Carey Price, qui a rejoint Jacques Plante dans la défaite de 2-1 contre les Devils dimanche, deviendra le gardien ayant disputé le plus de match avec le Canadien lors de sa prochaine présence devant le filet.

Price dans la classe de Plante et de Roy?

MONTRÉAL — Carey Price a égalé le record de Jacques Plante en participant à un 556e match dans l’uniforme tricolore, dimanche. Mais mérite-t-il déjà une place parmi les légendes du Canadien après 11 saisons?

Ses coéquipiers ne manquent jamais de qualificatifs quand ils parlent de lui, mais que disent les chiffres? Si Price a rejoint Plante au chapitre des matchs disputés, il traîne encore de la patte du côté des victoires. Avec 286 gains, il se retrouve au troisième rang dans l’histoire du CH, derrière Plante (314) et Patrick Roy (289). Âgé de 30 ans et sous contrat pour encore huit saisons, il devrait battre cet autre record de Plante lors de la prochaine campagne, ou encore lors de la suivante.

Plante a obtenu 28 victoires de plus que Price pour un nombre égal de parties disputées. De son côté, Roy a accumulé ses 289 victoires en 551 matchs, soit trois victoires de plus en cinq matchs de moins. Sans son divorce avec la Sainte-Flanelle en décembre 1995, il aurait fort probablement réécrit le livre des records de l’équipe.

De plus, Roy et Price ont pu accumuler les victoires à un rythme plus rapide que Plante en raison de l’ajout de la prolongation après 60 minutes de jeu en 1983. C’est encore plus vrai dans le cas de Price, qui joue à une époque où les matchs nuls n’existent plus.

Il ne faut pas non plus oublier Ken Dryden, qui a signé 258 victoires en seulement 397 rencontres pendant l’époque glorieuse des années 1970. Plante et lui ont aussi un avantage au chapitre des Coupes Stanley, qu’ils ont remporté chacun six fois. Roy a guidé le CH vers ses deux plus récentes conquêtes en 1986 et en 1993. Pour ce qui est de Price, les partisans attendent toujours qu’il remplisse cette promesse.

Difficile de comparer

«La ligue a tellement changé et le style de jeu a aussi évolué. C’est difficile de comparer les époques», a rappelé le défenseur Noah Juulsen. «Mais Price mérite une place assez haute dans la liste, et il jouera encore beaucoup de matchs dans sa carrière.»

Dans une ligue à 31 équipes, comparativement à six lors des débuts de Plante et de 14 à 18 équipes pendant les années de Dryden, il est difficile de comparer la taille du défi devant Price pour remporter les grands honneurs de nos jours. De plus, Plante avait besoin de huit victoires en séries pour gagner la Coupe Stanley et Dryden, 12. Aujourd’hui, Price devra aider à signer 16 victoires pour soulever le prestigieux trophée.

Si l’on compile plutôt les séries remportées au cours desquelles les gardiens ont signé au moins trois des quatre victoires, Price affiche aussi un retard considérable sur les légendes du Tricolore. Il n’a gagné que quatre séries, comparativement à 12 pour Plante, 16 pour Roy et 19 pour Dryden.

Et les statistiques comme la moyenne de buts alloués et le taux d’efficacité ne servent pas vraiment d’indicateurs en raison de l’évolution de la LNH. La moyenne de 3,05 de Price cette saison le classe au 42e rang parmi les gardiens ayant disputé au moins 25 matchs. Elle aurait toutefois été la cinquième meilleure en 1992-1993, lors de la dernière conquête du CH, et la 14e meilleure en 1970-1971, la saison du premier triomphe de Dryden.

«D’entendre son nom dans la même phrase que ces légendes, c’est une belle leçon d’humilité. Quand tu es repêché, tu ne sais pas comment ta carrière va se dérouler», a affirmé Price. «Je suis fier d’avoir porté les couleurs du Canadien aussi longtemps.»