L’attaquant du Canadien Phillip Danault souhaite que son retour avec son coéquipier Andrew Shaw soit l’étincelle que l’entraîneur-chef Claude Julien recherche.

Julien en mode solutions

VANCOUVER — «Je dois continuer à trouver des solutions.»

C’est ainsi que Claude Julien a conclu une de ses réponses en point de presse après l’entraînement du Canadien, lundi. Difficile de le contredire : il était effectivement en mode solutions!

Shea Weber ne jouait plus à la hauteur de ses capacités depuis trop longtemps? On l’envoie à Montréal chez le médecin. Les trios offensifs ne génèrent plus rien? On inverse Jonathan Drouin et Phillip Danault.

Allons-y un problème à la fois. Weber, effectivement, n’avait plus l’étoffe du général à la ligne bleue qu’il est censé être depuis qu’il est revenu de son absence de six matchs en novembre. La situation ne se traduisait pas en rondelles dans son filet — le Tricolore n’a pas accordé de but pendant qu’il était sur la patinoire dans les deux derniers matchs. Mais le simple fait qu’il ne puisse pas prendre ses 26 minutes habituelles (moyenne de 22 min 46 s depuis son retour) en disait long sur son inconfort.

«Shea continue à avoir des problèmes dans la région du pied», a expliqué Julien. «Il a fait beaucoup de progrès, au point où il était prêt à recommencer. Mais là, ça a empiré. On va le renvoyer à Montréal, il faut regarder ça de plus près. La saison est longue, et il ne peut pas jouer sur sa blessure toute la saison. On va essayer de gérer ça dans les prochains jours, les prochaines semaines.»

L’histoire récente nous enseigne toutefois que le Canadien peut survivre à court terme sans Weber. Grâce à Jeff Petry, qui avait connu ses meilleurs moments de la saison, l’équipe avait présenté un dossier de 4-1-1 en novembre, en l’absence du numéro 6. 

L’étincelle

Si la décision d’envoyer Weber au repos forcé est parfaitement logique, difficile d’en dire autant au sujet du remaniement des trios observé, lundi. On tombe ici dans l’irrationnel, mais l’irrationnel assumé.

«J’essaie de trouver une étincelle. Des fois, il faut faire des changements pour trouver une étincelle. [...] On change les choses, mais ce n’est pas vraiment une question de qui joue avec qui. C’est surtout à quel point on va travailler fort», a dit l’entraîneur-chef.

De ces combinaisons, on retient surtout le retour de deux duos qui ont fait patate plus tôt cette saison.

D’abord celui de Max Pacioretty et Jonathan Drouin, deux joueurs qui ont passé tout le camp d’entraînement ensemble. On a cru en ce tandem parce que Drouin a des qualités de fabricant de jeu et que Pacioretty est un tireur d’élite, et que ces aptitudes sont complémentaires. On y a aussi cru parce que dès le premier match de la saison à Buffalo, Pacioretty a marqué sur une savante passe de Drouin dans l’enclave.

Sauf qu’après cette soirée, le Canadien a présenté une fiche de 0-8-2 dans les 10 autres matchs qu’ils ont joués ensemble.

Depuis ce premier match, selon les toujours utiles données colligées par Natural Stat Trick, Mont­réal a accordé 10 buts et en a marqué seulement trois à cinq contre cinq contre quand Drouin et Pacioretty étaient sur la patinoire en même temps. «Parfois, tu as besoin de cinq mois pour développer de la cohésion et des fois, tu as seulement besoin d’un match. Il faut parfois juste une petite étincelle», a indiqué Drouin, lui aussi à court d’explications rationnelles.

L’autre duo qui laisse perplexe, c’est celui d’Alex Galchenyuk et de Phillip Danault. L’échantillon statistique est mince, puisqu’ils ont seulement passé les trois premiers matchs de la saison ensemble, sans que le Canadien marque quand ils étaient sur la patinoire. Mais Danault avait laissé flotter des doutes sur sa complicité avec Galchenyuk en insistant, en entrevue, sur l’importance du travail acharné pour les trois membres de l’unité. On doute qu’il visait l’autre membre du trio, Andrew Shaw, hargneux à souhait.

«Les deux [Galchenyuk et Danault], on a steppé up. Les deux, tout le monde, on a eu un début de saison difficile, a rappelé Danault. Les deux, on a trouvé notre game avec différents compagnons de trio. Là, on est rassemblés. On est dans le même bateau, on veut tous gagner. Peu importe avec qui tu joues, tu dois être affamé.»

Danault souhaite d’ailleurs que son retour avec Shaw soit l’étincelle que Julien recherche. Les deux attaquants ont joué ensemble, sans exception, du début du camp jusqu’au match du 6 décembre contre Calgary. C’est le duo qui a bénéficié de la plus grande stabilité chez le Tricolore cette saison.

«Si Claude remarque notre complicité, tant mieux, se réjouit Danault. On sera crinqués. Avec le match qu’on a eu samedi, on devrait manger les bandes. Il n’y a pas de raison qu’on ne sorte pas forts.»

Reste à voir si les autres suivront le mot d’ordre.

+

PAS DE RAPPEL PRÉVU

Claude Julien a laissé savoir que le Canadien ne prévoyait pas rappeler de défenseur de Laval malgré l’absence de Shea Weber. Voilà une décision plutôt surprenante, puisque le Tricolore ne compte plus que six défenseurs en santé et se retrouve à six heures d’avion de Laval. C’est donc dire que si un des six se réveille ce matin avec, par exemple, la scarlatine, l’équipe pourrait devoir se débrouiller à cinq défenseurs. Cela dit, Julien a 13 attaquants en santé à sa disposition et aurait donc l’option d’employer Nicolas Deslauriers à la ligne bleue. Le robuste ailier gauche a été repêché en tant que défenseur et a joué à cette position jusqu’à ce que les Sabres de Buffalo fassent son acquisition en 2014.

+

HUDON CHEZ LE DENTISTE


Charles Hudon

Charles Hudon se souviendra longtemps de son tout premier match en plein air. Croisé à la sortie du vestiaire, lundi, il avait la lèvre inférieure enflée et de la difficulté à parler. La raison : il a été atteint à la bouche par une rondelle, samedi, et a perdu deux dents sur le coup. Après avoir passé quatre heures chez le dentiste, dimanche, il devait y retourner lundi après-midi, possiblement pour y laisser une troisième dent. Au moment de publier, on ignorait encore si Hudon avait retrouvé six dollars sous son oreiller en se réveillant.  

+

JOUER À LA MAISON

Rarement a-t-on vu autant de journalistes d’une autre ville dans le vestiaire du Canadien. Il faut dire d’une part que les Canucks de Vancouver avaient droit à un congé d’entraînement, lundi. Mais il y a aussi le fait que le Tricolore compte sur un impressionnant contingent de Britanno-Colombiens : Carey Price, Jordie Benn, Karl Alzner et Shea Weber (absent), en plus de Brendan Gallagher, né en Alberta, mais qui a déménagé à Vancouver à l’adolescence. «C’est toujours bon de revenir dans notre province. Mais il y a des coéquipiers qui se retrouvent plus près de leur maison que moi», a mentionné Price, un brin plus loquace que ces derniers jours.