La troupe de Claude Julien croisera le fer avec les Penguins de Pittsburgh dans une série deux de trois afin de déterminer laquelle des deux formations participera aux séries éliminatoires de la LNH.
La troupe de Claude Julien croisera le fer avec les Penguins de Pittsburgh dans une série deux de trois afin de déterminer laquelle des deux formations participera aux séries éliminatoires de la LNH.

«On veut faire durer le plaisir le plus longtemps possible», dit Claude Julien

« Vous allez peut-être trouver ça drôle, mais je suis très sérieux », a déclaré Claude Julien, sur un ton solennel, en début de semaine.

« Je vois une seule différence dans mon travail, en ce moment. Et cette différence, c’est que je ne dois pas oublier de mettre mon masque chaque fois que je sors de mon bureau. »

À 60 ans, l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal a résumé, de cette façon, son travail durant cet été qui n’a pas grand-chose de normal.

On le connaît bien, Julien, dans la région d’Ottawa-Gatineau. Il a longtemps habité dans le secteur Orléans. C’est ici qu’il a fait ses débuts dans le coaching. Il était un tout jeune homme, au milieu des années 1990, quand il a mené les Olympiques de Hull à leur seule et unique conquête de la Coupe Memorial.

Il a fait ses débuts dans les rangs professionnels au début des années 2000 et, depuis, toutes les années se ressemblent. Camp d’entraînement au début du mois de septembre. Déclenchement des hostilités en octobre. Longue saison régulière ponctuée d’innombrables déplacements. Les séries éliminatoires surviennent, au printemps, au terme des années où tout s’est bien passé.

Une fois, en 2011, ça s’est très bien passé.

Cette année-là, Julien a remporté la coupe Stanley pour la première fois en quatre décennies.

Dans son long parcours, Julien n’a jamais, au grand jamais, dirigé une équipe de hockey d’élite durant les chaudes semaines de juillet.

Il s’exécute pourtant avec bonne humeur, depuis le début de la semaine. Il va jusqu’à dire qu’à part le masque, obligatoire au Complexe Bell de Brossard, tout est normal.

Retour sur quelques déclarations intéressantes de l’entraîneur-chef franco-ontarien, à l’occasion de ses conférences de presse quotidiennes, durant la première semaine du camp d’entraînement de son équipe.


« Ce sera plus intense qu’une saison régulière ordinaire. [...] Nous allons bientôt nous attaquer à une saison de cinq parties. »
Claude Julien

Pas de pause

« Durant les deux derniers mois, je suis resté en contact avec mes adjoints. Nous avons travaillé sur les façons d’améliorer notre jeu. Il y a vraiment beaucoup d’endroits où notre équipe peut être meilleure. Nous avons aussi pris le temps de regarder, un peu, les Penguins. Nous avons identifié les choses que nous avons bien faites, contre eux, et les choses que nous aurions pu faire mieux. Cette semaine, nous voulons travailler sur notre façon de jouer. La semaine prochaine, nous allons nous pencher davantage sur le cas des Penguins. »

Ainsi donc, Julien ne s’est pas vraiment donné le droit de décrocher. On espère, pour lui, que toutes ces heures supplémentaires seront payantes. Il n’est jamais facile d’affronter une formation aussi expérimentée, avec un noyau de vétérans qui a déjà remporté la coupe à trois reprises, dans le contexte d’une série aussi courte et intense...

Le défi Crosby

« Je vais vous dire... Crosby, il est comme toutes les autres supervedettes que j’ai eu la chance de côtoyer. Ces gars-là ne sont jamais satisfaits. Chaque jour, à l’entraînement, ils veulent toujours être meilleurs. Ce n’est pas un cas unique. À Boston, je vivais la même situation avec Patrice Bergeron et Zdeno Chara. Je suis certain que c’est pareil, à Edmonton, pour Connor McDavid. Wayne Gretzky a fait la même chose, tout au long de sa vie. »

Crosby a remporté la coupe en 2016 ainsi qu’en 2017. L’année suivante, les Penguins ont manqué de carburant durant la deuxième ronde, mais leur capitaine a quand même trouvé le moyen d’amasser 21 points en 12 matches éliminatoires. Que pourra-t-il offrir, cette année, après quatre mois de repos ? Tout un défi en perspective pour Phillip Danault, un des bons centres à caractère défensif de la LNH.

Vive la jeunesse

« Qu’un joueur soit dans l’alignement lors de chaque match, ou qu’il participe à quelques-uns de nos matches, ça ne change rien. Tous les gars qui seront avec l’équipe auront la chance d’accumuler de l’expérience. Ce sera plus intense qu’une saison régulière ordinaire. Dans une saison régulière, il y a 82 parties. Nous allons bientôt nous attaquer à une saison de cinq parties. Et nous espérons connaître assez de succès pour nous qualifier pour une autre saison, qui durera sept parties. On va essayer de faire durer le plaisir le plus longtemps possible. »

Le directeur général Marc Bergevin a échangé quelques joueurs d’impact à l’approche de la date limite des transactions. Julien devra donc compléter sa formation en utilisant des jeunes joueurs qui manquent d’expérience. Ainsi va la vie.

Faire ses devoirs

« Chaque jour, nous organisons des séances de vidéo de groupe avant d’envoyer nos joueurs s’entraîner en gymnase. Nous avons aussi le droit d’accrocher un joueur en particulier, dans un corridor, pour le convoquer à une séance individuelle de cinq, 10 ou 20 minutes. Ça se fait. »

En cette période de pandémie, la LNH demande à ses joueurs de ne pas trop s’éterniser à l’aréna. On les encourage à rentrer à la maison le plus rapidement possible afin de limiter au maximum les contacts. Les entraîneurs du Canadien n’ont quand même pas les mains complètement liées.

Pas de complexes !

« C’est plaisant de revenir au jeu. On aime notre travail. On voit que les joueurs sont excités. Je peux vous assurer que les entraîneurs le sont, aussi. On a un peu l’impression de commencer une nouvelle saison, même si, au fond, on est en train d’en compléter une. Quand la ligue a interrompu ses activités, en mars, nos chances de prendre part aux séries étaient minimes. J’ai quand même pris le temps de dire aux gars qu’on ne devrait pas être gênés de prendre part au tournoi. L’an dernier, trois équipes qui présentaient des statistiques inférieures aux nôtres ont pris part aux séries. »

Julien comprend que le défi auquel son équipe fait face est immense. Dans le monde du sport, il n’y a pas 50 façons de s’en sortir. On fonce, la tête haute, en espérant le meilleur résultat possible.