rumeurs qui l’ont dérangé, a-t-il de nouveau reconnu — Pacioretty n’a pas été en mesure d’affirmer qu’il avait reçu un engagement de la part des dirigeants de l’équipe quant à son avenir avec le Canadien.

«Je ne suis pas certain. Je ne sais pas quoi répondre à ça. Peut-être allez-vous devoir leur demander. Si je répondais à ça, ce serait de la spéculation.»

Si Pacioretty n’est pas certain du niveau d’engagement de la direction de l’équipe à son endroit, il est persuadé que la grande majorité des amateurs sont derrière lui.

«À l’extérieur de ce cercle, tout est positif et je suis vraiment sincère. Je suis dans la ville tous les jours, et si ce n’était pas positif, je ne serais pas dans la ville tous les jours. Je reçois tellement d’appuis de la part des amateurs. Ils me disent tous qu’ils m’aiment et en 10 ans, je n’ai jamais eu une seule rencontre désagréable», a-t-il déclaré.

Malgré tout son amour pour Montréal, il sait aussi que le rendement de l’équipe et le sien cette saison n’ont pas atteint les normes escomptées. Or, dans de telles circonstances, a-t-il noté, toutes les personnes impliquées doivent trouver des réponses afin d’expliquer ce qui s’est passé.

«Comme nous le savons tous, le hockey a été inférieur aux attentes, mon jeu aussi. Ce fut une année très difficile pour moi, et j’en prends l’entière responsabilité. J’ai connu une mauvaise saison. Une très mauvaise saison. Ça ne m’est jamais arrivé sur le plan des statistiques. Et je vais devoir vivre avec ça.»

Si jamais Pacioretty devait avoir disputé son dernier match dans l’uniforme du Canadien, il veut que les amateurs sachent que Montréal est devenue sa ville.

«Ce que je vous ai dit plus tôt, c’est quelque chose que j’avais en tête depuis longtemps. Je sais que les amateurs m’aiment parce que je l’entends des fans et non de quelqu’un qui me dit que les fans pensent ainsi. Et j’adore ça ici. D’une manière ou d’une autre, je vais probablement toujours vivre dans cette ville, que ce soit durant l’été ou à la fin de ma carrière. J’aime tout de cette ville et j’adore jouer au hockey ici. Nous sommes tellement à l’aise avec le mode de vie ici. Ça m’a pris un certain temps à m’y habituer. Je ne dirais pas que c’était un choc des cultures, mais c’est une ville avec un cachet davantage européen et je ne le réalisais pas au départ, car j’étais plus jeune et je venais des États-Unis. Mais nous sommes tombés en amour avec cette ville, et que je joue ici ou non, je vais probablement toujours dire que Montréal sera ma ville.»

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Sports

L'heure est au bilan pour le CH

Comme elle l’avait fait l’année dernière, la direction du Canadien de Montréal tiendra son bilan de la saison en deux temps, lundi à Brossard.

Dans une convocation officielle acheminée en milieu d’après-midi dimanche, le Canadien a invité les médias à se présenter au Complexe sportif Bell à 9 h 30 pour l’accès aux joueurs.

Puis, à 16 h, la salle de conférence de presse à Brossard sera le théâtre d’une rencontre de presse fort attendue, qui réunira le propriétaire et président du Canadien, Geoff Molson, et le directeur général Marc Bergevin. La convocation ne fait pas état de la présence de l’entraîneur-chef Claude Julien.

La saison du Tricolore s’est terminée samedi soir avec une défaite de 4-2 aux mains des Maple Leafs de Toronto au Centre Air Canada. Dans les faits, la formation montréalaise avait subi l’élimination mathématique après un échec de 5-3 contre les Penguins de Pittsburgh le 21 mars.

L’équipe a donc raté les séries pour la deuxième fois en trois saisons. Entre les deux, elle a été éliminée en six matchs lors du premier tour éliminatoire face aux Rangers de New York.

Le Canadien a complété la campagne avec une fiche de 29-40-13 pour un total de 71 points, le deuxième plus bas de son histoire au fil d’une saison de 82 parties. Les 40 défaites égalent une marque peu enviable de la concession, réalisée d’abord en 1983-84 — lors d’une saison de 80 matchs — et de nouveau en 2000-01, en 82 rencontres.

Le Canadien a aussi établi deux records d’équipe en subissant 12 blanchissages en saison, dont sept à l’étranger. Les cinq revers par jeux blancs à domicile ont égalé une autre marque d’équipe.

La formation montréalaise a complété la saison au 28e rang du classement général, ce qui lui donne 9,5 pour cent des chances de gagner la loterie pour l’obtention du premier choix de la séance de sélection du juin prochain à Dallas. Le tirage au sort aura lieu le 28 avril.

À la mi-mars, en marge d’une activité organisée par la Fondation des Canadiens pour l’enfance, Geoff Molson avait réitéré sa confiance à l’endroit de Marc Bergevin. Il avait cependant admis qu’il était insatisfait de la performance de l’équipe et laissé planer la possibilité de procéder à des changements qui pourraient toucher plusieurs secteurs de l’organisation.

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CH: saison complétée... dans la médiocrité

TORONTO — La saison de misère du Canadien a finalement pris fin avec une 40e défaite en temps réglementaire, un record d'équipe, alors que la formation montréalaise a baissé pavillon 4-2 face aux Maple Leafs de Toronto, samedi.

Après s'être sauvé la face avec une défaite en prolongation et une victoire plus tôt cette semaine, les joueurs du Tricolore ont vu l'édition 2017-18 s'ajouter dans le livre des records du Canadien aux côtés de celles de 1983-84 et de 2000-01, au chapitre des défaites à la régulière.

«Au début de la saison, on savait qu'on faisait des changements pour le futur, a mentionné l'entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien. On s'attendait à faire face à des défis en cours de route, mais il y en a eu beaucoup plus que ce à quoi on s'attendait, à cause des blessures. [...] Mais on va se retrousser les manches et on espère que la malchance qui nous a suivis est maintenant chose du passé.»

Auston Matthews a amassé un but et une aide pour les Maple Leafs (49-26-7), tandis que Zach Hyman, Nazem Kadri et Patrick Marleau ont fait bouger les cordages en troisième période. Jake Gardiner a récolté deux aides et Frederik Andersen a repoussé 31 lancers.

Daniel Carr et Jeff Petry, en fin de rencontre en avantage numérique, ont répliqué pour le Canadien (29-40-13). Carey Price a cédé quatre fois contre 30 tirs.

Après avoir balayé sa série saisonnière face aux Maple Leafs lors de trois campagnes consécutives, le Canadien a subi la même médecine cette saison. La dernière fois que le Canadien avait été balayé par les Leafs, c'était en 1992-93 (0-2-0).

«Selon mon expérience personnelle, on apprend plus dans les moments difficiles que dans les moments faciles, a dit Julien. Et qu'on soit un joueur ou un entraîneur, on ne cesse jamais d'apprendre. On va retirer une leçon de cette saison et on va essayer d'en prendre avantage.»

Le Canadien termine la saison au 14e rang de l'Association de l'Est et ne sera pas des séries éliminatoires pour une deuxième fois en trois ans. Le propriétaire Geoff Molson a déjà mentionné que chaque aspect de l'équipe sera évalué et qu'il devrait y avoir des changements.

Pas de taille

Il a fallu attendre un premier avantage numérique pour voir une équipe véritablement cogner à la porte, et ce sont les Maple Leafs qui sont passés à l'action. Quelques instants après que Gardiner eut atteint la barre horizontale, Matthews a profité d'une remise parfaite de William Nylander pour ouvrir la marque après 18:05 de jeu.

Le Canadien a bousillé deux occasions en avantage numérique lors du deuxième vingt. Alex Galchenyuk a raté un filet ouvert, puis Brendan Gallagher a été frustré deux fois par Andersen.

Carr a finalement créé l'égalité avec 3:56 à faire à l'engagement. Il a frappé une rondelle au vol après que Michael McCarron eut fouetté avec peu d'aplomb un retour accordé par Andersen sur un puissant lancer sur réception de Kerby Rychel.

Price a permis au Tricolore de rentrer au vestiaire dans une impasse en sortant la mitaine aux dépens de James van Riemsdyk avec un peu plus de deux minutes à faire à la période.

Ce n'était que partie remise pour les locaux, puisque Hyman a redonné les devants aux Leafs après seulement 37 secondes de jeu en troisième période. Il a profité d'un retour à la suite d'un tir sur réception de Matthews.

Kadri a ajouté un but d'assurance, encore en avantage numérique, avec 2:50 à faire à la partie. Ce but s'est transformé en but vainqueur quand Petry a fait mouche, lui aussi en avantage numérique, avec 40 secondes à écouler. Marleau a finalement profité d'une bévue de Price devant son filet pour compléter la marque avec moins de 10 secondes à faire.

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Deslauriers a des ailes face aux Wings

DETROIT — On comprendrait Nicolas Deslauriers de vouloir demander une modification au calendrier de la saison régulière pour que le Canadien joue plus souvent face aux Red Wings.

Jeudi au Little Caesars Arena, le coriace attaquant a marqué deux buts et a aidé le Canadien à vaincre Detroit 4-3. Du même coup, il a permis à la troupe de Claude Julien de balayer sa série de quatre matchs contre les Wings, lui qui a récolté cinq points contre eux cette saison.

Deslauriers a complété son doublé avec un peu plus de cinq minutes à écouler au deuxième vingt. Il s’agissait de ses 9e et 10e buts cette saison en 57 matchs. C’est deux buts de moins que son total à Buffalo... en 211 matchs!

Il s’agissait également de son deuxième match de deux buts cette saison, un tour de force qu’il avait également réalisé le 19 décembre à Vancouver, face aux Canucks.

«Ç’a été une bonne saison pour Nicolas», a noté Julien. «C’est un gars qui ne joue pas nécessairement en avantage numérique. Ses buts viennent à cinq contre cinq. Ce sont des situations où on a besoin de marquer plus de buts et il fait son travail de ce côté-là. Je pense qu’il réalise aussi quel est son rôle et il le fait bien. Je suis content pour lui.»

Lehkonen s’est rattrapé

Deslauriers a obtenu l’aide de Brendan Gallagher, auteur de son 31e but de la saison, et d’Artturi Lehkonen, qui a inscrit le filet victorieux à 2:23 du troisième vingt. «Pour gagner des matchs, tu as besoin de buts à des moments opportuns, des moments importants dans le match et c’est ce que Lehkonen a fait», a souligné Julien.

Pour Lehkonen, il s’agissait de son 12e de la saison et d’un 7e à ses 14 dernières rencontres. Selon son entraîneur-chef, les statistiques du jeune Finlandais n’ont rien à voir avec la supposée guigne de la deuxième année.

«Il a manqué beaucoup de temps en début de saison, et ça lui a pris du temps à rattraper l’équipe et les autres équipes dans la ligue. Ce n’est pas facile et on le voit avec Schlemko aussi. Quand tu es absent au début de saison pendant un bon bout de temps, ça devient difficile à rattraper. C’est ce qu’on voit dans Lehkonen. Il semble qu’il a plus ou moins rattrapé et on commence peut-être à voir ce qu’on a vu chez lui l’an dernier.»

La riposte des Red Wings est venue de Dylan Larkin, Tyler Bertuzzi et Darren Helm aux dépens d’Antti Niemi, qui a fait face à 26 tirs, deux de moins que Coreau. Il s’agit d’une 11e victoire pour le Canadien à l’étranger, et d’une troisième seulement depuis le début du mois de mars. 

Le Canadien complétera son calendrier régulier samedi en rendant visite aux Maple Leafs de Toronto.  Avec La Presse