Le centre des Hurricanes de la Caroline Sebastian Aho, bientôt 22 ans, a établi des sommets personnels la saison dernière avec 30 buts, 53 aides et 83 points en 82 matchs. Il a ajouté cinq buts et sept aides en 15 matchs des séries.

Le Canadien fait une offre hostile à Sebastian Aho

BROSSARD — Le directeur général du Canadien Marc Bergevin a décidé de jouer le tout pour le tout lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Il a en effet déposé une offre hostile au centre Sebastian Aho des Hurricanes de la Caroline, qui est joueur autonome avec compensation.

Il s’agit d’une offre de cinq saisons d’une valeur moyenne annuelle de 8,454 millions $US. Les Hurricanes ont sept jours pour égaler l’offre, sans quoi ils recevront un choix de première ronde, un choix de deuxième ronde et un choix de troisième ronde en retour d’Aho. Tous les choix seraient en 2020.

Aho ne peut pas être échangé pendant la période de sept jours. Si les Hurricanes égalent l’offre, Aho ne pourra pas non plus être échangé pendant l’année suivante.

Le talent d’Aho, qui célébrera son 22e anniversaire de naissance le 26 juillet, ne fait pas de doute. Le Finlandais a établi des sommets personnels la saison dernière avec 30 buts, 53 aides et 83 points en 82 matchs. Il a ajouté cinq buts et sept aides en 15 matchs des séries.

En conférence de presse, Bergevin a souligné qu’Aho était emballé à l’idée de se joindre aux rangs du Canadien.

«Il a le potentiel d’être un centre numéro un quand on regarde ce qu’il a fait en Caroline non seulement en saison régulière, mais aussi en séries, a dit Bergevin au sujet d’Aho. Il est jeune et nous pensons qu’il cadrerait bien avec nos jeunes qui s’en viennent dans l’organisation.»

La question est maintenant de voir si les Hurricanes sont prêts à laisser partir Aho ou non. Le directeur général des Hurricanes, Don Waddell, s’est dit surpris que la valeur moyenne annuelle du contrat ne soit pas plus élevée.

Le nerf de la guerre sera donc la distribution du montant.

Selon le réseau TSN, Aho toucherait 11,3 millions $ en boni à la signature et un salaire de 700 000 $ la première saison, un boni de 9,87 millions $ et un salaire de 700 000 $ lors de la deuxième saison, un boni de 6,95 millions $ et un salaire de 750 000 $ lors de la troisième saison, ainsi qu’un boni de 5,25 millions $ et un salaire de 750 000 $ lors des deux dernières saisons.

Aho recevrait donc 21,87 millions $ lors de la prochaine année, ce qui pourrait représenter un problème budgétaire pour les Hurricanes.

«Les 12 premiers mois sont la clé», a reconnu Bergevin, ajoutant aussi qu’il ne croyait pas nécessaire d’offrir plus d’argent à Aho pour faire pencher la balance. «C’est le point vulnérable que nous avons identifié.»

Sept jours

De son côté, Waddell a noté qu’il pourrait attendre les sept jours avant d’annoncer la décision des Hurricanes. «Peut-être que nous ne voulons pas les aider», a-t-il dit.

«Mon été sera beaucoup plus beau, a ajouté Waddell, visiblement irrité. Je n’aurai pas à négocier avec [le camp Aho] pendant tout l’été.»

Pour sa part, Bergevin a maintenant les mains liées en attendant la décision des Hurricanes puisqu’il ne voudra pas se retrouver avec une masse salariale supérieure au plafond en se protégeant trop rapidement avec un plan B. Et même s’il a pu rayer un article sur sa liste d’épicerie en embauchant le gardien réserviste Keith Kinkaid plus tôt lundi (voir texte en page 46), Bergevin est aussi conscient que sa brigade défensive a besoin de renforts.

Si jamais les Hurricanes devaient égaler l’offre hostile du Canadien, Bergevin pourrait se retrouver les mains vides dans une semaine et devant des options plus limitées sur le marché des joueurs autonomes sans compensation.

«C’est le risque que nous prenons, qu’il n’y ait plus personne pour s’asseoir dans la chaise s’il ne vient pas, a admis Bergevin. C’est comme ça. Mais si ça ne se produit pas, je pense quand même que nous avons une très bonne équipe.»

En 2013

Il faut remonter à 2013 pour retracer la dernière fois qu’une équipe de la LNH a conclu une offre hostile avec un joueur autonome avec compensation.

Alors avec l’Avalanche du Colorado, Ryan O’Reilly avait accepté une offre de deux saisons et 10 millions $ des Flames de Calgary. L’Avalanche avait égalé l’offre.

L’offre hostile acceptée par Aho est la neuvième à travers la LNH depuis l’instauration du plafond salarial en 2005-2006. Une seule des huit premières au cours de cette période n’a pas été égalée, celle des Oilers d’Edmonton pour l’acquisition de Dustin Penner, des Ducks d’Anaheim en 2007.

Waddell avait le visage long lors de sa conférence de presse en Caroline. Il a admis avoir été surpris, même s’il avait eu des discussions avec le Canadien plus tôt dans la journée.

Il a souvent été perçu qu’il existait une loi non écrite entre les directeurs généraux pour ne pas faire d’offres hostiles, ce que Bergevin a réfuté. Il est aussi conscient que sa décision de faire une offre hostile à Aho pourrait avoir des répercussions dans ses négociations futures. Cependant, Bergevin se soucie peu des conséquences si cette offre hostile lui permet d’obtenir l’un des plus beaux jeunes talents de la LNH.

«Nous avons tous un côté compétitif, mais ça fait partie de la convention collective, des règles, a rappelé Bergevin. Je suis responsable du Canadien et non des autres équipes. Et je dois ça à Geoff Molson, nos partisans et nos joueurs.»

Bergevin saura au plus tard dans sept jours si son pari aura été payant ou non.

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KEITH KINKAID S'AMÈNE À MONTRÉAL POUR SECONDER CAREY PRICE DEVANT LE FILET

BROSSARD — Le Canadien de Montréal a réglé la question de l’adjoint de Carey Price devant le filet en embauchant le gardien autonome Keith Kinkaid.

Kinkaid, qui célébrera son 30e anniversaire de naissance le 4 juillet, a accepté un contrat d’un an au salaire de 1,75 millions $US.

«C’est une équipe jeune et affamée qui veut faire les séries, a dit Kinkaid en conférence téléphonique, au sujet du Canadien. Elle a une bonne occasion d’y participer cette saison.

«C’est un contrat d’une saison et c’est bien pour les deux parties. Je veux me présenter et être le meilleur coéquipier possible sur la glace et hors de la patinoire. Je vais travailler fort.»

Kinkaid avait passé l’ensemble de sa carrière avec les Devils du New Jersey avant ce printemps, quand il a été échangé aux Blue Jackets de Columbus sans toutefois être utilisé lors d’un seul match. En 151 rencontres dans la LNH avec les Devils, Kinkaid a compilé un dossier de 64-55-17 avec une moyenne de 2,90 et un taux d’efficacité de ,906.

Il a connu ses meilleurs moments en 2017-2018, quand il a affiché un dossier de 26-10-3 et a aidé les Devils à se qualifier pour les séries éliminatoires pour une première fois en six ans. Kinkaid a toutefois connu des ratés la saison dernière, compilant une fiche de 15-18-6 avec une moyenne de 3,36, sa pire en carrière.

«L’ensemble de l’équipe n’a pas répondu aux attentes, mais tout arrive pour une raison, a dit Kinkaid. Je peux apprendre de la dernière saison et de la précédente.

«Je pense que le Canadien représentait la plus belle occasion de rebondir en travaillant avec l’un des meilleurs gardiens de la LNH.»

À la recherche d’un Vétéran

Le directeur général Marc Bergevin était à la recherche d’un vétéran pour alléger la charge de travail de Price, qui a disputé 66 matchs la saison dernière, son deuxième plus fort total en carrière.

Kinkaid a visité les installations du Canadien et la ville de Montréal la semaine dernière, sa seule visite avant l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

«C’est une ville de hockey. Vous pouvez vous nourrir de la pression et de l’enthousiasme, a noté Kinkaid. J’ai hâte de rencontrer les partisans et de jouer devant eux.

«Chaque fois que je suis venu à Montréal, j’ai aimé la ville. La semaine dernière, j’étais là lors d’une journée magnifique. Je n’aurais pas pu demander mieux.»

Par ailleurs, le Canadien a aussi annoncé l’embauche de l’attaquant Riley Barber, lundi. Barber a signé un contrat d’une saison à deux volets.

Auteur de 31 buts avec les Bears de Hershey la saison dernière, il devrait ajouter un peu de mordant à l’attaque du Rocket de Laval. Alexis Bélanger-Champagne, La Presse canadienne