Geoff Molson a fait preuve de patience depuis qu'il a pris la présidence du Canadien, le 30 juin 2011.

Le CH aura connu des hauts et des bas sous le régime de Geoff Molson

À peine dix jours après l'annonce de la vente du Canadien à la famille Molson, la formation montréalaise subissait une transformation comme rarement vue auparavant. Le 30 juin 2009, l'équipe obtenait l'attaquant Scott Gomez des Rangers de New York.

Le lendemain, le directeur général Bob Gainey s'entendait notamment avec les joueurs autonomes Brian Gionta et Mike Cammalleri, après avoir décidé de laisser partir les populaires Saku Koivu et Alex Kovalev sur le marché.

«C'était l'équipe que j'ai adoptée quand j'ai fait l'acquisition, a raconté la semaine dernière Geoff Molson en entrevue à La Presse canadienne à son bureau du septième étage du Centre Bell. Et si vous vous en souvenez, la première année a été miraculeuse, avec (Jaroslav) Halak devant le filet.»

Le Tricolore a depuis connu des hauts et des bas pendant sa première décennie sous le régime de Geoff Molson, et le visage de l'équipe sur la patinoire du Centre Bell a continué à évoluer. Cependant, M. Molson a participé au processus d'embauche d'un seul directeur général, nommant Marc Bergevin, le 2 mai 2012. De plus, Bergevin a procédé à un seul changement d'entraîneur, remplaçant Michel Therrien par Claude Julien, le 28 février 2017.

Sans se faire un devoir d'assurer une certaine stabilité au sein du personnel hockey de l'équipe, Geoff Molson a néanmoins fait preuve de patience depuis qu'il a pris la présidence de l'équipe, le 30 juin 2011.

«C'est très difficile quand on ne fait pas les séries, mais ce serait trop facile de prendre une décision sévère quand nous avons tellement de bonnes personnes autour de l'équipe, a dit M. Molson.

«Il y a des cycles et il faut avoir la discipline de le comprendre.»

Une fierté ébranlée, puis retrouvée

Un cycle mentionné par M. Molson a clairement pris fin au terme de la saison 2017-18, quand le Canadien a conclu la campagne au 28e rang du classement général de la LNH.

«Si l'on recule d'à peu près huit ans, c'était le début d'un autre cycle, a raconté M. Molson. On a connu des performances extraordinaires en atteignant la demi-finale ou en perdant au deuxième tour. (...) On avait (Carey) Price, (P.K.) Subban, (Max) Pacioretty, (Alex) Galchenyuk, (Brendan) Gallagher.

«Pendant cinq ans, nous avons bâti autour d'eux. Puis on a pris la décision il y a quelques années de s'ajuster un peu parce qu'on veut gagner. On a échangé Max Pacioretty, on a échangé Galchenyuk, on a nommé (Shea) Weber capitaine et on a acquis beaucoup de talent.»

La fierté des partisans et celle de M. Molson ont été affectées par la saison catastrophique de 2017-18.

M. Molson avait participé au bilan de fin de saison aux côtés de Marc Bergevin et avait lancé d'une certaine manière un cri du cœur en affirmant que «le statu quo n'est pas acceptable». Il avait aussi mentionné un désir d'améliorer l'expérience partisan au Centre Bell, notamment avec une meilleure offre au niveau des concessions alimentaires.

Malgré de nombreux investissements dans les restaurants et de nouvelles options alimentaires au Centre Bell, la séquence de matchs présentés à guichets fermés du Tricolore s'est officiellement arrêtée le 15 octobre 2018 après 582 salles combles consécutives.

«Après une défaite, les gens ne vont pas nous écrire pour nous remercier de la qualité de la bouffe. Après une victoire, tout est bon», a-t-il reconnu.

Le Canadien a disputé 24 de ses 41 matchs à domicile dans un amphithéâtre à pleine capacité de 21 302 spectateurs au cours de la dernière campagne, mais a affiché une moyenne de 21 047. Pourtant, l'équipe a connu un excellent début de saison et a joué du hockey dynamique qui a ravivé la flamme de nombreux partisans.

«Au début, à part nos joueurs dans le vestiaire, il n'y avait pas beaucoup de monde qui y croyait, a rappelé M. Molson en revenant sur les succès de la dernière saison. Je pense que le monde attendait de voir si Marc avait vraiment pris les bonnes décisions. Ç'a pris du temps, mais en deuxième moitié de saison, on a commencé à voir des salles combles et l'engouement revenir - la fierté d'encourager l'équipe, les “Go Habs Go” sans qu'on les pousse, qui viennent vraiment du cœur. Ç'a fait du bien de voir ça.

«Ce n'était pas un enjeu d'un d.g. qui ne prend pas les bonnes décisions, c'était un enjeu d'une équipe qui avait besoin de direction, a-t-il ajouté au sujet du moment charnière que représente l'échec de la saison 2017-18. Je pense que les ajustements que nous avons faits nous ont donné le vent dans les voiles. Je pense aux nouveaux joueurs qui sont venus, qui ont contribué non seulement avec des points, mais en termes de caractère et de leadership. Nous avons vraiment vu une équipe qui voulait gagner. Ça vient du vestiaire, pas d'un d.g. C'est là où cette camaraderie se développe.»

M. Molson espère donc que le nouveau cycle lancé la saison dernière guidera le Canadien vers son 25e triomphe de la Coupe Stanley.

Il reste toujours un noyau du cycle précédent avec la présence de Price, Gallagher et Weber. Marc Bergevin y a greffé de bons éléments avec notamment Max Domi. C'est sans compter la nouvelle génération, qui inclura Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling et Nick Suzuki.

«C'était un point où les partisans n'étaient plus fiers de l'équipe devant eux et maintenant, ils le sont, a reconnu M. Molson. Ça prenait des changements et nous les avons faits.

«On se croise les doigts que nous avons fait de bons choix. Si Poehling peut marquer trois buts comme il l'a fait pendant les 82 matchs, ça va être bon!», s'est-il exclamé en riant.