Le gardien des Blues de St. Louis Jake Allen  
Le gardien des Blues de St. Louis Jake Allen  

Le Canadien acquiert le gardien Jake Allen

La Presse Canadienne
Contrairement à plusieurs athlètes qui doivent se familiariser avec un environnement et un rôle complètement différents à la suite d’une transaction, le gardien de but Jake Allen ne devrait pas être trop perdu lorsqu’il se présentera au prochain camp d’entraînement du Canadien de Montréal. Il a vécu deux ans dans la ville - il y a plus de dix ans de cela il est vrai - et depuis 2019, il est devenu familier avec le boulot qu’on veut lui confier.

Le directeur général Marc Bergevin a peut-être déniché la perle rare qui permettra à Carey Price de souffler un peu la saison prochaine grâce à l’acquisition d’Allen, annoncée mercredi.

Dans ce troc, Bergevin a aussi obtenu le choix de septième tour des Blues de St. Louis en 2022. En retour, il leur a cédé ses choix de troisième et septième rondes cet automne.

Les choix échangés aux Blues avaient précédemment été acquis dans la transaction envoyant Ilya Kovalchuk aux Capitals de Washington et dans celle expédiant Andrew Shaw aux Blackhawks de Chicago.

Besoin criant

L’arrivée d’Allen vient combler un besoin criant que Bergevin avait identifié lors de son récent bilan de fin de saison; trouver un gardien auxiliaire qui soit fiable et puisse épauler Price.

Allen a présenté une fiche de 12-6-3 avec une moyenne de buts alloués de 2,15 et un taux d’arrêts de ,927, en plus de récolter deux jeux blancs en 24 matchs la saison dernière avec les Blues.

Le gardien âgé de 30 ans, qui est originaire de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, a également affiché un dossier de 2-1-1 avec une moyenne de buts alloués de 1,89 ainsi qu’un taux d’arrêts de ,935 en cinq matchs éliminatoires cet été.

«Mon rôle, bien évidemment, sera d’épauler l’un des meilleurs gardiens du but au monde, une force dominante dans la ligue, et d’apporter un peu plus d’assurance à l’équipe. Je considère avoir occupé ce rôle avec succès derrière (Jordan) Binnington, et je pense avoir connu une solide saison», a analysé Allen lors d’une conférence téléphonique avec les médias montréalais mercredi après-midi.

«Ça fait plusieurs saisons que je joue dans la ligue et j’ai vécu des expériences dans différentes situations, a-t-il ajouté. Dans ce rôle, je pense que je peux donner à Carey les pauses dont il a besoin, et bien jouer pour l’équipe. C’est un défi et une opportunité que j’ai hâte d’entamer.»

À son crédit, Allen est parvenu à s’adapter à un rôle modifié chez les Blues à la suite de l’émergence de Binnington en 2019. Arrivé de nulle part, ce dernier s’est imposé au point de les mener à la première conquête de la coupe Stanley de leur histoire.

«Mon rôle a été changé et j’avais le choix de l’accepter et d’y exceller, ou non. L’an dernier est un exemple parfait; c’est de faire ce dont l’équipe a besoin, de faire passer l’équipe avant vous-même. C’est d’être un vrai joueur d’équipe et positif tous les jours à la patinoire. Et lorsque des opportunités se présentent, c’est de les exploiter au maximum. Vous devez connaître votre rôle et votre position», a-t-il expliqué.

Boucler une boucle

Cet échange avec le Canadien ramène Allen dans un patelin qui ne lui est pas inconnu, puisqu’il a porté les couleurs des Juniors de Montréal, dans la LHJMQ, en 2008 et 2009.

Pendant sa première saison avec les Juniors, Dominique Ducharme et Joël Bouchard campaient les rôles d’adjoints à Pascal Vincent. La saison suivante, il a passé du temps en compagnie du défenseur Xavier Ouellet.

«C’est drôle comment j’ai l’impression d’avoir bouclé la boucle, en ayant joué avec les Juniors de Montréal à Verdun, puis dans la LNH contre le Canadien et au Centre Bell. J’ai eu quelques expériences dans cet édifice, j’ai vécu dans la ville pendant une couple d’années. Il existe une certaine familiarité, et il y a encore des gens avec lesquels j’ai gardé contact dans la ville. C’est un endroit qui m’est plus familier que la plupart des autres dans la ligue.»

Allen pense que c’est un élément qui va faciliter son adaptation.

«Lorsque vous arrivez dans une nouvelle équipe, une nouvelle organisation, un peu de familiarité rend les choses un peu plus confortables. J’ai vécu à Notre-Dame-de-Grâce, j’ai joué contre le Canadien, j’ai passé du temps dans la ville pendant l’entre-saison.»

«Un nouveau marché et un nouvel environnement sont des éléments que vous devez approcher avec optimisme, a-t-il aussi noté. Ça va être intéressant, ça va être amusant, ça va être un défi. Il y aura de bonnes journées et de mauvaises journées. Ce qui importe, c’est de chérir cette opportunité qui m’est offerte et d’aller de l’avant.»

Par contre, Allen admet qu’il ne connaît absolument pas Price. Ce qui ne l’empêche pas de l’avoir en très haute estime.

«Ce que j’admire (chez Price) à titre de gardien de but, c’est le fait qu’il évolue depuis si longtemps dans la ligue et qu’il n’a pas vraiment changé son style de jeu. Je pense que ça démontre à quel point il est bon.»

Allen, qui a été repêché en deuxième ronde, 34e au total, par les Blues lors du repêchage de la LNH en 2008, conservera de précieux souvenirs de ses saisons passées à St. Louis, sur les plans personnel et professionnel.

«St. Louis représente une partie importante de ma vie. Mes enfants sont nés là-bas, j’ai gagné la coupe Stanley, j’ai eu plusieurs belles années et je me suis fait beaucoup de bons amis. St. Louis m’a apporté beaucoup. J’en suis reconnaissant et maintenant, j’ai une nouvelle opportunité devant moi.»