Andrei Markov a disputé l’ensemble de sa carrière dans la LNH avec le Canadien, qui l’avait choisi en sixième ronde, 162e au total, lors du repêchage de 1998.
Andrei Markov a disputé l’ensemble de sa carrière dans la LNH avec le Canadien, qui l’avait choisi en sixième ronde, 162e au total, lors du repêchage de 1998.

L’ancien défenseur du Canadien Andrei Markov accroche ses patins

Andrei Markov aura marqué l’imaginaire des partisans du Canadien de Montréal pendant 16 saisons grâce à ses passes précises qui ont rendu de nombreux coéquipiers plus riches, et non par sa personnalité.

Markov, qui est âgé de 41 ans, a pris sa retraite du hockey professionnel, jeudi, un peu moins de trois ans après son départ du Canadien. La nouvelle a d’abord été rapportée par le journaliste Igor Eronko, du Sport-Express russe, puis a été confirmée par différents médias montréalais.

Au cours de sa carrière, Markov a été l’un des meilleurs quarts-arrières de la LNH en avantage numérique, mais n’a peut-être jamais été reconnu à sa juste valeur hors de la province de Québec.

«Je pense que les chiffres parlent pour lui parce que lui ne parlait pas beaucoup», a imagé son ancien coéquipier Steve Bégin lors d’un entretien avec La Presse canadienne.

Markov a disputé l’ensemble de sa carrière dans la LNH avec le Canadien, qui l’avait choisi en sixième ronde, 162e au total, lors du repêchage de 1998. En 990 rencontres avec le Tricolore en 2000 et 2017, il a récolté 119 buts et 453 aides.

Il partage avec Guy Lapointe le deuxième rang de l’histoire de l’équipe au chapitre des points par un défenseur, avec 572. Larry Robinson détient le record d’équipe avec 883 points en tant que défenseur.

«J’ai eu la chance de jouer avec des joueurs comme Larry Robinson et Chris Chelios, je pense que Markov est un peu dans la même lignée, a affirmé Guy Carbonneau, qui a dirigé Markov pendant ses trois saisons comme entraîneur-chef du Canadien. Ce n’était pas un personnage attachant ou qui aimait sourire et parler. Mais je pense que sur la glace, il a certainement été l’un des bons joueurs que j’ai vus, que j’ai eu la chance de diriger.»

De 2005-06 à 2008-09, Markov s’est classé troisième parmi les défenseurs de la LNH avec 217 points en 304 matchs, derrière Nicklas Lidstrom et Brian Rafalski. Il a aussi aidé la Russie à gagner le Championnat mondial de hockey en 2008, à Québec.

Markov a connu sa meilleure campagne en 2008-09, amassant 64 points en 78 rencontres.

«Il avait une vision du jeu exceptionnelle et il était un joueur extrêmement intelligent, a noté Carbonneau. Il n’a jamais été reconnu pour son coup de patin, mais il était un patineur fluide. Et ce qui faisait la différence, c’était sa capacité à repérer ses coéquipiers, surtout en avantage numérique. Il a rendu des gars comme Mark Streit, Sheldon Souray ou même Mike Komisarek très riches!»

Souray a connu une campagne de 26 buts en 2006-07 avec le Tricolore. Seulement Lapointe a fait mieux dans l’histoire du Canadien pour un défenseur, avec 28 buts en 1974-75. Komisarek a aussi connu ses meilleurs jours aux côtés de Markov.


« Au hockey, il y a toujours un plan qu’il faut suivre à la lettre, mais lui, il avait son plan dans sa tête. Il n’était jamais stressé, mais son talent a mené à son ascension parmi les meilleurs défenseurs du circuit.» »
Steve Bégin, ancien coéquipier d'Andrei Markov

Cependant, Markov est souvent resté dans l’ombre des grandes vedettes de la LNH, même s’il a été invité au match des étoiles à deux reprises. Il n’a jamais terminé plus haut que sixième au scrutin pour le trophée Norris, remis au défenseur par excellence dans la LNH.

Sa carrière a été déraillée par les blessures entre 2009 et 2012, dont une importante blessure à un genou subie le 13 novembre 2010 face aux Hurricanes de la Caroline. Il a été limité à 65 matchs en trois saisons.

Une fois en santé, Markov a continué à être productif lors de ses cinq dernières saisons avec le Tricolore, avec 203 points en 354 rencontres, bon pour le 16e rang parmi les défenseurs de la LNH entre 2012-13 et 2016-17.

Ayant une marge de manoeuvre limitée pour conserver Markov et l’attaquant Alexander Radulov, tous deux joueurs autonomes sans compensation, lors de l’été 2017, le directeur général Marc Bergevin a finalement été incapable de s’entendre avec les deux étoiles russes.

Markov a finalement disputé deux campagnes avec l’Ak Bars Kazan, remportant la coupe Gagarine en 2018. Il aurait aimé revenir à Montréal en septembre dernier, notamment pour atteindre le plateau des 1000 matchs avec l’équipe, mais Bergevin avait dit avoir tourné la page et préférer laisser la place aux jeunes.

Il a été limité à sept points en 23 matchs avec le Lokomotiv Iaroslavl cet hiver.