La cadence a diminué, mais le fait demeure que Max Domi a rapidement fait oublier Alex Galchenyuk, qui connaît des débuts modestes avec les Coyotes de l’Arizona.

Max Domi, un nouveau chef de file pour le Canadien

MONTRÉAL — À sa première sortie au Centre Bell dans l’uniforme du Canadien de Montréal - une partie préparatoire contre les Panthers de la Floride - Max Domi a fait piètre impression en écopant d’une suspension de cinq rencontres. Il s’est drôlement bien repris depuis au point de s’avérer le meilleur joueur du Canadien pendant les 37 premiers matchs de la saison.

À un certain moment, Domi fonctionnait à un tel rythme qu’il pouvait espérer devenir le premier porte-couleurs du Tricolore depuis Alex Kovalev en 2007-2008 à connaître une saison d’au moins 80 points.

La cadence a diminué, mais le fait demeure que Domi a rapidement fait oublier Alex Galchenyuk, qui connaît des débuts modestes avec les Coyotes de l’Arizona.

Il a même redonné un peu de lustre au palmarès du directeur général Marc Bergevin, dont la tête était réclamée par de nombreux partisans après la catastrophique saison de 2017-2018.

Beaucoup grâce à Domi et aussi un peu grâce au défenseur Jeff Petry - qui a adéquatement tenu le fort pendant l’absence de Shea Weber - le Canadien a joué au-delà des attentes jusqu’à maintenant.

Il peut même espérer participer aux séries éliminatoires, ce qui n’était pas le cas il y a un an. Mais l’équipe demeure fragile et le beau château de cartes pourrait s’écrouler à tout moment.

Énergie et dynamisme

Domi aura été un chef de file et a démontré le genre d’attitude dont avait parlé Bergevin dans son bilan de fin de saison en avril.

Son ardeur au jeu et son désir de vaincre ont rapporté des dividendes à compter du cinquième match, à partir duquel il a amorcé une séquence de six parties avec au moins un point (5-3-8).

Tenu en échec contre les Stars de Dallas le 30 octobre, il a rebondi avec une autre série de 11 rencontres avec au moins un point (6-9-15) dès la sortie suivante.

Après deux campagnes consécutives de neuf buts, Domi a déjà surpassé cette marque. Presque ridiculisé parce qu’il avait marqué quatre fois dans un filet désert l’an dernier, il a multiplié les buts importants cette saison dont plusieurs tôt lors de matchs et de périodes.

Mais au-delà de cette production offensive inattendue, Domi a réglé une partie des problèmes de l’équipe au centre et généré une énergie et un dynamisme que Galchenyuk n’a jamais offerts au Tricolore.

Dès le premier match du calendrier régulier à Toronto, il a étalé ses talents de passeur en participant aux deux buts du Canadien.

En cours de route, son rendement a enlevé de la pression à Phillip Danault, qui n’est pas supposé être un centre numéro un et qui joue à l’intérieur de ses moyens.

Il a aussi facilité l’intégration de Jesperi Kotkaniemi, une belle surprise à titre de centre numéro trois au point où le Finlandais de 18 ans semble destiné à passer toute la saison à Montréal.

Enfin, Domi a contribué à mettre fin à la longue association entre le Canadien et le vétéran Tomas Plekanec, quatre mois après que ce dernier eut signé un pacte d’une saison.

Avec des joueurs comme Domi, Danault et Kotkaniemi, qui apportent des dimensions différentes et complémentaires, et avec l’arrivée imminente de Ryan Poehling et de Nick Suzuki - possiblement dès l’automne prochain - le Canadien sera enfin assez bien nanti à la position de joueur de centre.

Peut-être même trop, compte tenu du jeune âge de tous ces joueurs.

Une défensive à un flanc

Si la situation au poste de centre est ce que l’on peut appeler un beau problème. Bien plus agréable que celui qui perdure du côté gauche de la brigade défensive.

Pendant que Weber et Petry apportent qualité et stabilité à droite, on assiste encore au jeu de chaises musicales à gauche.

Entre octobre et décembre, des défenseurs comme Karl Alzner, Victor Mete et Xavier Ouellet n’ont pas réussi à s’imposer, au point où ils ont tous dû passer par le Rocket de Laval.

David Schlemko n’a joué qu’un match avec Weber et a même été laissé de côté en quelques occasions au cours des récentes semaines. Il y a Mike Reilly, si solide pendant le camp d’entraînement, mais qui, lui aussi, a été confiné à la passerelle lors de quelques matchs à la suite de prestations moins convaincantes.

Pendant sept ou huit matchs au début de décembre, on a cru que Brett Kulak pourrait s’avérer une solution auprès de Weber. Là encore, l’expérience ne semble pas avoir été concluante et Kulak est passé directement du tandem numéro 1 à la galerie de presse.

Quant à Jordie Benn, il n’est rien de mieux qu’un 6e défenseur.

Weber est revenu au jeu le 27 novembre et sa présence sur le banc, sur la patinoire et dans le vestiaire fait du Canadien une équipe complètement différente. Son leadership est indéniable, et même s’il ne rajeunit pas, il demeure un défenseur bien au-delà de la moyenne.

Mais Weber ne règle pas les problèmes qui se situent à sa gauche. Ce sera là la prochaine mission de Marc Bergevin.